Le souci de soi est un signe de liberté, selon Michel Foucault

2 juin 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Michel Foucault est l’un des penseurs les plus influents du XXème siècle. Son immense héritage inclut des études critiques sur la médecine, la psychiatrie, les institutions sociales, les sciences humaines et des traités sur la sexualité. Cet article essaie de retracer les concepts basiques que cet auteur a développés concernant le souci de soi comme un signe de liberté. 

Une partie des écrits de Michel Foucault sont caractérisés par ses profondes analyses sur les relations de pouvoir, de discours et de connaissance, qui ont donné lieu à de longs débats enflammés. Sa position critique et authentique face à la modernité fait qu’il est devenu l’un des auteurs les plus lus. Ainsi qu’un référent clé dans les sujets en lien avec les sciences humaines.

« L’être humain passe la première moitié de sa vie à ruiner sa santé et la deuxième moitié à essayer de la rétablir. »

-Joseph Leonard-

En termes généraux, Foucault se réfère au souci de soi comme un signe de liberté. Il signale l’importance du corps-esprit comme une unité transcendante et singulière. Nous existons pour générer de l’auto-conscience et de la responsabilité envers notre propre vie. Pour cela, il est nécessaire de réaliser un processus d’apprentissage et de passer par un grand nombre de situations où cet apprentissage est mis en pratique.

Se préparer au souci de soi

Pour Foucault, l’âme est comparable au sujet. Et en tant que sujet, on ne peut pas méconnaître ou prétendre ignorer les défis que l’existence implique. Ainsi, il donne une importance toute particulière au fait de se préparer à la vie adulte. Cela implique, entre autres choses, d’avoir du discernement pour identifier les erreurs et les habitudes nocives qui accompagnent notre passage sur Terre.

Michel Foucault

Ce souci en soi est quelque chose que seul le propre sujet peut s’apporter. C’est une manière de s’appartenir soi-même, d’être « soi ». Pour Foucault, cela n’est possible qu’en fonction de la relation que nous établissons avec la vérité et le savoir. Si cette relation est adaptée, la capacité à dire ce que nous rejetons et ce que nous acceptons apparaîtra. Ce que nous gardons de nous-même et ce que nous changeons.

De plus, il affirme l’importance d’une relation d’épanouissement avec les autres et celleux qui nous entourent. Cette rétro-alimentation implique un apprentissage en tant qu’être social. De manière complémentaire, il nous invite à écouter, à valoriser l’expérience des autres comme une source de connaissances qui enrichit notre être. Se déplacer dans le monde des autres est un référent ou une expérience indirecte également précieuse.

S’occuper de soi-même n’implique pas une attitude égocentrique, mais tout le contraire. Cela signifie avoir pleinement conscience de tout notre potentiel et nos limites. De plus, il faut ressentir de l’intérêt pour l’autre et cela n’est possible que s’il y a de l’intérêt pour soi-même. Avec ce modèle de pensée, il s’agit d’apprendre à prendre soin et à empoigner la réalité.

La connaissance et l’action vont de pair

Pour donner un exemple, le médecin obtient un apprentissage théorique et pratique pour exercer son métier dans le bien-être et le soin des autres. Il traverse différentes étapes et comprend que le sujet est une unité composée de corps et d’esprit. C’est-à-dire que quand une personne intègre le soin et le souci de soi à sa vie, elle l’intègre dans les deux sens du terme (corps et esprit).

Pour Foucault, il existe un lien inséparable entre connaissance et action. Lorsqu’on expérimente le souci de soi, l’auto-réflexion est stimulée. Et à son tour, elle conduit à la conscience des émotions et à l’assimilation d’expériences qui s’intègrent à la connaissance. D’autre part cette perception de nous-même en tant que sujet active notre sensibilité et nous permet de l’incorporer à nos actions.

Toute philosophie du soin exige une recherche sur le souci de soi et des autres, qui culmine avec l’acquisition de la sagesse. Dans cette sagesse, le choix des valeurs qui permettent de mieux vivre est particulièrement important. Et ce sont les résultats de ce que nous choisissons d’être et de ce que nous avons appris.

Un pilier pour les relations sociales

Le concept du souci de soi est un signe de liberté, car il part de la conscience et d’un ensemble de décisions que nous avons prises pendant notre vie. De plus, c’est un pilier pour les relations sociales et individuelles, et dans la pratique d’un savoir acquis. Ce processus a lieu dans le champ de la communication personnelle et collective.

Le souci de soi inclut beaucoup de sphères qui sont liées au bien-être comme par exemple, les besoins, les émotions, la santé, les comportements, les valeurs etc. Nous parlons ici de tout ce qui permet d’améliorer notre qualité de vie et qui ne nuit pas aux autres. C’est pour cela qu’il est fondamental que corps et esprit forment une unité.

Le souci de soi doit être un comportement naturel et essentiel de tout être humain, car c’est déterminant pour habiter ce monde. Le souci de soi est une attitude qui répond à tous nos besoins qu’ils soient d’ordre intellectuel, physique, spirituel, émotionnel etc. Il ne faut donc pas négliger cet aspect : il est indispensable d’apprendre à prendre soin de soi. C’est la base du soin que nous offrons aux autres.

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