Pourquoi les mauvais garçons nous plaisent-ils autant ?

· 13 décembre 2015
“Et elle tomba amoureuse exactement de la même façon qu’une femme intelligente tombe amoureuse : comme une ‘idiote’ ; même si lui n’avait même pas été capable de comprendre tous les poèmes qu’elle lui avait lus pour lui prouver son amour…”
– Angeles Mastretta –

Nous savons bien qu’ils ne sont pas bons pour nous, qu’ils vont nous faire souffrir, mais une sorte d’instinct masochiste nous attire à chaque fois que nous voyons un mauvais garçon qui nous parait.

La chimie n’est pas la même avec eux, il y a du risque, de l’intensité, du danger, de l’émotion. C’est un cocktail complètement enivrant.

Et lorsque notre bad boy disparaît, que bien évidemment nous avons essayé de le faire changer, nous pleurons et pleurons pendant des jours entiers en nous lamentant sur notre sort.

Qu’est ce qui nous attire chez les mauvais garçons ?

Les mauvais garçons représentent tout ce qu’on aime, qui nous parait intéressant, risqué, dangereux et différent. Nous savons bien qu’ils disparaitront du jour au lendemain sans laisser de traces, qu’ils partiront avec une autre, mais ils nous plaisent quand même.

Mais alors, qu’est-ce qui nous attire autant ?

L’interdit

Nous ressentons tous une grande satisfaction lorsque nous transgressons les normes, et le fait de sortir avec un bad boy avec lequel vos parents vous ont interdit de sortir, ou le fait d’être avec lui alors que vous ne devriez pas, est un authentique plaisir.

C’est ce que les experts appellent la « peur consciente », qui n’est pas douloureuse, mais gratifiante. Le psychanalyste hongrois Michael Balint soutient que la distraction du « côté obscure » est possible car nous sommes nous-mêmes responsables de cette attraction et que nous pouvons la contrôler.

Cependant, nous ne ressentons pas tous ce même désir pour l’interdit, car plusieurs facteurs culturels, environnementaux et génétiques entre en jeux.

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Le désir d’être l’élue

Lorsqu’un mauvais garçon vous remarque et vous porte de l’attention, vous avez envie d’être celle qu’il choisie, même si ce n’est que pour un cours instant, voire pour quelques heures.

Même si vous êtes bien consciente que ce ne sera que furtif, vous en avez envie car cela vous fait vous sentir bien. Pendant quelques instants, vous serez la seule et l’unique.

L’idée qu’avec vous, il changera

Dans la phase d’aveuglement initial face à un mauvais garçon, nous nous voilons la face en pensant que nous parviendrons à le changer, que nous arriverons à le faire devenir meilleur, qu’il nous admirera et qu’il sera fou de nous.

Il s’agit d’une phase amoureuse dans laquelle nous ne percevons aucun défaut. Notre cerveau sécrète une telle quantité d’endorphines qu’il nous brouille complètement la raison.

C’est amusant, très amusant …

Même si nous attendons pendant des heures un coup de fil ou un message de sa part, même si l’on sait qu’il va disparaitre, et même si l’on est conscientes que cela ne durera pas, nous savons à quel point ce sera amusant et nous acceptons alors de rester jusqu’à la fin, quand il décidera de partir.

Cependant, toutes ces idées tirées des films romantiques ne décrivent qu’un amour incomplet.

Pour être entier, l’amour doit réunir plusieurs aspects, mais surtout trois éléments : le désir sexuel (eros), l’amitié du couple (philia), et l’amour désintéressé (agapé). Si ces trois éléments ne sont pas tous présents, il manque quelque chose à votre relation et celle-ci ne fonctionnera pas.

Études scientifiques sur la « Triade Noire »

Peter Jonason, de l’Université d’État du Nouveau Mexique, a réalisé une étude avec 200 étudiants, pour démontrer que les femmes préféraient les mauvais garçons, mais qu’elles finissaient par se marier avec les bons.

Jonason classe les hommes selon trois caractéristiques de la personnalité, que l’on appelle « la triade noire des traits psychologiques » :

Le narcissisme

Chez les mauvais garçons, le narcissisme est lié sur le court terme au sexe. Ils entrent alors en concurrence, pour ensuite repousser les filles.

La psychopathie

La psychopathie se caractérise en général par un grand manque de sensibilité et d’empathie. Ces personnes ont du succès dans les relations courtes, car ils dégagent un faux charme, complètement superficiel.

L’exploitation et la manipulation de Machiavel

Le machiavélisme se caractérise par un manque de sincérité, une duplicité et de la manipulation, ce qui favorise la promiscuité.

L’étude de Jonason a révélé que les hommes qui présentaient les traits psychologiques les plus « sombres » avaient tendance à avoir plus de compagnes et de relations à court terme.

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Et les bons garçons dans tout ça ?

Sur le long terme, le choix des femmes change.

Le docteur en psychologie évolutive Gayle Brewer, de l’Université du Lancashire Central (Royaume-Uni), soutient que les femmes préfèrent les mauvais garçons pour des relations courtes, mais que sur le long terme elles favorisent les « bons » garçons, attentionnés et qui transmettent des valeurs de sécurité, d’empathie et de camaraderie.

L’estime de soi

“Dans les amours impossibles, l’espoir est la première chose que l’on perd.”
– Walter Riso –

Walter Riso, psychologue argentin, affirme dans son livre « Manuel pour ne pas mourir d’amour » :

“On vous a appris que l’espoir est la dernière chose que vous devriez laisser partir, et c’est sûrement vrai dans certains cas. Cependant, dans les cas d’amour impossible ou de désamour avoué et démontré, le désespoir est un baume. S’il ne vous aime plus, n’espérez plus, arrêtez d’anticiper positivement : un pessimiste intelligent vaut mieux qu’un optimiste mal informé.”

Ainsi, lorsque ce mauvais garçon disparait, il ne s’intéresse plus à vous, et peut-être qu’il en a même trouvé une autre. Il est alors essentiel de perdre espoir le plus vite possible, pour ne pas vous faire d’illusion et retrouver un peu d’estime de vous-même. Mais comment faire ?

Riso nous propose plusieurs techniques pour regagner confiance en vous dans un cas de rupture ou de relation chaotique :

  • Éliminez de votre vocabulaire des phrases telles que « Je n’en suis pas capable » et « Je ne peux pas ».
  • Ne soyez pas pessimiste. Si vous êtes envahie de trop de pensées négatives sur votre futur, arrêtez-vous quelques temps et faites le point : ces pensées sont-elles vraiment réalistes ?
  • Ne soyez pas fataliste. C’est vous qui construisez votre destin.
  • Ne vous rappelez pas que des côtés négatifs. Plusieurs fois dans la journée, activez votre mémoire positive, pensez à toutes ces belles choses qui vous sont arrivées dans la vie.
  • Revoyez vos objectifs et vous verrez que vous pourrez continuer d’aller de l’avant : vous êtes forte.
  • Mettez-vous à l’épreuve et prenez des risques. Définissez un objectif réaliste et faîtes tout pour y arriver.
“Je suis tombé amoureux de la vie, car c’est la seule qui ne me laissera pas avant que je ne l’ai fait.”
– Pablo Neruda –