La masturbation est un médicament efficace sans effets secondaires

10 avril 2017 dans Emotions 996 Partagés

La sexualité a été un sujet tabou pendant de nombreux siècles et malheureusement, il subsiste encore des braises de ce bûcher. Alors, même si l’on pense que l’on a amassé suffisamment de connaissances pour répliquer à ces mensonges censeurs, il y a toujours des résistances à abaisser certaines barrières que nous savons pourtant inutiles. Il faut en finir avec les mensonges qui ont survécu année après année, et qui ont figé l’éthique d’une société car aussi erronés soient-ils, ce n’est pas simple.

Le sujet de la masturbation manque de connaissances publiques, car c’est quelque chose que l’on fait sans témoin. On continue à considérer qu’il s’agit de quelque chose de complètement intime et qu’il n’est pas bon d’en parler. Beaucoup de gens continuent aussi à penser que c’est une pratique interdite, principalement car elle est destinée à l’exploration du plaisir individuel et non pas directement à la satisfaction en couple.

Il y a des courants de pensées qui proclament, encore aujourd’hui, que la masturbation serait mauvaise pour la santé. Ce sont des affirmations inexactes, pour ne pas dire franchement mensongères, qui disent que la masturbation mène à la folie, et qui signalent que c’est une pratique pour les personnes égoïstes et solitaires.

Selon le rapport Hite et d’autres études ultérieures, autour de 82% des hommes et 66.6% des femmes se masturbent de manière intentionnelle. Et on dit “intentionnellement” car certaines personnes se caressent sans s’en rendre compte ou vivent des fantasmes sexuels pendant le sommeil, arrivant même à l’orgasme. Quoi qu’il en soit, face à la désinformation et aux mythes, il faut opposer la connaissance. Voici les affirmations sur la masturbation qui sont aujourd’hui obsolètes.

La masturbation est uniquement pour les adolescent-e-s

C’est faux. Les premières explorations auto-érotiques ont lieu pendant l’enfance, à un âge très précoce. Dans le processus de reconnaissance du propre corps, l’enfant explore ses parties génitales, se stimule et s’excite. Bien sûr, ce type de pratiques n’est pas conscient car l’enfant manque de conscience sexuelle.

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De même, un bon nombre de jeunes adultes et d’adultes plus âgés pratiquent la masturbation régulièrement. Selon l’étude “Sex behavior”, publiée par McCary en 1983, 59% d’hommes et de femmes de plus 60 ans admettent qu’iels se masturbent assez régulièrement.

La masturbation est pour les personnes seules ou célibataires

Ce mythe est aussi très répandu. De ce point de vue, la masturbation serait uniquement un substitut de la relation sexuelle en couple. Ce n’est pas vrai. L’auto-érotisme suit une logique différente, et constitue une pratique individuelle qui a un bien plus grand lien avec la connaissance de soi qu’avec le manque de relations intimes.

De fait, une grande partie des personnes mariées se masturbent. Et la masturbation a un usage thérapeutique en cas de dysfonctionnement sexuel. On l’utilise comme un dispositif pour dépasser les blocages qui empêchent de rencontrer le plaisir dans le couple.

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La masturbation ne mène pas à de réels orgasmes

Cette affirmation est également fausse. Même si nous n’avons pas beaucoup d’information à son sujet, le rapport Hite, véritable pionnier de ces sujets, a révélé que la masturbation est la pratique sexuelle la plus agréable pour les femmes. Selon les données de cette recherche, les femmes atteignent l’orgasme pendant la masturbation dans 95% des cas et mettent bien moins de temps à l’atteindre.

Dans le livres, “The sex researchers”, de Brecher, on affirme que les hommes entre 35 et 60 ans se masturbent 70 fois par an en moyenne. Bien que la plupart préfèrent la relation sexuelle en couple, ils déclarent aussi qu’ils considèrent la masturbation comme un complément indispensable et qui leur donne des orgasmes aussi intenses.

Se masturber fréquemment provoque des problèmes mentaux

Faux. Dans le monde des humains, mieux veut ne jamais affirmer des règles fixes. “Beaucoup” ou “peu” sont des termes relatifs, qui dépendent des caractéristiques et des circonstances de chaque personne. Une personne qui se masturbe chaque jour n’est pas pervertie, n’est pas malade et n’est pas non plus au bord de la folie. C’est la même chose avec une personne qui se masturberait de temps en temps, ou même jamais.

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Comme d’habitude, s’il s’agit d’un comportement qui altère le développement normal des activités ou trouble d’autres aspects de la vie, il peut en effet y avoir un problème. Mais tant qu’il est intégré au reste de nos obligations et de nos plaisirs, il n’y a pas de problèmes.

La masturbation génère des problèmes physiques

C’est vraiment tout le contraire qui arrive. Les personnes qui vivent librement leur sexualité sont plus saines physiquement et mentalement. Cependant, il y a des légendes qui affirment que se masturber mène à la chute des cheveux, à l’acné, à une altération de la fertilité ou même à la cécité.

Tout est faux. La masturbation est un acte normal et sain, qui ne provoque aucun dommage physique. Cette pratique invite à la reconnaissance de soi, renforce la musculature pelvienne et permet d’augmenter l’intensité de la libido. Face au stress, elle vous détend. Face à l’inhibition, elle aide à casser des barrières.

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