Le manque de flexibilité mentale et la culpabilité : les lames de votre santé mentale

28 janvier 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Si nous passons en revue les points récurrents dans les états émotionnels négatifs, nous verrons que le manque de flexibilité mentale et la culpabilité apparaissent de façon habituelle dans bon nombre d’entre eux. Nous pourrions même dire qu’ils font plus qu’apparaître : ils font partie des principaux agents qui permettent à ces états négatifs de se maintenir.

Le manque de flexibilité mentale parle de l’incapacité à changer d’opinion quand toutes les raisons indiquent de le faire. Il fait également allusion à l’incapacité de regarder une situation depuis différents points de vue. Ainsi, ces personnes vivent dans la réalité sur la base de prémisses très rigides et avec très peu de nuances.


Elles ont des patrons cognitifs si définis et rigides que vivre quelque chose qui rompe leurs attentes suppose une source d’anxiété.


L’origine de la culpabilité est très étudiée. On pourrait dire que dans des sociétés données de tradition judéo-chrétienne, la culpabilité s’est installée dans la façon de gérer les événements douloureux. En fait, si nous revenons à la genèse, nous nous trouvons face à une Ève coupable d’avoir mordu cette maudite pomme.

La culpabilité a un bon côté lorsqu’elle impose un exercice de réflexion et de réparation d’un mal. D’un autre côté, elle montre son visage négatif quand elle reste suspendue à notre cou comme un poids mort, nous empêchant d’avancer et servant de lieu empoisonné de référence. En outre, lorsqu’elle se présente de façon généralisée et pour tout, la culpabilité est un sentiment totalement destructeur : elle n’est pas utile, elle n’est pas saine et elle n’inspire rien du tout de créatif.

 La culpabilité et l’inflexibilité nous éloignent du confort mental

Ces deux facteurs causent une « rumination« , un concept psychologique qui fait référence à l’incapacité d’arrêter de penser à quelque chose. La rumination excessive est associée à des troubles psychotiques, au neuroticisme, à des troubles alimentaires et à de nombreux autres troubles.

Cette relation est logique : si nous sommes incapables de voir différents faits depuis différents points de vue, si toutes nos idées préconçues ne vont pas avec ce que nous vivons actuellement… nous allons penser à ce qui ne va pas chez nous. Et nous penserons beaucoup, mais nous ne solutionnerons rien. Ce sera simplement une punition mentale que nous nous infligerons nous-mêmes.

Si en plus de cela, en raison de cette inflexibilité, le milieu dans lequel nous vivons exige des réponses de notre part et que nous pensons être continuellement en train de nous tromper parce que ce ne sont pas les idées que nous avions à l’esprit, nous allons nous sentir coupables. Avec ces deux aspects opérant dans notre esprit, ce dernier va acquérir une activité « frénétique, angoissante et inutile ».

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Comment savoir si l’inflexibilité et la culpabilité m’empoisonnent la vie

Pour savoir à quel point ces lames sont aiguisées dans votre santé mentale, le mieux est de voir un exemple :

Imaginons une femme qui a reçu suffisamment d’informations pour avoir une prophétie bien présente dans la tête : dans le cas où elle serait mère, elle serait généreusement récompensée par son cercle social. En outre, son cerveau doit constamment gérer une information : la naissance de son enfant sera un moment heureux et irremplaçable, libre de toute contradiction et de moments de doute.

Son schéma mental en ce qui concerne la maternité sera rigide, inflexible et utopique : « La maternité est belle parce que c’est une chose instinctive et je saurai bien le faire parce que c’est beau, instinctif et ça me rendra heureuse à tout moment ». Dans son schéma, les doutes au sujet de cette idée sont inadmissibles et dangereux pour son bien-être.

Cette femme, au moment de faire l’expérience du grand changement que suppose le fait d’être enceinte, d’accoucher et de s’occuper de son enfant, peut se sentir contrariée. Elle a connu plein de problèmes physiques quand elle était enceinte, elle n’est pas aussi heureuse qu’elle l’espérait et l’accouchement et le post-accouchement n’ont pas été des expériences gratifiantes. Une sensation de vide existentiel très profond apparaît alors, qui fait directement face à ses attentes et à son schéma léger.

Ainsi, si son schéma ne laisse pas de place à des idées qui pourraient soulager la façon dont elle se sent, comme le fait que les changements hormonaux arrivent, que la fatigue épuise et qu’il est normal de se sentir un peu « bizarre », elle évaluera la situation d’une seule manière : je suis une mauvaise mère pour ne pas ressentir de joie et j’en suis coupable.

Cette personne ne pourra agir que de deux manières : en continuant à se punir pour ne pas ressentir ce qu’elle devrait, ou au contraire en détendant son système de croyances pour comprendre que la maternité est une expérience complexe qui ne l’empêche pas d’être merveilleuse. Qu’il faut garder ces sentiments de douleur et les gérer parce qu’ils font partie, aussi bien que la joie, du moment qu’elle est en train de vivre.

Pour pouvoir faire cela, elle ne devra pas combattre les sentiments qui selon elle ne doivent pas se trouver dans sa tête, mais le système de croyances et la culpabilité qui l’empêchent d’en faire l’expérience d’une façon saine et fluide.

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Comment combattre l’inflexibilité mentale et la culpabilité

Il y a plusieurs façons de combattre ces deux grands ennemis de votre bien-être, depuis différents champs et selon différentes formes, du plus théorique au plus pratique. En voici quelques-unes :

  • Il est temps de vous détendre. Cela ne signifie pas vous allonger dans votre lit sans rien faire pendant des heures. Avoir un esprit calme veut dire entraîner la conscience, découvrez le Mindfulness et quelques lectures comme celles de l’auteur Eckhar Tolle.
  • Pratiquez ce que vous avez appris : il n’est pas simple de pratiquer cette forme de relaxation alors facilitez-vous la tâche. Cherchez des situations faciles et agréables, comme aller vous promener, dessiner ou lire. Si vous commencez à le faire dans ces contextes, vous pourrez progressivement l’appliquer à d’autres, comme à votre bureau lorsque vous réalisez des commandes ou lorsque vous donnez un cours à 20 élèves.
  • Sollicitez l’aide d’un professionnel-le : il est important de travailler vos schémas rigides et erronés. Un psychologue d’orientation cognitive est un professionnel spécialisé pour vous aider à démonter tout ce qui vous fait souffrir inutilement, en plus de structurer et d’exploiter ces idées que vous avez et qui sont véritablement saines pour vous. Ce n’est pas un « lavage de cerveau », c’est une aide dont vous prendrez ce que vous jugez utile de prendre.
  • Revoyez vos croyances : nous ne pouvons pas revoir nos croyances sans avoir préalablement apaisé notre tension. Si vous vous sentez plus calme, vous devez revoir vos croyances, c’est-à-dire : revoir quelles sont les formes préconçues de penser et d’agir qui vous éloignent de l’harmonie avec vous-même.
  • Faites des changements progressifs : dire que vous allez cesser d’être aussi « carré-e », que vous allez vous laisser aller un peu plus et que vous allez vous ouvrir davantage à de nouvelles perspectives de la vie est une attitude très encourageante. Cependant, le mieux est que vous la dirigiez vers des faits concrets.
  • Les résultats de vos interactions seront toujours meilleurs que les fantasmes de votre esprit : si vous vous trompez, si vous vous sentez anxieux-se ou troublé-e, n’ayez pas peur. Il n’y a rien de mal à se poser des questions et à travailler au niveau mental, bien au contraire. Les murs qui sont solides resteront en place, les autres tomberont et vous aurez l’occasion d’en construire d’autres, plus solides et plus flexibles.

Osez faire face aux deux lames de votre santé mentale car celle-ci vous en sera reconnaissante. Si vous le faites, vous pourrez observer son reflet dans la façon dont vous vous lierez aux autres. N’est-ce pas une bonne nouvelle ?

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