La douleur émotionnelle, l’angoisse de notre cerveau

15 août 2016 dans Emotions 859 Partagés

Face à une déception, un amour brisé, une trahison, un mensonge ou la perte d’un être cher, nous ressentons de la douleur émotionnelle. Une douleur dévastatrice qui s’exprime en tonnes de poèmes et de chansons plein de souffrance. 

Ces intuitions poétiques ont été étudiées dans le champ de la neurophysiologie, qui a démontré que la douleur psychologique générée par un type de perte sociale ou émotionnelle se reflète dans nos circuits cérébraux.

Concrètement, il est possible de savoir cela grâce à la résonance magnétique fonctionnelle, une technique de « neuro-image » qui nous aide à voir quelles sont les zones qui sont stimulées quand notre cœur se brise et que nos émotions s’allument.

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Le cerveau de la douleur émotionnelle

Curieusement, il a été trouvé que les zones cérébrales qui s’activent quand nous souffrons d’une douleur physique s’allument également quand quelque chose se brise en nous et que nous sommes atteint de trouble et de douleur émotionnels intenses.

Ainsi, dans l’expérimentation de Eysenberg et de son équipe, une situation a été créée : les personnes qui participaient à l’étude se sentaient exclues, sous-estimées et angoissées. L’étude a montré des changements dans l’afflux sanguin de deux zones cérébrales clés :

  • Le cortex cingulaire antérieur est une zone impliquée dans la génération de l’expérience aversive à la douleur physique. On a trouvé que plus l’angoisse était grande, plus l’activité dans la zone était grande.
  • Le cortex pré-frontal était moins actif quand la douleur émotionnel était moindre.

Comme nous le voyons, le cortex cingulaire antérieur est la zone qui élabore ce type de sentiments d’angoisse, de peine et de peur du vide émotionnel, provoqués par la perte, la trahison ou le rejet.

De son côté, le cortex pré-frontal se charge de réguler nos émotions et de contrecarrer le sentiment douloureux d’être rejeté, contribuant ainsi à calmer la douleur générée par notre blessure émotionnelle.

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Autres données sur la géographie de nos émotions

Pour être plus spécifique encore et mieux connaître la route de nos émotions, il faut connaître quelques données supplémentaires. Concrètement, la circonvolution du cortex cingulaire a trois zones émotionnelles différentes :

  • La zone antérieure, qui est responsable de l’élaboration des sentiments et des émotions négatives (attention ! qu’elles soient négatives ne veut pas dire qu’elles sont mauvaises. Par exemple la tristesse est bonne à partir du moment où elle n’est pas pathologique).
  • La zone centrale, qui intègre nos émotions et nos pensées.
  • La zone postérieure, qui génère nos sentiments et nos émotions positives.

Par exemple, la zone cingulaire centrale s’active pendant l’excitation sexuelle chez les hommes et face à toute tâche ou activité stressantes et qui demandent une grande attention de notre part.

Sachant cela, nous pouvons comprendre que les neurotransmetteurs (substances qui régulent les fonctions cérébrales) souffrent d’un gros abattement lors des moments émotionnellement difficiles.

Il est intéressant de savoir qu’aussi bien les antidépresseurs que les autres drogues qui stimulent le moral agissent sur notre cerveau en régulant ou en réduisant l’activation de la zone cingulaire antérieure, dont nous avons dit qu’elle était impliquée dans l’activation des émotions et des sentiments négatifs.

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La conclusion de toutes ces informations est que la douleur physique et la douleur émotionnelle partagent le même chemin dans le cerveau.

C’est pour cela que nous ne devons pas sous-estimer les blessures émotionnelles et les guérir d’une manière ou d’une autre, et « en plein air ».

Que l’on ait le cœur brisé ou qu’un ami nous trahisse, cela nous fait extrêmement mal au niveau mental et physiologique.

La grande majorité d’entre nous sera consciente de la déchirure que l’on ressent quand notre première histoire d’amour se termine.

Nous sommes habitués à enterrer la douleur émotionnelle et ne pas faire cas de la souffrance à laquelle nous soumettent les blessures psychologiques.

Cependant, comme nous l’avons dit à plusieurs reprises, nous n’en faisons habituellement pas cas sauf si nous avons extrêmement mal à la tête ou si l’estomac nous lance.

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Agir sur notre bien-être mental et émotionnel, travailler pour comprendre ce qui nous arrive et soulager nos plaintes et nos angoisses est une manière d’éviter la souffrance.

Tout comme la douleur physique nous avertit d’une lésion, nous ne pouvons pas oublier que la douleur émotionnelle due à la séparation, au rejet ou à la déception, doit être écoutée, car elle nous aide à comprendre que quelque chose ne va pas bien et que nous devons prendre des mesures en conséquence.

Nous continuerons à être à l’affût de nouvelles études rigoureuses qui nous aident à comprendre encore mieux non seulement la présence de la douleur psychologique, mais également la manière de nous soulager et d’apprendre de l’angoisse qu’elle génère.

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