L’obésité de l’information : le reflet d’une société hyperconnectée

· 8 mai 2019
Les nouvelles technologies ont modifié notre façon d'aborder l'information, et cela suppose que nous sommes habituellement confrontés à un fardeau disproportionné par rapport à nos besoins.

Le monde d’aujourd’hui nous offre la possibilité d’être connectés à tout moment. Ainsi, nous recevons chaque jour une quantité énorme d’informations totalement disproportionnée par rapport à nos besoins réels. C’est quand cet excès se manifeste que l’on parle d’obésité informative.

Il est évidemment difficile de digérer toute l’information qui nous parvient, de sorte que nous pouvons devenir victimes de l’hyper-connectivité de la société actuelle.

Tout au long de cet article, nous examinerons ce qu’est l’obésité informative, nous vous présenterons comment traiter ce problème, ainsi que quatre étapes qui vous permettront de trouver un équilibre lorsqu’il s’agit d’explorer le monde numérique. Commençons par cette réflexion :

Qu’est-ce que l’obésité informative ?

Actuellement, en raison de la rapidité et de l’efficacité des nouvelles technologies, nous disposons de plusieurs sources d’information qui sont constamment à notre portée. C’est pourquoi la société actuelle mérite le nom de « société de l’information« .

Pour autant, cette information est d’une telle profondeur qu’elle inonde tous les recoins de notre vie, y compris notre dimension psychologique. Ce fait rend l’obésité informative intimement liée à notre bien-être mental.

définition de l'obésité de l'information

Lutte contre l’obésité informative : le régime numérique

Pour avoir un plus grand bien-être, il est important de faire face à la société de l’information... Comment ? A travers une utilisation critique et bénéfique des nouvelles technologies.

Pour ce faire, il est essentiel d’opter pour des habitudes saines. De cette façon, l’avalanche d’information à laquelle nous sommes exposés peut devenir plus gérable :

  • Repenser la relation que nous entretenons avec les nouvelles technologies. Il s’agit d’être plus conscient de notre lien avec le monde numérique : en sommes-nous dépendants ? Passons-nous le plus clair de notre temps sur notre smartphone ou notre ordinateur ?
  • Savoir canaliser le potentiel du monde numérique. Il s’agit d’être plus conscient de la façon dont nous traitons l’information que nous recevons.
  • Recourir en cas de besoin à la déconnexion numérique. Il y a des moments où nous pouvons nous sentir vraiment saturés en étant dans le monde numérique. Pour cela, nous pouvons faire une pause, surtout si nous voyons que la relation avec cet univers devient dépendante.
  • Utiliser la technologie elle-même pour résoudre la surcharge d’information. Par exemple, en appliquant des filtres aux informations qui nous parviennent. Pour ce faire, nous devons être conscients de ce que nous voulons vraiment recevoir.

Pour avoir un meilleur bien-être, il est bon pour nous de commencer une sorte de régime numérique. Nous pouvons débuter par installer un système de filtrage de l’information, de sorte que notre centre d’attention ne soit pas bombardé et que nous ayons une usure cognitive.

De fait, chaque fois que nous allumons notre ordinateur et notre smartphone, nous sommes enveloppés dans un écosystème de technologies de perturbation. C’est pourquoi Javier Serrano-Puche, dans son article pour l’International Journal of Communication, propose que l’attention se porte sur la prise de conscience de notre consommation de l’information.

Quelle information est importante et cohérente avec ce dont nous avons réellement besoin ? Quelle information voulons-nous dans notre vie ? Quel contenu a plus de poids pour nous et pourquoi ? Comment filtrons-nous le contenu qui nous parvient ? Quelles sources utilisons-nous pour nous informer ?

Toutes ces questions sont utiles pour transformer notre relation avec l’information et avec les médias qui nous la fournissent. De cette façon, nous pouvons nous orienter vers ce dont nous avons vraiment besoin, sans nous laisser de côté et en étant plus responsables.

4 étapes pour atteindre l’équilibre par rapport au monde numérique

Le régime numérique nous ramène au contrôle de notre vie. Ainsi, nous avons du temps pour nos proches et pour nous-mêmes, car nous laissons derrière nous la dépendance à l’égard du monde numérique. Afin de se détacher de ce monde ou d’en faire bon usage, Daniel Sieberg, un cadre de Google, propose de :

  • Penser. Cette étape consiste à analyser comment la technologie affecte notre santé physique, mentale et émotionnelle.
  • Se soutenir. Faire le point sur notre consommation dans le monde numérique, en s’appuyant sur les données rassemblées par nos appareils.
  • Se reconnecter. Il s’agit de rétablir les relations qui ont été affectées ou endommagées par la technologie.
  • Se renforcer. Apprenez à vivre avec la technologie d’une façon saine.

Ces quatre étapes s’inscrivent dans un plan de 28 jours. Cependant, cela va dépendre de chaque utilisateur, car en fonction de leur profession, de leur style de vie et de leurs loisirs, ils vont se concentrer sur certains services que la technologie offre.

obésité de l'information et nouvelles technologies

Ainsi, pour mettre de côté l’obésité informative, il est nécessaire de faire bon usage du monde numérique. Pour ce faire, il est important de nous désintoxiquer en évaluant à quel point nous en dépendons et en appliquant des stratégies qui nous permettent de nous affirmer en fonction du moment de notre vie et de nos caractéristiques personnelles.

Le problème ne réside pas dans la quantité d’information qui arrive, mais dans la façon dont nous l’assumons. Par conséquent, nous devons identifier ce dont nous avons besoin et la meilleure façon de nous le faire parvenir, par exemple, au moyen de filtres.

Il est essentiel que nous soyons très conscients de nos habitudes par rapport au monde numérique et de leur influence sur notre santé mentale, émotionnelle, physique et sociale.

 

  • Serrano-Puche, J. (2014). Por una dieta digital: hábitos mediáticos saludables contra la “obesidad informativa”. Ámbitos. Revista internacional de comunicación.
  • Sieberg, D. (2011). The digital diet. New York Harmony.