Les liens qui me serrent sont les mêmes qui m’empêchent de voler

16, juillet 2017 dans Emotions 3 Partagés

Si je me sens enfermé-e, je ne peux pas décoller, et je ne pourrai pas voler. Si je ne me sens pas libre, mes ailes ne s’ouvriront jamais. Sachant cela, pourquoi y-a-t-il encore des personnes qui restent attachées à des relations qui les usent de l’intérieur ? La clé se trouve sûrement dans le besoin d’être aimé-e, considéré-e ou valorisé-e.

La peur de la solitude ou de l’isolement se trouverait dans la base de la dépendance émotionnelle, qui contribue à créer des liens trop tendus et rigides. Les personnes qui souffrent de tout cela ne peuvent pas s’imaginer sans relation affective ou sans quelqu’un qui couvre leurs nécessités émotionnelles en permanence. Au moment où elles se sentent seules ou qu’elles terminent une relation, elles en cherchent une autre de manière quasiment immédiate, par peur de se sentir sans protection ou abandonnées.

Quand nous souhaitons voler, nous voulons nous sentir léger-ère, et nous voulons un nid auquel revenir chaque soir, que nous devons construire pour qu’il soit notre base de sécurité. Cependant, une fois que vous avez obtenu les outils, il faut essayer de décoller pour voir ce qu’il y a dehors, ce que l’on veut et surtout profiter du vol.

Si nous avons créé des liens nocifs ou pauvres, ce vol ne sera pas possible car il nous empêchera de monter plus haut et d’observer à partir d’un autre point de vue. Attaché au nid, il est pas possible de voir tout ce qui nous entoure.

Des décisions et non pas des besoins : c’est ce qui nous rend fort, entier et plein d’assurance.

Une bonne estime de soi comme pièce fondamentale du puzzle

Les caractéristiques qui définissent les personnes qui créent ces unions si rigides et saboteuses de liberté de choix sont les suivantes :

  • La difficulté à prendre des décisions par elles-mêmes
  • Le besoin constant d’affection et d’intérêt de la part de l’autre
  • La faible estime de soi
  • La recherche de l’approbation des autres
  • Les relations sentimentales continues

La pièce la plus importante et qui pourrait agir comme un déclencheur des autres facteurs peut être la faible estime de soi. Les personnes qui ont une faible estime d’elles-mêmes se sentent fragiles et sans défense. Elles ne se fient pas à leur propre avis et recherchent cette sécurité à l’extérieur.

Si nous parvenons à devenir fort-e et à construire une bonne base d’estime de soi, nous pourrons alors construire dessus et avoir une bonne relation sentimentale. Quand on se sent sûr-e de soi-même, on est capable de décider ce que l’on veut et à quel moment. Cela nous permet de tisser des ailes qui offrent la capacité de voler et de trouver sa place. 

Deux personnes fortes et indépendantes prennent la décision de débuter un chemin ensemble mais en tenant compte des avantages et des inconvénients du contrat. Ainsi, elles sont capables de discerner les choses et de prendre les bonnes décisions : la base sera construite sur de bonnes estimes personnelles et de bons jugements, et non pas sur des besoins ou des liens fragiles et anxiogènes.

Travail personnel pour tisser ses ailes

Travailler la dépendance à l’autre est un travail personnel, de recherche intérieure. Que peut-il me manquer et qu’ai-je besoin de chercher dans l’autre ? C’est la question clé. Avoir un espace pour soi dans la relation nous donne du temps pour nous demander si ce que l’autre nous apporte est ce que nous voulons ou s’il nous donne ce que nous croyons mériter.

Si nous faisons sans cet espace et que nous ne nous donnons pas la permission de penser et d’être seul/e, nous ne pourrons pas valoriser ce que nous avons ni réfléchir à ce que nous voulons. Et le plus important : nous ne trouverons jamais la liberté de décider si nous voulons voler ou rester là où nous sommes.

La dépendance émotionnelle rend difficile l’appréciation de soi-même car nous cherchons au dehors ce qu’il nous manque à l’intérieur et le travail et la recherche intérieure s’avèrent impossible. Arrêtez-vous et réfléchissez. Qu’est-ce qui me rend heureux-se ? Est-ce que je me sens valorisé-e ? Cette relation m’aide-t-elle à être meilleur-e que ce que je suis ? M’impulse-t-elle ou me retient-elle ?

C’est la question la plus importante du lien sain : on peut parfaitement vivre sans l’autre, mais on se rend compte qu’on est meilleur-e avec lui/elle. Des décisions et non pas des besoins : c’est ce qui nous rend fort-e, entier-ère et plein-e d’assurance. Efforçons-nous de travailler nos ailes, appelées « estime de soi ». Donnons-nous la liberté de voler et de choisir.

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