L'hypothèse de l'accouplement sélectif : choisissons-nous des personnes qui sont "à notre niveau"? (S)

Nous aimons les gens attirants. Néanmoins nous choisissons de nous accoupler avec ceux qui nous ressemblent. Pourquoi cela arrive-t-il? Découvrez l'hypothèse de l'accouplement sélectif.
L'hypothèse de l'accouplement sélectif : choisissons-nous des personnes qui sont "à notre niveau"? (S)
Elena Sanz

Rédigé et vérifié par Psychologue Elena Sanz.

Dernière mise à jour : 02 janvier, 2023

Qui nous attire et pourquoi ? Sur quoi se base-t-on pour choisir un conjoint? Y a-t-il vraiment des personnes hors de portée ? Toutes ces questions suscitent un intérêt particulier. Et c’est vrai que nous aimons tous un physique hégémonique et cela suscite en nous des réactions et des émotions positives. Cependant, la réalité est que des personnes de toutes formes, tailles, origines et caractéristiques s’accouplent et sont pleinement satisfaites de leurs relations. Ceci pourrait résulter de la célèbre hypothèse d’accouplement sélectif de Walster.

Ce psychologue social, l’un des pionniers de la science des relations, proposa que les gens préfèrent et tendent à nouer des relations avec des partenaires qui leur ressemblent en termes de niveau d’attractivité. Mais est-ce réellement vrai? Quelles implications cela a-t-il ? Continuez à lire pour le découvrir!

accouplement sélectif
Dans les échanges courts, l’aspect qui prime le plus est l’attractivité.

L’importance de l’apparence physique

Notre apparence détermine la façon dont les autres nous voient et la façon dont ils s’adressent à nous. Dans la vie quotidienne, il est facile d’observer le privilège qu’ont les personnes qui se conforment aux canons de la beauté quant à l’opinion qu’elles génèrent chez les autres. Et cela a également été confirmé par la science à de nombreuses reprises.

Les gens tendent à porter des jugements plus positifs sur les personnes attirantes. Par ailleurs, nous attribuons des qualités supplémentaires (telles que la gentillesse, la sympathie ou la bonne intention) même sans les connaître. Par exemple, une expérience révéla  que les participants jugeaient les bouffonneries des garçons moins attirants beaucoup sévèrement et étaient plus sympathiques et optimistes à l’égard des plus attirants.

De même, dans une autre expérience au cours de laquelle des personnes devaient juger un crime présumé de vol qualifié, ils recommandèrent des peines beaucoup plus légères lorsque le criminel était attirant, par rapport à lorsqu’il ne l’était pas ou que son apparence était inconnue.

Tout ce qui précède nous aide à nous faire une idée de la pertinence de notre image. Et, par conséquent, il ne serait pas surprenant que tout le monde choisisse et préfère les sujets les plus attrayants lorsqu’il s’agit de former un couple. Cependant, cela ne se produit pas toujours.

L’hypothèse de l’accouplement sélectif

En fait, selon Walster, c’est la similitude ou le fait d’être au même niveau en termes d’attractivité physique qui nous fait opter pour une personne et la préférer comme conjoint. C’est l’hypothèse qu’il tenta de tester dans une étude de 1966.

Plus de 700 jeunes y participèrent et furent “accouplé” au hasard pour assister à un bal. Tous évaluèrent ou qualifièrent à quel point ils avaient aimé leur partenaire. Après six mois, un suivi fut effectué pour voir lesquels d’entre eux continuait à sortir ensemble.

Les résultats étaient quelque peu surprenants et ne confirmaient pas l’hypothèse de l’accouplement sélectif  de Walster. Les personnes les plus attirantes obtinrent les scores les plus élevés, qu’elles ressemblent ou non à leur partenaire, et quels que soient les autres traits de personnalité. Cependant, après six mois, c’étaient les couples les plus similaires qui étaient les plus susceptibles de continuer à sortir ensemble. Ce qui appuierait l’hypothèse de l’accouplement sélectif.

Il semble que la clé réside dans le temps dont les gens disposent pour apprendre à se connaître. Et c’est que, dans les interactions courtes, comme un bal, l’attractivité prévaut avant tout. Cependant, face à des échanges plus longs, la similitude prévaut.

Ils répétèrent l’étude en 1969, mais cette fois ils permirent aux participants de se rencontrer au préalable et aussi de réfléchir au type de partenaire qu’ils aimeraient avoir. Dans ce cas, les couples qui se ressemblaient le plus (en termes d’apparence physique) étaient plus attirés l’un par l’autre.

accouplement sélectif
Dans les échanges longs, l’aspect qui prévaut le plus est la similitude.

A-t-on peur du rejet ?

Enfin, l’hypothèse de l’accouplement sélectif a été testée à plusieurs reprises, montrant qu’en fait, les gens tendent à choisir ceux qui sont “à notre niveau” comme partenaires. Mais pourquoi le fait-on ?

La réponse pourrait se trouver dans la peur du rejet. En effet, nous adaptons nos attentes à ce que nous pensons avoir à offrir. Essayer de se rapprocher ou de rencontrer des personnes beaucoup plus désirables socialement nous met dans une position vulnérable que nous ne semblons pas disposés à assumer. C’est ce que montra une étude réalisée par Huston en 1973 : lorsque la probabilité de rejet était nulle, les participants choisissaient des personnes plus attirantes qu’eux comme partenaire.

Il n’est pas encore clair s’il s’agit vraiment de la cause. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires à ce sujet. Ce que l’on peut dire, c’est que la peur et la faible estime de soi nous limitent souvent lorsqu’il s’agit de démontrer notre plein potentiel et que, si nous pouvions les surmonter, peut-être que de nouvelles possibilités passionnantes s’ouvriraient à nous.

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  • Dion, K. K. (1972). Physical attractiveness and evaluation of children’s transgressions. Journal of Personality and Social Psychology, 24(2), 207–213.
  • Huston, T. L. (1973). Ambiguity of acceptance, social desirability, and dating choice. Journal of Experimental Social Psychology9(1), 32-42.
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  • Walster, E., Aronson, V., Abrahams, D., & Rottman, L. (1966). Importance of physical attractiveness in dating behavior. Journal of Personality and Social Psychology, 4(5), 508–516. https://doi.org/10.1037/h0021188

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