L’esprit peut-il contrôler la douleur physique ?

· 24 août 2016

La douleur est un indicateur individuel et subjectif qui indique que quelque chose fonctionne mal à l’intérieur de notre organisme.

Elle peut avoir un impact énorme sur notre bien-être et sur notre capacité à faire face au processus de rétablissement et à la vie quotidienne. Les processus de l’esprit sont chargés d’identifier et de transformer la douleur physique, d’où l’importance de savoir comment notre cerveau la perçoit et l’analyse.

Dans le cerveau, il y a des endroits très bien définis qui sont responsables de nos perceptions de la douleur. Beaucoup de douleurs sont enracinées dans les processus du cerveau qui peuvent être affectés par l’attitude mentale et les émotions.

Les stratégies de l’esprit qui peuvent avoir un effet bénéfique sur les dommages physiques sont : les exercices de relaxation et de respiration, les thérapies comme la musique et le biofeedback.

Caractéristiques affectives de la douleur

Des études de McCracken, de 2004, indiquent que les personnes qui ont une plus grande acceptation de la douleur s’y réfèrent moins, et présentent moins de symptômes d’anxiété et de dépression.

Le plus important de cette étude, c’est que le niveau d’acceptation de la douleur n’est pas fonction de l’intensité de celle-ci. C’est-à-dire que les personnes ne l’acceptent pas plus sous prétexte qu’elle est moins intense.

L’acceptation implique d’avoir un contact avec les expériences désagréables ou douloureuses sans que cela n’ait un impact significatif sur la conduite.

Cela veut surtout dire qu’il n’y a pas de comportements d’évitement incapacitants ou que la personne ne se sent pas limitée lorsqu’il s’agit de fixer ses objectifs.

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La société encourage parfois un certain style de vie inadaptée à travers des devises, des dictons, des phrases toutes faites, qui par leur simplicité, deviennent des vérités contagieuses. Un exemple : « évitez la souffrance et vous serez heureux ». Mais, attention !

La souffrance fait partie intégrante de nous-même. Il faut l’accepter comme une chose normale : il est normal de souffrir dans certains contextes.

Cela ne veut pas dire que le catastrophisme nous aveugle, car il est associé à une évolution négative de la douleur. Le catastrophisme est un ensemble de processus cognitifs et émotionnels qui prédisposent la douleur à devenir quelque chose de chronique.

Que ce soit le catastrophisme ou l’acceptation, on les considère tous les deux comme des éléments déterminants pour pronostiquer l’évolution de la douleur, étant donné que ce sont deux médiateurs importants dans la transformation de celle-ci. La lutte des deux est clé pour le contrôle que l’esprit peut exercer sur la douleur physique.

“Quand vous tombez malade, au lieu de détester ce mal, considérez-le comme votre maître”

-Alejandro Jodorowsky-

Douleur et esprit

L’esprit, selon la chercheuse de l’Université de Californie, Patricia Churchland, est ce que produit le cerveau et qui a une énorme influence sur la santé.

L’esprit, les idées et les émotions affectent notre santé physique car il y a toujours un aspect psychologique dans toute maladie. 

Le docteur Sarno, professeur de médecine de rééducation de l’École de Médecine de l’Université de New York, affirme que le cerveau génère des douleurs qui n’ont pas de cause biologique, pour que nous prêtions plus attention à notre corps et que de cette manière, nous concentrions notre attention sur les « tensions émotionnelles réprimées ».

Quand on reconnaît les tensions émotionnelles que nous réprimons, les symptômes de la douleur physique diminuent.

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Une étude de l’Université de Stanford suggère que l’entraînement cérébral peut réduire la douleur sans recourir aux médicaments.

Même si elle ne fonctionne pas chez tous les individus, la technique pourrait déboucher sur de nouveaux traitements médicaux.

Elle ne fonctionne que lorsque les personnes peuvent contempler en direct, à l’aide d’images de résonance magnétique, leur zone du cerveau en lien avec la douleur.

L’étude démontre que dans certaines circonstances, il est possible de « dominer » notre activité cérébrale et de contrôler l’intensité des douleurs que nous ressentons sans devoir utiliser de médicament.

La technique ouvre de nouvelles voies à des traitements médicaux inédits, même s’il faut savoir qu’elle ne fonctionne pas de la même façon chez tous les individus.

L’association entre une bonne prédisposition à l’acceptation de la douleur et un entraînement mental adapté sont des facteurs clés pour que l’impact de la douleur sur nos vies se réduise. Peut-être que nous ne pouvons pas la faire disparaître, mais en utilisant notre esprit, nous pouvons gagner beaucoup de terrain.

La douleur se trouve dans votre esprit.