Les huit âges de l’homme, selon Erik Erikson

12 juillet 2016 dans Psychologie 62 Partagés

Erik Erikson était un psychanalyste Américain qui a élaboré une théorie sur le développement de la personnalité, très largement reconnue et diffusée.

Même si au début, il est parti des concepts de Freud, il s’en est éloigné et a considéré que l’influence culturelle avait beaucoup plus d’importance que ce qu’avait affirmé le père de la Psychanalyse.

Nous traversons tous des situations de crise pendant notre vie et nous sommes habitués à les voir comme quelque chose de négatif.

Cependant, pour Erick Erikson, les crises sont des processus qui conduisent à l’évolution et au changement.

Ce sont des circonstances qui nous permettent de transmettre, de grandir et de prendre conscience de nous-même.

Erik Erikson affirme que le transit par cette expérience qu’est la vie, se compose de huit âges ou cycle et que chacun d’entre eux est marqué par un conflit spécifique.

“A 20 ans tout le monde a le visage que Dieu leur a donné, à 40 face que la vie leur a donné, et à 60 le visage qu’ils méritent.”
-Albert Schweitzer-

Cela montre que les êtres humains évoluent et acquièrent de  nouvelles connaissances et expériences en permanence tout au long de leur existence.

Si cela ne se passe pas ainsi, des blocages se produisent lors des étapes de développement.

Certaines personnes refusent de mûrir alors que d’autres sont destinées à grandir précocement. Tout cela dépendra, en grande mesure, du contexte dans lequel on grandit.

Les âges de l’humain de la perspective d’Erikson

Les huit étapes du développement humain selon Erik Erikson, sont les suivantes :

1. Confiance versus Méfiance fondamentale. De 0 à 1 an.

Le nouveau-né établit une relation de dépendance, surtout avec sa mère. Chez elle, il trouve la pleine satisfaction de ses besoins.

Ces dits soins garantissent petit à petit l’apprentissage et le développement de sa confiance, si les requis basiques sont satisfaits.

Erik-Erikson

Erik Erikson

Au fur et à mesure que ses sens évoluent, le bébé reconnaît son entourage familial.

Il s’aventurera et sa première grande réussite sera de ne pas ressentir d’angoisse au moment de l’absence de la mère, de dépasser la peur d’être abandonné par elle. Sinon, il sera un être sceptique et méfiant.

2. Autonomie versus Honte et Doute. De 1 à 3 ans

Pendant cette étape, l’enfant acquiert l’autonomie pour se déplacer d’un endroit à un autre. Taper ou pleurer sont son langage pour obtenir ce qu’il veut.

Si l’environnement de l’enfant ne répond pas complètement à ses besoins, le doute s’immiscera en lui ainsi que la peur de prendre des initiatives.

La honte dans l’enfance s’exprime dans le besoin de ne pas être vu, de cacher son visage, quelque chose qui a pour conséquence les crises de colères et les pleurs ou d’autres manifestations de débordement émotionnel.

Le contrôle extérieur doit être ferme et tranquillisant pour que l’autonomie apparaisse.

3. Initiative versus Culpabilité. De 3 à 6 ans

S’il y a bien quelque chose qui distingue un enfant à ce moment, c’est l’initiative. Surtout pendant les jeux, il découvre les rôles les plus significatifs pour lui et il les représente.

L’enfant a besoin d’identifier et de projeter son rôle dans le monde. L’initiative à cet âge consiste en la planification de ce rôle social qu’il joue.

La rivalité et la jalousie peuvent aussi apparaître à cette étape. L’enfant veut être traité comme quelqu’un d’unique et rejette tout déférence de la mère envers d’autres personnes.

S’il ne reçoit pas un traitement relativement privilégié, il développe de la culpabilité et de l’anxiété. 

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4. Travail versus infériorité. De 6 ans à l’adolescence

Pendant ce laps de temps, l’enfant a une vie scolaire. Indépendamment du fait qu’il se sente à l’aise ou insatisfait, l’enfant commence à obtenir de la reconnaissance pour ce qu’il fait dans ce nouvel environnement.

Il est disposé à acquérir de nouvelles connaissances et compétences et à devenir productif.

Dans cette étape, le risque intervient lorsqu’il n’y a pas suffisamment de reconnaissance : apparaît alors une sensation d’inadéquation qui peut conduire à un sentiment d’infériorité.

5. Identité versus confusion de rôle. Pendant l’adolescence

Cette période est caractérisée par le fait de mettre en doute tout ce en quoi nous avions confiance, c’est-à-dire les connaissances, les compétences et les expériences acquises.

Tout cela est dû à des changements biologiques dont souffre le corps et à la crise de personnalité que cela génère.

Les adolescents sont préoccupés par l’image que les autres ont d’eux et luttent constamment entre ce qu’ils ont été jusqu’à maintenant et ce qu’ils vont être dans un futur proche.

Ils présentent de la confusion dans leur identité, ils sont idéalistes et hautement influençables.

S’ils traversent cette étape correctement, ils réussiront à se construire une identité solide. Sinon, ils essaieront toujours de vouloir devenir ce qu’ils ne sont pas.

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6. Intimité versus isolement

C’est le moment où le jeune adulte est en capacité d’établir des compromis professionnels, sentimentaux, politiques, et professionnels, en sacrifiant des choses.

Si, par crainte, ce jeune adulte ne réussit à pas établir ce type de liens avec le monde, le danger sous-jacent sera l’isolement.

C’est l’étape des décisions et des défis pour acquérir une stabilité. C’est également la période où les conceptions du travail, de l’amitié, de la famille etc. se consolident.

Lors de cette étape, on passe définitivement à l’âge adulte.

7. Générativité versus stagnation

Erikson se réfère à la générativité comme le désir à l’âge mûr de fonder et de guider les nouvelles générations.

Quand cela n’arrive pas, commence alors un processus de stagnation personnelle qui est lié à la sensation de ne pas transmette, et de n’avoir aucun type d’incidence sur l’avenir.

C’est lorsque les personnes ont été confrontées aussi bien aux triomphes qu’aux défaites, qu’elles ont pu créer ou générer des idées et qu’elles leur ont consacré du temps que l’on peut dire qu’elles ont mûri graduellement.

8. Intégrité versus désespoir

L’ultime âge de la vie peut être une étape sereine ou pleine d’inquiétude.

Une personne âgée devrait être en capacité de formuler une évaluation sage de son époque, où priment la reconnaissance de la réalité et la compréhension du monde.

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Il existe une forme d’intégrité si à cet âge, on peut associer la réflexion et l’expérience.

Dans le cas où des conflits ou des étapes de vie n’ont pas été résolus, il apparaît souvent une peur profonde de la maladie, de la souffrance et de la mort.

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