Les effets secondaires de la punition chez les enfants

19 juin 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 44 Partagés
la punition chez les enfants

Lorsque nous empêchons notre enfant d’aller au concert de son chanteur préféré ou que nous lui interdisons d’utiliser son ordinateur pendant une paire de jours en raison de son comportement, nous tentons de pénaliser une mauvaise conduite. En fait, la punition chez les enfants tente de supprimer une série d’actions non désirés. Il existe deux avantages principaux à la punition. D’une part, elle a un effet très rapide et d’autre part, elle élimine les comportements inadéquats et réorganise les comportements souhaités.

Cependant, la punition des enfants produit une série d’effets secondaires postérieurs qui ne sont souvent pas identifiés par les adultes. Cette série de réactions, principalement de nature émotionnelle et comportementale, nous fait penser que la punition n’est peut-être pas le meilleur moyen de faire disparaître ou de diminuer la fréquence des mauvais comportements.

Punition positive

Cette technique de contrôle est employée pour supprimer certaines conduites non désirées. Concrètement, nous allons nous concentrer sur ce qui est connu sous le nom de punition positive. Lorsque nous fournissons une stimulation aversive comprise comme telle, elle a des conséquences désagréables sur celui qui la reçoit.

Un exemple de ce type de conditionnement pourrait être celui d’un enfant qui se ronge constamment les ongles et s’applique alors un produit très amer pour cesser de le faire. Ainsi, chaque fois qu’il porte les doigts à la bouche, il aura une sensation désagréable. S’il le répète souvent, il finira par abandonner l’habitude pour ne plus souffrir de cette amertume.

punition positive

Efficacité de la punition chez les enfants

Pour que la correction soit la plus efficace possible, il faut avoir à l’esprit une série de variables :

  • Intensité : la relation entre une punition intense et son efficacité est directe.
  • Durée : lorsque la durée est étendue, l’efficacité paraît plus garantie.
  • Contiguïté : le fait de ne pas punir immédiatement après l’acte ou le comportement à éliminer diminue l’efficacité de la punition. Il ne faut pas attendre longtemps pour appliquer la stimulation aversive.
  • Contingence : lorsqu’on retire la punition avant la disparition du mauvais comportement. Si l’enfant cesse d’être puni alors que son mauvais comportement n’a pas totalement disparu, une récupération à court terme et rapide de ce comportement s’effectuera. Lorsque les enfants testent leurs parents en demandant « Tu me lèves la punition ? », il faut savoir dire non.
  • Expérience stimulante : si la punition est nouvelle pour l’enfant, elle a un effet beaucoup plus fort que si elle est familière.
  • Alternative : il est important d’avoir des réponses alternatives et substituables à la punition.

De plus, il faut que l’enfant répare dans la mesure du possible le mal qu’il a causé par son comportement. Par exemple, un enfant joue au ballon dans la maison lorsque ses parents lui ont dit de ne pas le faire et que sans le vouloir il casse un vase. Le père le punit en lui ordonnant de nettoyer, de ranger et de recoller tous les morceaux de céramique.

Inconvénients de la punition

Les résultats du comportementalisme instrumental (réponse-conséquence) sont très utiles dans la pratique. Les personnes agissent en étant guidées par des motivations et des intérêt et répètent les comportements ou attitudes pour lesquelles elles obtiennent des récompenses. Néanmoins, lorsque cette philosophie est transférée dans l’apprentissage infantile, la punition des enfants n’est pas toujours le bon moyen pour les éduquer. Certains inconvénients sont les suivants.

Réponses émotionnelles

L’état émotionnel d’une personne que l’on vient de punir est généralement très frustrant. Il est associé à des pensées négatives contre la personne qui administre ou génère cette sensation d’impuissance. Pour cela, on peut produire une série de réponses émotionnelles telles que les pleurs, les cris, les coups de pieds, les colères… et même des comportements agressifs. Ces réponses ne sont pas uniquement dirigées vers la personne ayant administré la punition, mais également au reste des personnes en présence.

réponse émotionnelle chez les enfants punis

Stimulation de signaux

La personne qui donne la punition ainsi que les autres stimulations de l’environnement peuvent se convertirent en stimulations désagréables pour l’enfant ou en signaux d’alerte étant associés à des conséquence désagréables. Pour cela, le comportement puni n’apparaîtra plus en sa présence, mais en son absence. Cet effet secondaire est le prototype du comportement en classe : les enfants se comportent mal lorsqu’il n’y a pas d’enseignant en classe et se comportement mieux dès lors que celui-ci fait son entrée.

Substitution par d’autres comportements inadaptés

La punition des enfants peut promouvoir la substitution des comportements punis par d’autres comportements inadéquats. Il est donc important d’appliquer la sanction avec une alternative afin de pouvoir faire comprendre à l’enfant ce qu’il faut et ne faut pas faire. Bien que la punition permette de supprimer certaines conduites, son application provoque des comportements de fuite ou d’éloignement des conséquences propres de ces derniers.

« Non » à la punition physique

La personne qui donne une leçon peut s’emporter. Bien entendu, lorsque la punition physique suppose l’administration d’une gifle ou d’une fessé, l’effet est doublement négatif. Premièrement, elle est punie par la loi car les parents doivent être un exemple pour les enfants et que l’exemple n’est pas de frapper. Les enfants apprennent tout ce qu’on leur montre. Les mauvaises habitudes et les mauvais comportements ne sont donc pas favorables, même lorsqu’ils sont destinés à corriger leur comportement.

Modération et discipline

Lorsqu’il y a plusieurs alternatives de réponse, et que l’une d’entre elles est celle qui ne doit pas être effectuée, on peut récompenser la réalisation des autres réponses si elles sont incompatibles avec l’action indésirable. Cette méthode connue comme renforcement différentiel des comportements incompatibles donne de meilleurs résultats à long terme que la punition pour réponse indésirable.

la discipline au lieu des punitions

Il est important de ne pas éduquer les enfants dans un échange constant de récompenses et d’interdits. Ils n’apprendront pas à donner de la valeur à la discipline. En fait, ils ne le feront pas par devoir car ils considèrent cela important pour le futur, mais car ils savent qu’ils pourront sortir le week-end avec leurs amis. Cela donnera des résultats, mais ils auront une motivation intrinsèque et mémorisant sans apprendre et en cherchant uniquement à atteindre le prix.

Par conséquent, la punition doit s’appliquer avec attention et modération car son excès peut convertir l’enfant en un être anti-social.

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