Les effets de ne pas savoir accepter la défaite

24 février, 2021
Savoir accepter une défaite est aussi important que de savoir gérer la victoire. Les erreurs et les échecs ont des conséquences, mais ils nous offrent aussi de nombreuses opportunités.

Des outils sont nécessaires pour intégrer intelligemment les gains et les pertes dans notre vie. En effet, ne pas savoir accepter une défaite et ne pas maîtriser la gestion du succès peuvent avoir des conséquences très négatives.

Le succès mesuré sur la base de paramètres très précis est presque devenu une obligation. Il est alors fréquent que le fait de gagner soit assimilé à un devoir qui est ensuite utilisé comme preuve sociale. Pendant ce temps, perdre est considéré comme un échec, voire une honte. Ce n’est pas la bonne approche.

Dans ce contexte, il est difficile d’apprendre à accepter la défaite. Elle devient parfois un facteur qui affaiblit l’enthousiasme et la force personnelle. D’autres fois, elle déclenche des comportements obsessionnels qui se traduisent par une obstination capricieuse qui finit par conduire à un cercle vicieux de frustration.

“On apprend peu avec la victoire, mais beaucoup avec la défaite.”

-Proverbe japonais-

Vivre avec la défaite.

Pourquoi est-il difficile d’accepter une défaite ?

Les fausses croyances expliquent pourquoi il est difficile d’accepter une défaite. La première de ces croyances dit que ne pas parvenir à réaliser quelque chose équivaut directement à un échec.

La vérité est qu’il y a une grande distance entre la défaite et l’échec. La défaite est un revers complètement naturel ; l’échec est une attitude. De manière générale, une personne qui ne sait pas accepter une défaite présente les difficultés suivantes :

  • Intolérance à la frustration. Il s’agit de la difficulté à assimiler que les choses ne se déroulent pas comme on le souhaite.
  • Fausse estime de soi. Il s’agit d’une évaluation de soi-même dans laquelle la possibilité d’erreur ou de défaite est exclue. Cette estime de soi est dite fausse car la personne rejette ses propres vulnérabilités.
  • Système de valeurs. Le succès est surestimé, sapant ainsi d’autres aspects précieux du développement et de la vie. De même, le résultat est beaucoup plus valorisé que le processus.

Les personnes qui ont du mal à accepter la défaite éprouvent souvent un sentiment de fausse supériorité. Par conséquent, lorsqu’elles ne réalisent pas ce qu’elles avaient prévu, la fiction qu’elles ont construite s’effondre.

L’entêtement névrotique

Ne pas savoir accepter une défaite provoque des frustrations qui augmentent l’inconfort. Ainsi, la personne qui n’accepte pas d’avoir perdu l’amour de son partenaire est susceptible de tenter encore et encore une réconciliation impossible, en même temps qu’elle risque de voir son désir encore et encore frustré.

Il est également possible qu’elle finisse par être très dure avec elle-même, exigeant d’elle-même plus que ce qu’elle peut donner, et en se faisant des reproches.

Cet entêtement ne lui permet d’acquérir l’apprentissage qui découle de son expérience. Cela exacerbe également les émotions négatives, telles que la colère et la tristesse résultant de la frustration. Ainsi, la personne finit par stagner en raison de sa résistance à accepter la réalité.

Apprendre à vivre avec la défaite.

Apprenez à perdre

La défaite a une valeur énorme dans la vie, d’un point de vue psychologique. Premièrement, elle met une limite au narcissisme infantile avec lequel nous commençons tous la vie. Savoir que tout ne peut pas être réalisé, que tous les souhaits ne seront pas satisfaits est la base sur laquelle le principe de réalité est construit.

De plus, les défaites sont une grande source de connaissances. A partir de là, on découvre nos limites, nos erreurs d’appréciation et les coordonnées du réel. Elles génèrent des connaissances valides qui peuvent être utilisées plus tard au profit d’un nouvel objectif. La science fonctionne comme ceci : elle avance sur la base de l’erreur.

Savoir accepter une défaite implique de l’aborder avec curiosité et intérêt. Personne n’aime perdre, mais ceux qui savent le faire surmontent assez rapidement le sentiment de frustration et se concentrent sur les apprentissages qui en découlent. C’est paradoxal, mais savoir perdre est aussi un moyen de gagner.

Sánchez, A., & María, A. (2010). Instrucciones para la derrota. Narrativas éticas y políticas de perdedores. Barcelona: Anthropos.