Les crises de colère chez les adultes et la règle des 3 heures

10 octobre 2019
La maturité émotionnelle n'est pas une conséquence naturelle du passage des années. De plus, il n'est pas rare de voir de nombreux adultes encore confrontés à leurs crises de colère, à ces frustrations qui surgissent lorsque les choses et les personnes ne sont pas comme on le souhaite ou l'attend.

Les crises de colère chez les adultes sont fréquentes, probablement plus que nous ne le pensons, peut-être parce qu’elles ne se manifestent pas de façon aussi frappante que chez les enfants. En règle générale, les nôtres sont plus discrètes, réservées et silencieuses parce qu’après tout, nous aussi, nous tombons nez à nez avec nos frustrations, ces émotions négatives qui nous ôtent toute tempérance.

Soyons réalistes, ni l’âge ni la maturité ne font de nous des êtres fiables et efficaces sur le plan affectif. Il est vrai qu’il nous arrive de rencontrer des adultes qui font des crises de colère, protestent et dramatisent comme un enfant de trois ans. Cependant, il faut noter que chacun d’entre nous cache aussi un enfant qui se sent blessé et affecté quand le monde n’est pas comme il l’attend.

Avoir des attentes élevées sur certaines choses et voir qu’elles ne sont pas comblées, ne pas savoir gérer la déception, la colère ou même accumuler un excès d’émotions négatives, sont ces situations qui, tôt ou tard, finissent par imploser en nous comme de petits trous noirs d’où s’échappent le calme et le bien-être.

Nous faisons tous l’expérience de crises de colère dans notre vie quotidienne, mais nous savons plus ou moins les dissimuler avec précision. Vivre constamment ces situations nous conduit à des états très fatigants. C’est pourquoi il est intéressant de connaître une stratégie simple.

 

Un hérisson qui connaît les crises de colère

Les crises de colère chez les adultes et la règle des 3 heures

Les crises de colère chez les adultes sont très fréquentes, mais elles se manifestent d’une façon très différente de la façon dont elles apparaissent dans l’enfance. Tout d’abord, l’une des raisons pour lesquelles de nombreuses personnes ont recours à la psychothérapie est que leur niveau d’anxiété est si élevé qu’elles ne savent plus quelle stratégie appliquer. Ainsi, lorsque l’on approfondit un peu plus l’origine de cet état dysfonctionnel, il est courant de découvrir le même schéma.

Il y a ceux qui ont l’impression que tous ceux qui les entourent finissent par les décevoir. Famille, amis, partenaire, collègues de travail, etc. Tout le monde les laisse tomber, tout le monde fait quelque chose qui tôt ou tard a des conséquences qui les punissent. Cette frustration se matérialise souvent sous la forme d’une crise de colère interne. Ce sont des crises de colère silencieuses où l’esprit se bat entre déception, rage et tromperie.

Les crises de colère chez les adultes ne se manifestent pas en lançant ou en brisant des objets. La plupart d’entre elles finissent dans la solitude d’une pièce où déverser ses larmes. Il n’est pas facile, comme nous le voyons, de rationaliser bon nombre de choses qui nous arrivent quotidiennement ; il y a ceux qui sont plus capables de gérer et d’accepter la frustration et la déception quotidienne. D’autres, en revanche, sont plus vulnérables et c’est pourquoi il est essentiel d’avoir des ressources à portée de main.

Ce qui suit peut vous aider.

Les crises de colère chez les adultes : la règle des trois heures

Daniel Goleman souligne dans son livre Surmonter les émotions destructrices que notre cerveau émotionnel est celui qui réagit face à tout ce qui se passe dans notre environnement. Cela signifie que tout passe par le filtre émotionnel avant le filtre rationnel.

Des études comme celle menée par d’autres experts comme Joseph E. LeDoux de l’Université de New York nous montrent aussi quelque chose comme ceci : nous sommes ces personnes qui agissent essentiellement par les émotions, et c’est pourquoi, à plus d’une occasions, celles-ci nous « jouent des tours ».

Alors, que pouvons-nous faire quand nous nous sentons saisis par les émotions ? Comment pouvons-nous agir dans ces moments où nous ressentons de la colère et de la frustration lorsqu’il se passe quelque chose que nous n’aimons pas ? Prenez note.

Une femme qui respire les yeux fermés

Vous avez trois heures pour agir : respirez, concentrez-vous et agissez

Les crises de colère chez les adultes ont souvent des conséquences négatives. D’un côté (et moins fréquemment), il y a ceux qui réagissent de façon surdimensionnée, en élevant la voix, en parlant irrespectueusement ou même en lançant des objets. D’un autre côté (et beaucoup plus fréquemment), il y a ceux qui choisissent de faire face tranquillement à leur colère et à leur frustration.

Pour éviter les deux situations, il existe une stratégie simple avec un point de départ particulier : la sensibilisation. Après cet événement indésirable, ennuyeux ou frustrant, nous avons 3 heures pour agir correctement. Après ce délai, il sera trop tard pour résoudre cette situation d’une manière mature, adulte et fiable. Mais aussi pour faire face de manière adéquate au nœud émotionnel de la frustration.

Nous devons prendre les mesures suivantes :

Respirez, ne vous laissez pas emporter par la première émotion

Quand nous nous sentons frustrés, la première chose qui émerge est la rage. Nous pouvons (et devons) accepter sa présence, mais ne jamais nous laisser emporter par elle. La première étape que nous devons franchir est de réduire son impact, d’atténuer la tension physique qui accompagne cette émotion et de diminuer les pensées négatives qu’elle entraîne habituellement avec elle.

Si la colère et la rage sont sous contrôle, tout sera plus facile et nous raisonnerons mieux. L’une des techniques pour y parvenir est donc la respiration profonde.

Concentrez-vous, gardez votre sang-froid

Les crises de colère sont typiques de ces enfants qui ne savent toujours pas comment gérer leur univers émotionnel. Gérer ces crises de colère fait partie intégrante de leur processus de maturité. Donc, en tant qu’adultes, nous devrions déjà avoir franchi cette étape ; si nous ne le faisons pas, nous prendrons des mesures. Le plus important, après avoir apaisé la colère, c’est de se concentrer, de penser d’une manière mature et équilibrée.

Nous avons le temps de le faire, pendant deux ou trois heures, nous allons approfondir les raisons de notre malaise et de notre frustration :

  • Qu’est-ce qui m’a dérangé ? Y a-t-il une raison logique pour que je ressente cela ?
  • Que dois-je faire pour me sentir mieux et éviter que cette situation ne se reproduise ?

Calmement et patiemment, nous répondrons à ces questions.

 

Agissez

La dernière étape, et la plus importante, est de générer une réponse ou un comportement ajusté au cours de ces trois heures. Il ne faut pas le repousser au lendemain. Les crises de colère chez les adultes surviennent parce qu’il y a quelque chose qu’ils voient comme une menace, quelque chose qui les frustre, qui les étouffe. Si après avoir fait notre évaluation, nous estimons qu’il est justifié de faire quelque chose, nous le ferons.

Nous demanderons des explications à ceux qui nous ont blessés, nous exigerons le respect ou nous fixerons des limites. Il s’agit, par essence, d’adopter un comportement approprié et raisonné afin de se sentir mieux, d’acquérir respect et maturité. Maintenant, si après réflexion nous réalisons que nous avons agi impulsivement, c’est un exercice de courage que de l’admettre et de demander pardon.

La maturité émotionnelle ne vient pas avec le temps, ce n’est pas une mise à jour d’usine qui s’installe seule à un certain âge. C’est à nous de favoriser ce processus et, pour cela, rien de mieux que de travailler sur ces crises internes que nous affrontons en silence.

 

  • Dalgleish, T. (2004). El cerebro emocional. Nature Reviews Neuroscience , 5 (7), 583–589. https://doi.org/10.1038/nrn1432
  • Goleman, Daniel (2002) Emociones destructivas. Kairós.
  • LeDoux, J. (2012, February 23). Rethinking the Emotional Brain. Neuron. https://doi.org/10.1016/j.neuron.2012.02.004