Les arrêts maladie liés à la dépression, un phénomène de plus en plus fréquent

Les arrêts maladie liés à la dépression sont différents pour tout le monde. Certaines personnes ont besoin d'un mois, d'autres de six et d'autres encore de plus d'un an pour se rétablir. Disposer de la meilleure assistance et ne pas avoir peur de perdre son emploi sont des éléments clés de cette réalité.
Les arrêts maladie liés à la dépression, un phénomène de plus en plus fréquent

Dernière mise à jour : 14 septembre, 2021

Les congés maladie dus à la dépression ont augmenté ces dernières années. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) considère la dépression comme la principale cause d’invalidité. Il ne s’agit pas d’une question mineure, car elle retrace une réalité aussi délicate que complexe dans laquelle de nombreuses personnes sont plongées, craignant souvent de demander un congé maladie de peur de perdre leur emploi.

La santé mentale sur le lieu de travail reste un domaine dans lequel nous avons encore beaucoup de chemin à parcourir. Il faut non seulement la promouvoir, mais il faudrait aussi faciliter les mécanismes pour que le travailleur dispose toujours du meilleur suivi psychologique, celui qui favorise la récupération progressive et facilite les stratégies pour éviter les rechutes.

Dans de nombreux cas, les patients se limitent exclusivement à suivre le traitement pharmacologique fourni par leur généraliste. L’assistance psychologique est essentielle dans tous les cas et elle devrait également être une ressource accessible dans les centres médicaux de chaque communauté.

Ainsi, les données cliniques montrent également que plus de 40 % des personnes ne reçoivent pas de soins adéquats ou abandonnent prématurément les thérapies et les traitements. Il est donc nécessaire de mieux faire connaître la dépression et l’impact qu’elle a sur notre société.

Le mobbing est à l’origine d’une grande partie des congés maladie liés à la dépression.

femme dans son lit atteinte d'une dépression

Les arrêts maladie liés à la dépression – de quoi s’agit-il ?

Selon les données de l’OMS, la crise de 2008 a entraîné une augmentation de 19 % des congés maladie dus à la dépression. Cependant, des travaux de recherche tels que ceux menés au Centre médical de l’Université d’Amsterdam indiquent que cette nouvelle crise, liée à la situation actuelle, a encore fait augmenter ce chiffre. La santé mentale s’est détériorée de façon presque exponentielle.

Cela a également un impact évident sur le monde du travail. Par exemple, aujourd’hui, de nombreuses personnes souffrant de problèmes psychologiques (anxiété, dépression, troubles obsessionnels compulsifs, etc.) continuent d’aller travailler. La peur de perdre leur emploi les pousse à se surmener malgré tout, jusqu’à atteindre leur limite.

Ce n’est pas la bonne chose à faire. En effet, en tant que travailleurs, nous avons tous le droit de prendre un congé maladie et d’être payés comme si nous étions atteints de n’importe quelle autre maladie ordinaire. Découvrons cela ensemble.

Comment puis-je savoir si je souffre de dépression ?

Les troubles dépressifs sont des réalités multifactorielles présentant un large éventail de symptômes. Ainsi, et malgré le fait que chaque personne puisse le vivre d’une manière particulière, il existe toujours des éléments communs qui facilitent le diagnostic. Ce sont les suivants :

  • Épuisement constant
  • Faible motivation
  • Désespoir, sentiment de tristesse, irritabilité, mauvaise humeur
  • Manque de motivation pour effectuer des tâches professionnelles
  • Modification des habitudes alimentaires
  • Changements dans les habitudes de sommeil
  • Des crises de larmes
  • Défaillances cognitives : problèmes de concentration, de résolution de problèmes, de mémorisation…
  • Perte d’intérêt pour les tâches qui nous passionnaient auparavant
  • Manque de libido
  • Négativité constante
  • Sentiments de culpabilité
  • Des idées suicidaires peuvent apparaître

Quelles sont les causes les plus courantes des arrêts maladie dus à la dépression ?

Dans un grand nombre de cas, les congés maladie dus à la dépression sont médiatisés par des situations telles que le mobbing ou le harcèlement au travail. C’est ce que l’on appelle un congé maladie dû à des contingences professionnelles, c’est-à-dire que le trouble lui-même est causé par l’environnement professionnel dans lequel la personne travaille.

  • Des travaux de recherche tels que ceux menés à l’École nationale de médecine du travail – Institut de santé Carlos III de Madrid montrent que le mobbing est actuellement une épidémie silencieuse qui a un grand impact sur la santé mentale. Les congés maladie associés à cette réalité sont très courants.
  • D’autre part, des facteurs tels que la pression du travail, les environnements stressants et les mauvaises conditions de travail sont également des déclencheurs courants associés aux contingences professionnelles.
  • En ce qui concerne les contingences communes (non associées au travail lui-même), les causes vont des expériences traumatiques et des ruptures émotionnelles à des facteurs biosociaux plus complexes.

Comment savoir quand et comment prendre un ou des arrêts maladie ?

Le congé de travail pour cause de dépression doit être décidé par une autorité médicale. Le médecin de premier recours évaluera la situation sur la base de facteurs psychologiques. Par exemple, une personne souffrant de dépression majeure ne sera pas en mesure de s’acquitter efficacement de ses responsabilités professionnelles et cette incapacité devrait être une raison évidente pour un congé maladie.

Chaque pays articule ce type de situation, mais elle varie généralement de six mois à deux mois et peut être prolongée si un tribunal médical le décide. Pendant cette période, le travailleur reçoit toujours un salaire correspondant à sa base de cotisation, qui varie en fonction du nombre de jours de congé maladie.

homme chez le thérapeute

Que dois-je faire pendant mes arrêts maladie ?

Lorsque vous êtes en arrêt maladie pour cause de dépression, vous devez conserver une attitude active vis-à-vis de votre rétablissement. Dans la plupart des cas, en soins primaires, on commence par les traitements pharmacologiques classiques. Cependant, il faut savoir que les médicaments aident mais ne résolvent pas la situation.

Il est essentiel que la personne reçoive une aide psychologique. Cette thérapie sera adaptée à chaque patient, en fonction de ses besoins particuliers. L’objectif est de fournir des stratégies et des compétences d’adaptation, ce qui nécessite toujours un engagement fort de la personne.

En général, les approches suivantes sont utilisées :

  • La thérapie cognitive. L’objectif est de travailler sur les schémas de pensée irrationnels, les croyances et les attitudes négatives de la personne qui engendrent la dépression.
  • La thérapie interpersonnelle. Elle est orientée vers les relations sociales et interpersonnelles de la personne, le renforcement de l’estime de soi, les compétences de communication…
  • Activation comportementale. Cette approche est essentielle pour guider la personne dépressive vers la mobilisation et l’activation, afin qu’elle puisse à nouveau profiter des expériences les plus simples et reprendre le contrôle de sa propre vie.

En conclusion, les thérapies pour le traitement de la dépression durent entre six mois et un an. Il est essentiel que vous n’abandonniez pas les séances pendant cette période. C’est en effet le seul moyen de reprendre le travail, de se remettre sur les rails et de se sentir plus valide et mieux à même de faire face aux aléas, en ayant retrouvé l’espoir du présent et de l’avenir.

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