Causes psychologiques de l’absentéisme au travail

· 25 mai 2018

Saviez-vous que le fait de systématiquement examiner le courrier électronique privé pendant les heures de travail est un type d’absentéisme au travail ? D’une manière générale, cette pratique peut être définie comme l’absence délibérée du poste de travail pendant la durée légale de ce dernier. Comme un abandon des fonctions, des droits et des fonctions d’un poste spécifique, également. Mais qu’est-ce qui se cache derrière cet abandon ? Pourquoi une personne devient-elle irresponsable professionnellement ? Saviez-vous que regarder son courrier privé par habitude lors des heures de travail est un type d’absentéisme au travail ?

Il s’agit de l’un des problèmes les plus difficile à résoudre en raison de sa grande complexité. De plus, il s’agit d’un phénomène endémique ne faisant aucune distinction de sexe, de religion ou d’âge. Il est influencé par de nombreux facteurs, parmi lesquels se distinguent les psychosociaux.  Ils peuvent cependant beaucoup varier bien selon les cas. Nous nous plongerons ci-après dans ses causes de cet absentéisme au travail

Types d’absentéisme au travail

L’absentéisme au travail est généralement classé dans les types suivants :

absentéisme au travail

  • Présentiel : il se produit lorsque le travailleur effectue des tâches qui ne sont pas propres à sa journée de travail. Autrement dit, lorsqu’il achète en ligne, lit son courriel privé, parle au téléphone avec ses amis ou sa famille, etc. Cela représente des pertes importantes pour l’entreprise car cela tend à  s’étendre au fil du temps. Le travailleur ne rapporte rien. Il ne fait pas d’effort et cela affecte la productivité de l’entreprise. Il pourrait être renvoyé ou une suspendu après plusieurs avertissements.
  • Justifié : le salarié ne vient pas à son poste après avoir informé son organisation du motif de l’absence. Par exemple, lorsqu’il nécessite une assistance médicale, les jours de vacances, les congés maternité/paternité, les accidents du travail…
  • Injustifié et non averti : il s’agit de l’antithèse du précédent. Le travailleur ne prévient pas ni ne justifie son absence dans l’entreprise. Autrement dit, il n’est pas autorisé par cette dernière. Il n’a donc pas la permission de quitter son travail. A l’instar de l’absentéisme présentiel, il peut conduire au licenciement justifié du travailleur.

Causes psychologiques de l’absentéisme au travail

Il est essentiel de connaître toutes ces causes afin de comprendre pourquoi il est considéré comme un mal endémique. Pour comprendre en outre ses conséquences, tant pour la personne que pour son environnement. Nous l’avons déjà mentionné, les facteurs psychosociaux sont ceux qui expliquent le mieux l’absentéisme au travail. Mais il existe en leur sein une grande variabilité individuelle, en fonction de chaque personne.

Dépersonnalisation, démotivation et faible estime de soi

Le travail a cessé d’être une valeur en soi au cours des dernières décennies. En d’autres termes, le travail a été instrumentalisé à un point tel qu’il n’a aucun type de valeur intrinsèque. La « crise » a transformé de nombreux employés en automates. Leur travail est leur unique moyen d’aller de l’avant et d’affronter leurs obligations.

Il en résulte que la paie à la fin du mois est la seule chose qui compte pour les employés. Ils ne prêtent donc plus autant attention à la performance. Les employés se concentrent le paiement de leur salaire pour continuer à faire face à toutes leurs dépenses. L’effet le plus direct de ce phénomène est la dépersonnalisation du travailleur. Il ne vit pas son travail comme propre, mais comme quelque chose « pour ». Ceci engendre une démotivation, laquelle a un impact négatif sur son humeur.

« L’absentéisme est un phénomène universel. Il est cher, tant pour l’organisation que pour l’individu. Et il est influencé par une constellation de différents facteurs interdépendants. »
-Rhodes et Steers, 1990-
absentéisme au travail

Le stress se produit lorsque existe un déséquilibre entre ce que l’environnement exige et les ressources dont la personne a besoin pour y faire face. Au niveau professionnel, l’Organisation internationale du travail (OIT) le définit comme une maladie qui comporte « un danger pour les économies des pays industrialisés ».

Conséquences du stress professionnel

Certaines des conséquences de ce stress professionnel se manifestent à court, moyen ou long terme. Elles dépendent de chaque personne et de ses stratégies pour y faire face. Parmi les effets psychologiques, nous trouvons la difficulté à se concentrer, à traiter, l’anxiété ou la dépression, la détérioration cognitive, l’insomnie ou même des troubles mentaux.

Les conséquences physiques peuvent se manifester par des altérations cardiovasculaires (hypertension, arythmie) ou dermatologiques (dermatite, alopécie, urticaire). Sexuelle également (dysfonction érectile, éjaculation précoce) ou musculo-squelettique (crampes, tics, tension musculaire).

Nous voyons que ce trouble biopsychosocial n’est pas bénin, ni pour les organisations ni pour les travailleurs. Les entreprises doivent donc aider leurs employés à se débarrasser de ce stress. Un problème supplémentaire est celui de la simulation. Autrement dit, simuler une maladie ou un trouble pour justifier cet absentéisme. Il s’agit en effet d’un phénomène très difficile à démontrer et à contrôler.

Par conséquent, l’absentéisme au travail est un problème directement lié à la politique de l’entreprise, à la qualité de l’environnement de travail et à l’insatisfaction des travailleurs. Il nécessite donc des solutions efficaces et intelligentes. Autrement dit, elles seront meilleures si elles sont spécifiques à chaque cas.