Les 5 clés de la psychologie japonaise

· 21 janvier 2018

La psychologie japonaise trouve ses racines dans un type très particulier de philosophie de vie. Elle consiste à rationaliser les émotions et les canaliser de manière spirituelle. Par ailleurs, les japonais ont une haute considération pour les membres de leur famille, pour leur communauté et pour le fait de prendre soin de cette image du « moi » où le respect de l’autre est maximal, où la confiance intergroupe est un atout et un avantage au quotidien.

Bien que la culture japonaise soit à la fois intéressante et lointaine, nous sommes à même de dire qu’ils ont, au fond, les mêmes préoccupations existentielles que nous. Les problèmes financiers, matrimoniaux, le stress au travail, la pression des études et les crises personnelles sont les défis quotidiens que la psychologie japonaise essaie de gérer à travers une approche analytique ; là où des personnalités telles que Hayao Kawai se distinguent comme les références cliniques les plus pertinentes.

« La psychologie japonaise peut nous paraître à première vue très différente de la psychologie occidentale. Cependant, les deux ont de nombreux points en commun, des approches similaires basées sur les principes de la philosophie orientale ou du bouddhisme qui forment une approche basée sur le développement personnel et la résilience. »

Par ailleurs, un fait est souvent commentée au sujet du Japon : ce pays présente un taux de suicide très important, l’un des plus élevés au monde. Il est vrai néanmoins que les pays nordiques sont aujourd’hui ceux qui se trouvent en tête de cette liste et que depuis 2006, le nombre de suicides parmi la population japonaise a considérablement diminué.

Des facteurs tels que le chômage ou la pression au travail sont les éléments qui ont le plus pesés sur la population japonaise à cet égard. Le gouvernement a toutefois considérablement investi dans le domaine des soins psychologiques et de la prévention du suicide, lesquels tendent à se concentrer sur les grands pôles économiques tels que Tokyo ou Kyoto, et sont éloignés de l’équilibre et de la satisfaction vital dont les japonais disposent, par exemple, dans des zones plus rurales.

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Les 5 clés de la psychologie japonaise

Grâce à des ouvrages tels que « La psychologie sociale du monde moderne au Japon » de Munesuke Mita, nous pouvons observer, depuis notre point de vue occidental, les nombreuses approches nourrissant cette culture à des moments à fois traditionnels et sophistiqués en matière de commerce et d’ingénierie.

Pour comprendre en profondeur leur philosophie de vie et les dynamiques qui composent la psychologie japonaise, il nous sera utile de comprendre 5 clés très spécifiques sur la façon dont ils gèrent leurs émotions, leurs relations ou quelles stratégies tendent généralement à mettre en oeuvre les psychologues pour promouvoir le bien-être mental.

1. Le monde émotionnel : le tatemae et honne

Nous pressentons déjà que les Japonais sont très prompts à rationaliser leurs émotions et, dans leur manière de les exprimer, sont généralement assez réservés et même hermétique.

Ainsi, il est intéressant de savoir qu’ils gèrent le monde émotionnel en fonction du contexte dans lequel ils se trouvent. Le tatemae, par exemple, fait référence au comportement public, là où la réserve doit être maximale, où le respect, l’équilibre et la modération sont mis en avant.

Le honne fait référence aux émotions que toute personne peut libérer, travailler et gérer en privé à la maison. Il est mis en oeuvre à travers un point de vue spirituel. La psychologie japonaise trouve ses racines dans le bouddhisme et taoïsme, là où chacun doit trouver sa propre voie de guérison de canal et d’exutoire.

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2. Confiance intergroupe

Le Japon est une société disposant d’un concept de communauté et de cohésion sociale très fort. Le respect de la famille ainsi que le respect de la communauté elle-même est hautement valorisé, lequel se traduit par la recherche systématique du bien commun et non du bénéfice individuel. Par exemple, toute personne ayant un rhume n’hésitera pas à sortir avec un masque pour éviter de le transmettre aux autres.

Ils s’identifient au groupe, il existe un moi social très solide, très définis et, en substance, ceci leur fut très utiles pour faire face à des catastrophes telles que celle survenue en 2011 avec le tsunami et le tremblement de terre qui a dévasté une grande partie de la préfecture de Fukushima .

3. Arugama, accepter les choses telles qu’elles sont

L’acceptation est un concept très ancré dans la psychologie japonaise. L’acceptation n’est toutefois pas synonyme d’abandon ou de résignation. Les Japonais savent que tout matériau ou substance caractérisé par la résistance finit toujours par se briser, se fissurer ou se fendre en deux. Qui n’accepte pas et résiste ne coule pas, ne s’adapte pas, ne survit pas.

Arugama est l’essence du changement qui se produit après l’acceptation, après avoir assumé que les choses sont comme elles sont et qu’il n’existe pas d’autre choix que de continuer à aller de l’avant.

4. L’attention

La soi-disant « thérapie de Morita » est très commune dans la psychologie japonaise, un type de stratégie psychologique basée sur l’attention centrée sur soi-même. Il s’agit de quelque chose qui parle certainement à la plupart d’entre nous (elle est très similaire à la thérapie rationnelle et émotionnelle d’Albert Ellis) mais que la culture orientale pratique néanmoins depuis de nombreuses années. L’une des principales caractéristiques de ce type de thérapie est d’être conscient de nos propres expériences internes, de la souffrance, de la frustration, de la peur, de l’anxiété, etc.

Ainsi, une fois que la personne a été en contact avec sa réalité personnelle, le thérapeute recommande généralement 4 stratégies pour favoriser le rétablissement : le repos absolu, la méditation, une nutrition adéquate et une préparation graduelle à la vie quotidienne.

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5. Réfléchir sur nos propres histoires en les reliant à la nature

Ce type d’approche est très intéressant. Le besoin de pratiquer l’introspection est généralement transmis à la personne dans la psychologie japonaise. Elles doivent être capables de voir en perspective leurs propres histoires, tout ce qu’elles ont vécu, ce qu’elles ont souffert, découvert et apprécié. Elles sont invités à voir leurs histoires personnelles comme des événements qui se produisent également dans la nature elle-même.

Nous grandissons et mûrissons tous, nous traversons tous des périodes qui laissent des marques profondes semblables à celles que possèdent les arbres sur leurs troncs. Par ailleurs, chacun d’entre nous peut s’épanouir malgré les situations contraires, nourrissant nos racines afin de devenir des êtres plus forts.

La vie est un flux constant, comme le flot d’une rivière qui ne s’arrête jamais, comme ce vent qui fait bouger les feuilles et la surface des océans … Loin de nous sentir victimes du destin, nous pouvons être comme la nature, toujours avide de nous renouveler, afin de continuer à germer …

Pour conclure, comme nous pouvons le constater, la psychologie japonaise n’est pas aussi inconnue qu’elle peut le paraître. Un grand nombre de nos approches sont également nourries par ces principes de développement personnel si inspirant au quotidien … Les appliquer, si nous le désirons,  peut également nous être très utiles.