L’envie caractérise les admirateurs secrets

· 8 juin 2016

L’envie est le sixième péché capital. Situé entre la colère et la vanité, il s’agit d’une profonde rancœur que ressent une personne envers quelqu’un qui possède ce qu’elle veut, comme la richesse, le pouvoir, la beauté ou tout autre chose.

C’est un vice parfois difficile à éviter, mais que personne ne souhaite éprouver, parce que ressentir de l’envie signifie se sentir petit, perdant et, parfois, admirer secrètement quelqu’un.

Nous vivons chaque jour des situations où nous ne pouvons nous empêcher de nous comparer aux autres : un frère qui nous semble recevoir plus d’affection de la part de nos parents, un collègue de travail qui gagne plus d’argent que nous, un voisin qui a une plus belle voiture que la nôtre…

Il est vrai que les comparaisons sont souvent douloureuses si on en sort perdant.

“Celui qui a confiance en lui n’envie pas la vertu de l’autre.”
-Cicéron-

Pour le professeur de psychologie de l’Université de Kentucky Richard H. Smith, “l’envie est corrosive et laide, et peut gâcher la vie.

 Si vous êtes une personne envieuse, il vous sera beaucoup plus difficile d’apprécier les bonnes choses, parce que vous serez trop inquiet de la façon dont elles se reflètent en vous”.

Études sur l’envie

Des chercheurs ont tenté de comprendre les circuits neuronaux et évolutifs de l’envie et par quel moyen elle peut être ressentie comme une maladie corporelle. On a même étudié la sensation de plaisir qu’éprouve une personne quand le sujet qu’elle envie connaît une mésaventure.

Dans la revue de psychologie Basic and Applied Social Psychology, ont été publiés à la fin de l’année dernière les résultats de deux études réalisées par Nicole E. Henniger et Christine R. Harris.

900 personnes entre 18 et 80 ans ont participé à ces études.On leur a demandé si elles avaient déjà ressenti de l’envie envers quelqu’un et si elles étaient encore envieuses au moment présent.

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Environ 80 % des personnes de moins de 30 ans interrogées reconnurent avoir ressenti de l’envie l’année précédente, tandis que le pourcentage de personnes âgées de plus de 50 ans qui avouèrent avoir ressenti de l’envie atteignait les 59 %.

L’étude arriva aussi à la conclusion que l’envie ne dépend pas du sexe, car les hommes et les femmes sont tout aussi envieux face aux succès des autres.

“Rien n’est plus digne d’admiration chez un homme que le fait de savoir accepter et imiter les vertus des autres.”
-Confucius-

Dans la revue Science, a été publiée une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut de sciences radiologiques du Japon qui décrit les images cérébrales des sujets à qui l’on a demandé de s’imaginer vivant des drames sociaux avec des personnes possédant un statut et une réussite supérieurs ou inférieurs aux leurs.

Quand la personne se comparait à des personnes qu’elle enviait, cela activait des régions de son cerveau associées au registre de la douleur physique.

Si la personne avait le pouvoir d’imaginer que le sujet envié connaissait une mésaventure, cela activait les circuits de récompense de son cerveau.

Envier ou admirer

On parle parfois d’envie saine ou d’admiration, et si nous sommes réellement capables d’envisager de manière positive le désir et les impulsions que celui-ci génère, l’envie peut se transformer en une stimulation pour progresser, car elle peut montrer un objectif à suivre. 

Nous pouvons envier les capacités d’autres personnes et cela peut nous inciter à nous dépasser nous-mêmes.

Mais si l’envie se transforme en un désir négatif envers une autre personne qui possède quelque chose que nous désirons, elle devient un foyer de frustration et d’insécurité, et elle nous fera percevoir une réalité dénaturée qui nous empêchera d’entreprendre des changements pour nous surpasser.

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Nous pouvons transformer l’envie en admiration quand nous voyons l’autre avec notre propre cœur et avec une intelligence émotionnelle, quand nous nous réjouissons de ses progrès, de ses capacités ou de ses possibilités, et quand nous partageons ses réussites.

Le mot admirer provient de “ad”, ajouter, et de “mirar”, regarder. Il s’agit donc de voir davantage chez quelqu’un d’autre, de voir le meilleur chez l’autre, et cela nous motive ensuite pour nous fixer des objectifs et travailler afin de les atteindre.

“Ma religion consiste en une humble admiration envers l’esprit supérieur et sans limite qui se révèle dans les plus petits détails que nous puissions percevoir avec nos esprits faibles et fragiles.”
-Albert Einstein-