Le pouvoir des mots

3 mai 2015 dans Psychologie 31 Partagés

La parole, notre mode d’expression naturel, possède un énorme potentiel, pour le meilleur et pour le pire.

On a depuis longtemps conscience du pouvoir des mots, et ‘était déjà le cas du temps où on se servait des exhortations et des formules magiques pour jeter des sorts ou, à l’inverse, pour désenvoûter.

Même si de nos jours, à l’heure où la raison et la technologie dominent, on ne croit plus vraiment à la magie, on reconnait en tout cas que les mots peuvent avoir des conséquences importantes, car on sait tous qu’il existe une étroite relation entre les pensées, les mots et les actes. 

l’abus verbal

Même si les mots n’affectent pas physiquement, si on en abuse, ils peuvent causer de sérieux dégâts émotionnels, si bien que la psychologie considère que l’abus verbal est aussi nuisible que tout autre type de maltraitance, soit-elle physique ou sexuelle.

Quand nos mots ne sont encore que des pensées, il est donc encore temps pour nous de faire en sorte de ne pas être dans la critique, le jugement ou la négativité au moment de verbaliser les choses, et que nos mots ne se transforment pas en dards vénéneux.

À ce moment critique, mieux vaut donc respirer profondément afin de transmettre au cerveau un message de calme.

Demandez-vous si ce que vous voulez dire va être constructif, que ce soit pour vous ou pour les autres ; si vos mots vont représenter une contribution positive ou si, au contraire, ils vont affaiblir les personnes qui vous entourent ou les relations que vous entretenez, voire même leur nuire.

Apprendre à parler

Bien sûr, cela fait longtemps que vous avez appris à parler. Mais, il ne s’agit pas seulement de savoir parler ; il s’agit surtout de savoir comment le faire, et ce avec intelligence émotionnelle.

Certains ponctuent leurs phrases de « gros mots », quand d’autres passent leur temps à médire, insulter ou critiquer, que ces critiques soient portées sur vous-même ou sur les autres. Techniquement, ces gens-là savent parler, mais, utilisent-ils la parole à bon escient ?

D’autre part, il est indéniable que le langage remplit une fonction communicative vitale, c’est pourquoi il n’est pas sain de réprimer ce que l’on pense et ce que l’on ressent.

En effet, dans nos vies d’êtres imparfaits, tout n’est pas toujours rose. Dans ces moments de négativité, de haine ou de douleur, non seulement on a le droit de s’exprimer, mais les autres ont aussi le droit d’être traités avec respect.

Pour y arriver, la clé, c’est l’assertivité, cet équilibre merveilleux qui s’acquiert en communiquant de manière authentique et constructive ce que l’on pense et ce que l’on ressent.

Voici quelques conseils pour apprendre à être assertif :

Avoir recours aux messages « je » : ces messages portent bien leur nom ; ils font référence au fait que le centre du message porte sur le ressenti  de la personne qui parle par rapport à la conduite d’une autre personne.

La personne exprime donc ce qu’elle ressent, sans pour autant juger, accuser, ni catégoriser l’autre.

Par exemple, si vos enfants ne rangent pas leur chambre, au lieu de leur dire « Mais qu’est-ce que vous faites pour que votre chambre soit dans un tel état ! Vous êtes vraiment désordonnés ! », utilisez « je » dans votre message et dites « Quand vous ne rangez pas votre chambre, ça me déçoit, car j’ai beaucoup d’autres choses à faire, et j’aimerais que vous m’aidiez un peu ».

Dans les deux cas, on exprime ce qu’on ressent, mais, dans le premier, la négativité est déchargée sur l’autre, alors que dans le second, la personne qui parle se concentre sur son ressenti et met de côté la conduite de l’autre.

Faire bon usage de la « mise à l’écart temporaire » : parfois, mieux vaut se retirer à temps d’un situation potentiellement conflictuelle afin d’éviter de dire des choses qu’on pourrait ensuite regretter.

L’objectif étant d’être assertif, l’idée, c’est de profiter de cette « mise à l’écart temporaire » pour reprendre la conversation une fois que les choses se sont calmées. Ainsi, on peut donc parler sans que nos mots ne dépassent notre pensée et sans qu’ils ne puissent devenir dangereux.

On a entre nos mains (ou peut-être dans ce cas serait-il plus approprié de dire « entre nos lèvres ») la possibilité de créer un climat d’harmonie autour de nous grâce au pouvoir de nos mots, qui, peut-être, renferment en eux plus de magie que ce que l’on croit…

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