Le Monde de Sophie, une approche de la philosophie

1 novembre 2019
Le Monde de Sophie est un livre qui a su plaire à plusieurs générations, qui y ont vu une magnifique porte d'entrée vers le monde fascinant de la philosophie. C'était une révolution à l'époque, et aujourd'hui, après vingt éditions, nous avons encore la possibilité de nous perdre dans ses pages...

Le Monde de Sophie est un ouvrage qui synthétise l’histoire de la philosophie occidentale dans un format de roman. Cette affirmation originale est ce qui en a fait un livre bien connu et recommandé.

C’est grâce à son langage agréable, simple et proche par opposition aux manuels classiques, bardés de phrases longues et distillant une pensée faite pour ceux qui ont déjà une connaissance préalable du sujet.

Il s’agit donc d’un travail qui ne prétend pas être plus qu’il n’est, et c’est déjà très bien. Surtout pour ceux qui veulent avoir une idée de ce que à quoi ont réfléchi les plus grands penseurs à travers l’histoire. C’est aussi une excellente porte d’entrée pour ceux qui veulent en apprendre davantage plus tard.

Avant de commencer la lecture

Le Monde de Sophie a été publié en 1991, supposant à l’époque une authentique révolution. En effet, à cette époque, il y avait peu de textes qui descendaient la philosophie de son piédestal. Ou, pour mieux dire, qui la rendaient accessible à tous. Ce roman a ainsi été traduit en plus de quinze langues. Un film éponyme de 1999 retrace aussi le roman. Il a été réalisé par le norvégien Erik Gustavson.

A propos de l’auteur

Jostein Gaarder a reçu plusieurs prix consacrés à la littérature et à l’écriture jeunesse, tels que le Prix national de critique littéraire en Norvège et le Prix européen de littérature jeunesse, pour n’en citer que quelques-uns. Son œuvre littéraire, comptant une quinzaine d’ouvrages, cherche à aborder les questions d’intérêt existentiel et philosophique avec un style agile et simple. Pour certains, « c’était l’écrivain le plus vendu de la planète en 1995 et 1996 ».

Une photo de Jostein Gaarder, l'auteur du roman Le Monde de Sophie

A propos de l’œuvre

Le Monde de Sophie compte plus de six cents pages dans sa version française et est publié par la maison d’édition du Seuil. Il est divisé en trente-cinq chapitres qui exposent de manière dynamique et concrète plus de deux mille ans de philosophie. Actuellement, l’ouvrage a été réédité plus de vingt fois, ce qui témoigne de son succès.

Le Monde de Sophie : « Un roman qui est devenu un livre culte ».

Vous êtes-vous déjà demandé :

  • Qui suis-je ?
  • Qu’est-ce qu’un être humain ?
  • N’est-il pas injuste que la vie finisse un jour ?
  • N’est-il pas triste que la plupart des gens doivent tomber malades pour réaliser combien il est agréable de vivre ?
  • D’où vient le monde ?

Telles sont quelques-unes des questions qui envahissent les pensées de Sophie dans une lettre mystérieuse écrite par celui qui semble être un philosophe. Ainsi, l’histoire se déroule autour de Sophie Amundsen, une jeune fille de presque quinze ans. Elle se concentre sur la formation de son identité à partir des conversations qu’elle a avec l’expéditeur des lettres mystérieuses. Elle essaie ainsi de répondre à ses questions. Nous voyons une fille de plus en plus intéressée par la complexité de l’être humain et du monde qui l’entoure. Ils traitent de sujets tels que :

  • Qu’est-ce que la philosophie ?
  • Les philosophes de la nature
  • La science de l’histoire et la science de la médecine
  • Qui était Socrate ?
  • Platon
  • Aristote
  • Religion, philosophie et science
  • Néoplatonisme
  • Romantisme
  • Etc

Comme vous pouvez le constater, ce n’est pas un roman à lire en une seule fois, car on a besoin de temps pour digérer son contenu.

Un livre ouvert

Un extrait du livre

Pour que vous vous intéressiez à l’œuvre, voici quelques fragments qui font partie du livre et qui peuvent vous être utiles pour savoir si, en attirant votre attention sur la philosophie, c’est un style qui vous plairait. Dans une des lettres où ils parlent de l’hellénisme :

« […] On raconte que Socrate s’arrêta un jour devant un jour devant une échoppe qui proposait différentes marchandises. A la fin, il s’écria : « Que de choses dont je n’ai pas besoin! »
Cette déclaration pourrait être le mot d’ordre des cyniques. Antisthène jeta les bases de cette philosophie à Athènes vers 400 ans avant Jésus-Christ. Il avait été l’élève de Socrate et avait surtout retenu la leçon de frugalité de Socrate.
Les cyniques mettaient l’accent sur le fait que le bonheur n’est pas dans les choses extérieures comme le luxe matériel, le pouvoir politique et la bonne santé. Le vrai bonheur est de savoir se rendre indépendant de ces conditions extérieures accidentelles et instables. C’est justement parce que le véritable bonheur ne dépend pas de ce genre de choses qu’il est à la portée de tous. Et une fois atteint c’est pour toujours.

[…]

De nos jours, les mots ‘cynique » et ‘cynisme’ s’utilisent dans le sens d’un manque de sensibilité envers la souffrance des autres. »

Après les cyniques, de nombreux philosophes sont revenus à cette idée de bonheur. Il est séduisant de penser qu’en réduisant le nombre d’éléments dont nous dépendons (besoin), nous serons plus près de nous sentir complets. De cette façon, il serait plus facile de déterminer des objectifs ou de ne pas se sentir dépassé par son propre désir.

En résumé, ce ne sont là que quelques coups de pinceau d’un livre qui a séduit plusieurs générations. Bien des gens se sont intéressés à la philosophie par cette œuvre. Il a su concilier des professeurs désireux de transmettre leur savoir et des élèves en quête de discours didactique.