L’art du bon amour ne détruit pas votre estime de vous-même, il la favorise

8 mars 2017 dans Emotions 410 Partagés

L’art du bon amour ne cherche pas à flatter l’ego. C’est un tendon psychique qui confère du souffle, du soutien et du respect. L’amour sage n’est pas aveugle non plus, car les deux personnes formant un couple se regardent droit dans les yeux de façon mature et consciente, et chacune désire que l’autre vole bien haut sans chercher à arracher ses ailes, ni à bafouer son estime d’elle-même.

On dit que l’amour est un art, que le fait d’aimer cache des mystères et des facettes où se mélangent la politesse, l’érotisme, le divin et le profane. Nous pourrions sans doute nous laisser porter par tout ce legs culturel qui nous entoure, donnant parfois une image de nous peu réaliste à ce sujet. Car l’amour n’est pas tant un art basé sur la contemplation que sur la création, sur l’effort et sur l’engagement des personnes courageuses.


« Il est indispensable de s’aimer soi-même pour pouvoir aimer les autres. »

– Eckhart Tholle –


Laissons les poètes, le cinéma et la littérature construire leur propre image de l’amour. Car dans ce vaste océan, personne n’est capitaine ; car sur ce continent émotionnel inhospitalier, nous ne sommes tou-te-s que de simples explorateur-trice-s. Nous savons par exemple que parfois aimer peut faire mal, et même si la souffrance devrait être interdite dans ce domaine, il nous arrive d’avoir à y faire face.

Loin de vivre l’amour dans le bonheur, souvent, nous laissons s’en aller une à une les feuilles de notre dignité, et nous permettons même que notre estime de nous-même reste élimée, comme un vieux manteau, terne et fragilisé par l’usage…ou l’abus. Nous devons nous concentrer sur cette dimension depuis une position plus sage, plus intègre.

Dans la suite de cet article, nous vous expliquons comment faire.

Les chercheur-se-s insatiables et les affamé-e-s d’amour

Certaines personnes ont besoin et envie de manger des pommes. Elles plantent alors un arbre et, en peu de temps, il offre son fruit. Le plaisir est infini, et pendant plusieurs semaines, on profite de la saveur de ce fuit. Pour un temps, on se sent satisfait-e d’être nourri-e sans avoir besoin de fournir un quelconque effort. Cependant, lorsque l’on passe à la saison suivante, curieusement, le beau pommier ne fleurit plus, et ne donne plus de fruits. Il commence à se faner.

Il en va de même dans les relations amoureuses ; certaines personnes recherchent insatiablement l’amour, qu’elles trouvent et dont elles profitent. Cependant, elles oublient de nourrir les racines de ce lien exceptionnel et délicat. Elles bafouent leur estime d’elles-mêmes, sont des expatrié-e-s de la loyauté et de l’engagement courageux. Ce sont des vagabond-e-s émotionnel-le-s à la recherche de relations à date de péremption.

D’un autre côté, il y a les affamé-e-s qui ne recherchent qu’une seule chose : un soutien pouvant leur permettre de remplir le vide de leur solitude. Ces personnes considèrent l’amour comme étant un synonyme de réconfort. Elles recherchent, avant tout, des kits de couture qui puissent leur permettre de reprendre, au moyen du fil de l’amour, les coutures défaites de leurs coeurs. Or, il ne s’agit pas là d’un comportement judicieux. Car l’art d’un bon amour ne passe pas par la destruction cruelle de l’estime de soi de l’être aimé.

Comme l’a dit Erich Fromm, si l’amour n’était qu’un sentiment ou une émotion, la promesse de s’aimer pour toujours n’aurait pas de sens. Car les sentiments vont et viennent. Aimer, c’est avant tout donner lieu à un acte de dignité envers soi-même, mais aussi envers son compagnon/sa compagne.

Loin de considérer l’amour « comme une recherche » visant à apaiser les besoins, les peurs et la solitude, nous devons plutôt le voir comme une rencontre. Après cette découverte non préméditée viennent l’engagement, le courage et la promesse authentique.

L’amour qui donne du souffle à l’estime de soi

Souvent, on dit qu’un couple heureux, mature et conscient est celui qui réussit à « être un tout en étant deux à la fois ». Sans doute s’agit-il là d’un idéal que nous convoitons tou-te-s , mais…comment peut-on y arriver ? En amour, il n’y a pas de formules magiques, mais bien un conseil sage qui nous sert également à tou-te-s : avant d’être deux personnes unies dans un même projet, nous devons être nous-mêmes.

Nous devons nous aimer sans peurs ni concessions. Apprécier notre individualité, mais sans jamais tomber dans les abîmes de l’ego. Il n’y a qu’ainsi que l’on sera capable de sauver notre estime de nous-mêmes et de favoriser celle de la personne que l’on aime.

Dans la suite de cet article, nous vous proposons de réfléchir à des stratégies basiques qui pourront vous aider à y arriver.


« La rencontre entre deux personnes, c’est comme le contact de deux substances chimiques : s’il y a une réaction, les deux se transforment. »

– Carl Gustav Jung –


Quelques conseils pouvant vous permettre de développer et de respecter l’estime de soi dans le couple

L’amour sain commence toujours par soi-même. Imaginons un moment ce que ce doit être que d’aimer quelqu’un qui se déteste lui-même. Imaginez aussi ce que suppose le fait d’être avec une personne qui ne cherche qu’à vous plaire toute la journée. Une personne qui, lorsque vous avez besoin de respirer, vous offre de l’air. Qui, lorsque vous vous blessez, veut saigner à votre place.

  • Les couches délicates d’une relation de couple cachent les racines de notre être véritable : toutes nos carences, nos vides et nos manques d’assurance restent imprégnés dans cette entité, jusqu’au point de s’amplifier encore plus.
  • Nous devons être capables de conjuguer l’amour propre avec l’amour réciproque : une chose n’exclut pas l’autre, car être en couple, c’est avoir un coeur et un souffle. Quand un côté du coeur reste sans forces, le souffle de l’autre partie le remplit. Il lui insuffle de l’énergie, du courage et davantage d’amour. A son tour, cette moitié se sait digne de le revoir car elle s’aime elle-même.

L’amour qui naît et qui se crée chaque jour ne suppose pas la perte de l’individualité. Elle n’implique pas non plus de devoir renoncer à soi-même pour honorer l’autre. Aimer, c’est se réaffirmer en compagnie de l’autre personne en se permettant d’être différent-e, tout en étant seul-e dans un même projet.

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