L’amour ne connaît pas les tailles, c’est le cœur qui importe

24 septembre 2017 dans Psychologie 239 Partagés
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En amour, ce qui importe est le cœur et les valeurs, ce qui compte vraiment est ce que le couple désire, non ce que les autres peuvent penser. Notre âge ne regarde personne, tout comme le fait que l’un vienne du Mali et l’autre de Pologne, que l’un soit grand et l’autre petit, ou mince et l’autre gros… Parce que non, la passion ne prête aucune attention aux tailles ou aux regards qui nous jugent.

Admettons-le, nous vivons dans une réalité sociale où ce qui est différent dérangent, où celui qui ose sortir du modèle, de la norme ou de ce que nous pouvons attendre est immédiatement pointé du doigt. Nous sommes façonné-e-s par une société qui se moque lorsqu’au sein d’un couple la femme est la plus âgée, nous vivons dans un monde où une jeune femme heureuse et souriante tenant la main d’un homme plus âgé est perçue comme quelqu’un d’intéressé et non comme une personne amoureuse.

Tout le monde n’est pas capable de comprendre que ces deux personnes qui marchent main dans la main, contrairement aux critiques dont elles font l’objet dans leur dos (généralement peu de personnes disposent du courage nécessaire pour le faire de face), ressentent tout simplement du bonheur. Peu importe que l’un-e soit grand-e et l’autre petit-e, qu’iels soient du même sexe ou que l’un-e pèse 100 kilos et l’autre moitié moins… Ce couple avance dans la rue comme un brise-glace dans la mer des conventions sociales, laissant de côté l’iceberg des préjugés.

C’est du moins comme cela que les choses devraient être.

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Un amour courageux, un amour qui ne se soucie pas des préjugés

Mildred et Richard Loving étaient follement amoureux lorsqu’elle avait 11 ans et lui 17 ans. Ils étaient très jeunes, incontestablement, mais ce n’était pas le plus grand de leurs problèmes. Nous étions dans les années 50, en Virginie, elle était la fille d’un afro-américain et d’une Indienne de la tribu Rappahannock.

Richard, pour sa part, était de descendance européenne. À l’époque, la Loi sur l’intégrité raciale, l’une des lois les plus honteuses ayant jamais existé, distinguait socialement les personnes en deux catégories, les blancs et les individus  » de couleur », et interdisait le mariage entre eux. Deux options se présentaient à celleux qui ne respectaient pas cette loi : la prison ou l’expulsion des États-Unis.

Rien de cela ne fit toutefois obstacle à l’amour de ce couple. En 1958, quand Mildred eut 18 ans, ils décidèrent de se marier. Cependant, un an plus tard, alors qu’elle était enceinte, un voisin les dénonça et ils furent séparés. Richard Loving fut mis en prison. La situation perdurait lorsqu’en 1964 Mildred Loving, désespérée, décida d’écrire une lettre émotive et courageuse à Robert Kennedy, lequel la mit en contact avec l’American Civil Liberties Union (ACLU).


Trois ans plus tard, en 1967, l’affaire Loving marqua une étape importante pour le triomphe des droits sociaux. La Cour suprême statua que « la liberté de choisir de se marier ne peut être entravée par une odieuse discrimination raciale ».


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Maintenant, s’il y a une chose qui nous étonne indubitablement dans cette histoire est le fait qu’elle n’ait que 50 ans et que ce genre de progrès, comme cela peut être le cas avec la légalisation du mariage entre personnes de même sexe, soient des barrières si difficile à franchir, laissant derrière elles des histoires vraiment dramatiques.

Cependant, et bien qu’il soit difficile de le croire, un certain nombre d’études démontrent que les couples interraciaux, comme celleux d’un même sexe, sont celleux qui continuent le plus à subir nos préjugés et le poids de ces regards qui jugent souvent en silence.

Le cœur est ce qui rend invisible les différences dans une relation

L’amour est beaucoup plus que ce que Antoine de Saint-Exupéry nous a dit dans le Petit Prince. Il ne s’agit pas seulement du fait que deux personnes regardent ensemble dans la même direction, nous devons également nous regarder dans les yeux tous les jours pour nourrir notre « conscience de couple », pour nous investir dans les fameux quatre « C » qui définissent la relation affective forte et heureuse : le compromis, la coopération, la communication et la communauté – ou l’intimité.

C’est grâce à ces dimensions que le couple trouve la force d’atteindre cette vitesse de croisière lui permettant de briser la barrière sociale de la critique et des préjugés. Parce que s’il y a quelque chose de vraiment tragique, quelque chose que nous regretterons quand sera venu le moment de quitter ce monde c’est de ne pas avoir été courageux-ses, de ne pas avoir aimé quand nous le pouvions et le devions, quand nous disposions de cette opportunité qui ne se présente que rarement.


Le cœur doit être courageux et rendre invisibles aussi bien les différences que les critiques de notre environnement. Nous ne serons jamais trop vieux/vieilles pour aimer encore, même si nos enfants nous disent « à ton âge, cela n’a plus de sens ». Nous ne laisserons pas s’échapper ce garçon ou cette fille du collège ou de l’université simplement parce que nos ami-e-s nous disent « qu’iel est bizarre, qu’iel est gros-se ou qu’iel n’est pas fait-e pour nous ».

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Nous sommes les seul-e-s à savoir ce qui convient à notre cœur, ce qui donne de la chaleur à notre peau, ce qui abrite notre âme et ce qui donne de la musique à nos sourires. Allons de l’avant dans cette société en tenant notre amour par la main tel-le-s des briseur-se-s de glace dans la mer de l’hypocrisie, tel-le-s des cerfs-volants colorés qui n’ont pas besoin de vent pour voler…
 
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