La trichotillomanie dans l’enfance : le trouble de l’arrachage de cheveux

· 9 novembre 2018
La trichotillomanie est un trouble de l'enfance pouvant être très mal vécu.

Certaines personnes ont un besoin irrésistible de s’arracher les cheveux ou les poils de différentes parties du corps. La conséquence physique immédiate est une importante et notable perte de cheveux et de poils qui entraîne une alopécie à différents endroits (tête, sourcils…). Dans l’enfance, la trichotillomanie peut être un trouble particulièrement dérangeant.

Cependant, il est important de réaliser un diagnostic différentiel avec certaines maladies dermatologiques (les alopécies, par exemple) ou un autre type de problème de santé qui pourraient expliquer l’existence de ces zones chauves.

Caractéristiques cliniques dans l’enfance

  • On estime que la prévalence dans le milieu infantile est de 0,6% à 6%, même si elle varie en fonction de l’âge.
  • Il existe plus de cas chez les enfants entre deux et six ans.
  • La partie la plus affectée par l’arrachage est normalement la tête, surtout dans les zones temporales, frontales et pariétales. La trichotillomanie dans l’enfance peut aussi avoir lieu à d’autres endroits du corps, comme les sourcils, les cils, les aisselles ou même le pubis.
  • Lorsque les enfants s’arrachent les cheveux ou les poils, ils ont l’habitude de jouer avec. Beaucoup choisissent d’en faire des petites mèches ou boules pour s’amuser. D’autres se les mettent dans la bouche. Certains les cassent en poils ou cheveux plus petits; enfin, quelques enfants en font des petits tas et les jettent parce qu’ils ont peur d’être punis par leurs parents.
  • Cependant, dans d’autres cas, ce trouble s’accompagne de trichophagie : manger ses cheveux. En plus d’ajouter une dose de gravité au problème, ce trouble peut entraîner des complications digestives, que ce soit des obstructions sévères ou des nausées et vomissements.
enfant souffrant de trichotillomanie

Âge d’apparition

Si la trichotillomanie apparaît dans la première enfance, elle a tendance à se développer avant 2 ans ou à partir de 3 ou 4 ans. Au cours de cette étape de développement, l’enfant considère l’arrachage de cheveux et de poils comme une simple habitude. Comme s’il suçait son pouce. À cet âge, les enfants ne sont pas conscients de leur compulsion.

Moment d’apparition

Ce trouble surgit habituellement dans des périodes de tension familiale (parents en train de se séparer, procédure de divorce, disputes constantes…). Il peut aussi se développer lorsque les enfants sont calmes (au lit), s’ennuient ou sont fatigués. Il est donc important de les stimuler afin d’éviter de les voir mettre en place des automatismes nocifs pour leur santé physique et psychologique.

Chez les adultes, ce trouble peut être le résultat d’une situation de tension, d’anxiété et de stress. Ou, en accord avec un modèle « automatique », qui a lieu dans 75% des cas, apparaître dans des situations de fatigue, d’ennui ou de sédentarité (regarder la télévision, conduire, étudier…).

Ainsi, en fonction du degré de conscience au moment de l’arrachage de cheveux, nous pouvons établir une différence entre les patients qui réagissent de façon compulsive à des états émotionnels négatifs ou ceux qui le font de manière automatique, sans en être conscients, au moment d’activités sédentaires.

Causes de la trichotillomanie dans l’enfance

Il n’existe pas qu’une seule cause qui expliquerait ce trouble. Elles sont multiples et dépendent de chaque personne. Ces raisons peuvent englober un ensemble de facteurs psychologiques, génétiques, biologiques ou environnementaux.

Ainsi, il peut apparaître chez des enfants dont les parents ont déjà souffert de ce trouble. Un neurotransmetteur peut s’être trop développé ou pas assez. La trichotillomanie peut aussi être la conséquence de points externes comme la tension familiale, le stress, la dépression ou un état de privation affective, par exemple.

la trichotillomanie et l'arrachage de cheveux

Comment détecter ce trouble

Dans tous les cas, la présence d’alopécie dans certaines zones du cuir chevelu pousse le petit à s’isoler ou à se sentir complexéIl peut aussi souffrir de graves lésions dermatologiques ou infectieuses qui peuvent réellement devenir préoccupantes si le trouble ne disparaît pas. Il est donc essentiel que les parents sachent détecter la trichotillomanie.

En plus de cela, les enfants peuvent souffrir d’obstructions intestinales et de douleurs aiguës au niveau de l’estomac. Le fait qu’ils se tirent les cheveux ou les tordent est également évident; ils ont aussi tendance à nier ces actes. Leur tension augmente avant de s’arracher les cheveux et ils peuvent présenter d’autres comportements d’auto-agression.

Traitement

Normalement, la trichotillomanie dans l’enfance disparaît avant que le petit n’entre à l’école. Le soutien des parents est fondamental. Ils doivent prendre conscience du problème de leur enfant, l’aider et faciliter l’arrêt de l’arrachage de cheveux/poils.

Si le trouble ne s’arrête pas, le traitement peut parfois se faire avec des médicaments ou sur le plan psychologique, principalement à travers des thérapies cognitives comportementalesL’objectif de ces séances est d’éliminer cette mauvaise habitude en renforçant d’autres comportements alternatifs incompatibles avec le trouble, beaucoup plus adaptatifs et adéquats.