La thérapie intégrale de couple

· 27 janvier 2019
Qu'est-ce donc que cette thérapie ? En quoi consiste-t-elle ?

Selon Riva (2012), la thérapie intégrale de couple fait partie des thérapies de troisième génération. Cette thérapie se concentre sur les expériences privées (émotions et pensées), l’acceptation et le mindfulness. Elle prête aussi une attention particulière à l’analyse fonctionnelle du comportement comme façon d’évaluer les problèmes, prend en compte le contexte de naissance de ces derniers, les antécédents et les conséquences des comportements biaisés ainsi que l’histoire personnel des deux membres.

Comme le mentionne Cordova (2002), cette thérapie porte le nom de thérapie intégrale car elle intègre les techniques d’acceptation et les techniques propres à la thérapie comportementale de couple.

Ainsi, la thérapie intégrale de couple suppose l’évolution de la thérapie de couple comportementale traditionnelle (Jacobson et Margolin, 1979). En effet, elle incorpore un composant d’acceptation émotionnelle et ne se centre pas autant sur le changement de comportement. Cela la fait donc rentrer dans le paradigme des thérapies de troisième génération.

Les études signalent qu’il s’agit d’un traitement différent de la thérapie de couple comportementale traditionnelle et que les mécanismes de changement sous-jacents la rendent plus adéquate pour traiter les problèmes de couple.

« L’acceptation de ce qu’il s’est passé est le premier pas pour surmonter les conséquences d’un malheur. »

-William James-

thérapie intégrale de couple

La thérapie intégrale de couple comme thérapie de troisième génération

Acceptation

Les techniques d’acceptation sont employées pour aider les couples à ajuster leurs différences. Le but est qu’elles ne se transforment pas en sources de conflits chroniques. Les principales stratégies que l’on utilise selon Dimidjian, Martell et Christense (2008) sont les suivantes :

  • L’union empathique. L’objectif est d’essayer de diminuer les comportements négatifs du couple. Pour cela, on demande aux patients d’exprimer la douleur causée par ces comportements sans réaliser d’accusation et sans rejeter la culpabilité sur l’autre. Chaque membre doit dévoiler à l’autre les émotions que sa façon d’agir a déclenchées.
  • Détachement unifié. Le but est que le couple identifie les interactions qui font naître la frustration de chacun. Les deux personnes doivent observer les problèmes de couple d’un autre angle, en faisant une analyse profonde des choses qui font perdurer les comportements négatifs. Les patients doivent en parler mais en jouant le rôle de spectateurs.
  • ToléranceOn l’utilise quand les deux techniques antérieures ne fonctionnent pas. Le thérapeute aide le couple à élargir ses marges de tolérance. Il ne s’agit pas de revenir à la phase d’idéalisation qui se produit lors de la naissance du couple mais de faire une analyse juste. Chacun doit reconnaître les qualités de l’autre.

« Jamais au dessus de vous, jamais en dessous de vous, toujours à vos côtés. »

-Walter Winchell-

Mindfulness

De son côté, le mindfulness est une technique actuelle qui se base sur des idées très anciennes. Elle s’appuie sur différentes religions et philosophies orientales et occidentales, même si le bouddhisme exerce le plus d’influence sur cette technique. Le mindfulness fait référence à l’attention et la conscience pleine de l’ici et maintenant, sans procéder à des évaluations ou jugements.

Selon O’Kelly et Collard (2012), les relations, au fil de la vie, doivent subir différentes épreuves. Grâce à cette technique, on parvient à mieux gérer ces situations en mettant un terme aux effets qu’elles provoquent sur la relation de couple. Par ailleurs, chaque personne apprend à être consciente de la façon dont elle se lie à l’autre lors d’états émotionnels concrets. Enfin, le mindfulness améliore le contrôle de soi.

Etudes de thérapie intégrale de couple

Jacobson, Christensen, Prince, Cordova et Eldridge (2000) ont comparé la thérapie comportementale de couple à la thérapie intégrale. Les données qu’ils ont obtenues lors de leurs recherches signalent que les participants traités avec une thérapie intégrale ont été plus satisfaits avec leurs conjoints que ceux traités avec une thérapie comportementale.

Perissutti et Barraca (2013) ont obtenu des données similaires lors d’une étude postérieure. À partir de l’analyse de douze études, ils ont trouvé une légère amélioration chez les patients qui ont suivi une thérapie intégrale, aussi bien à la fin du traitement qu’au bout de quelques années. Cependant, ces mêmes auteurs ont découvert qu’après cinq ans de suivi, la thérapie intégrale et la thérapie comportementale obtiennent des résultats similaires.

« L’amour ne revendique pas la possession, mais donne la liberté. »

-Rabindranath Tagore-

thérapie intégrale de couple

Conclusion

Ce type de thérapie combine des techniques de la thérapie cognitive avec de nouvelles stratégies pour développer l’acceptation, en aidant à mieux connaître ses émotions et celles de l’autre. Cette thérapie considère que les personnes sont émotionnellement réactives aux divers comportements de leur conjoint. Elle essaye d’améliorer la confiance, l’intimité et la complicité dans la relation.

Lorsqu’il y a une plus grande acceptation, les personnes sont davantage disposées à réaliser des changements pour s’améliorer, s’adapter à l’autre, communiquer de façon plus claire et solutionner les conflits.

 

 

  • Álvarez, M. P. (2006). La terapia de conducta de tercera generación. EduPsykhé: Revista de psicología y psicopedagogía5(2), 159-172.
  • Jacobson, N. S., & Christensen, A. (1996). Acceptance and change in couple therapy: A therapist’s guide to transforming relationships. New York, NY: Norton
  • Gaspar, R. M. (2006). Terapia integral de pareja. EduPsykhé: Revista de psicología y psicopedagogía5(2), 273-286.