La théorie des réponses aux items (IRT)

L'hypothèse la plus importante de l'IRT nous informe que tout instrument de mesure doit être conforme à une idée.
La théorie des réponses aux items (IRT)

Dernière mise à jour : 11 mai, 2021

L’une des parties les plus importantes de l’intervention psychologique est l’évaluation. Celle-ci est souvent fortement conditionnée par les résultats des tests administrés. Ainsi, la théorie des réponses aux items (TRI) est l’une des théories de mesure des tests qui apparaît comme un complément à la théorie classique des tests.

Comme mentionné précédemment, la théorie classique des tests (TCT) et la TRI peuvent évaluer le même test. Chacune pourrait établir une pertinence ou un score pour chacun des éléments. Ainsi, cela pourrait donner un résultat différent pour chaque personne.

Il convient de noter que la TRI nous donnerait un instrument bien mieux calibré. Toutefois, ce paradigme est associé à un coût beaucoup plus élevé et à l’intervention de professionnels spécialisés.

L’objectif de ces deux théories de test est le même. Il s’agit de générer des instruments qui mesurent ce que nous voulons qu’ils mesurent avec le moins d’erreurs possibles. Ainsi, la psychométrie exige une certaine fiabilité et validité de tous les tests.

Rappelons qu’un test sera d’autant plus fiable (aura une plus grande fiabilité) qu’il reproduit bien les résultats lorsqu’il est mesuré par deux sujets – ou le même sujet à différentes occasions – qui ont le même niveau de mesure. D’autre part, la validité fait référence au degré auquel les preuves empiriques et la théorie soutiennent l’interprétation des résultats des tests.

Un homme qui passe un test.

Les limites de la TCT menant à l’émergence de la TRI

Sans déprécier les services rendus, qui ont été nombreux et utiles, l’approche classique de la théorie des tests présente certaines limites. Des lacunes qui exigent que nous fassions un pas en avant en termes de construction et d’évaluation des tests.

En TCT, les mesures ne sont pas invariantes par rapport à l’instrument utilisé. Ainsi, imaginons qu’un psychologue évalue l’intelligence de trois personnes avec un test différent pour chacune d’entre elles. Dans ce cas, les résultats n’ont pas pu être comparés. Mais pourquoi ?

En effet, chaque test a son propre barème. Ainsi, pour comparer, par exemple, l’intelligence d’un groupe de personnes qui ont été évaluées à l’aide de différents tests d’intelligence, il serait nécessaire de transformer les scores obtenus en d’autres scores échelonnés.

En ce sens, la TRI nous permet de comparer les résultats obtenus en utilisant différents instruments sur la même échelle. En outre, une autre limite de l’approche classique est le manque d’invariance des propriétés des tests par rapport aux personnes utilisées pour les estimer. L’approche de la TRI se charge également d’améliorer ce fait.

Les hypothèses de la théorie des réponses aux items (TRI)

Afin de remédier à ces limitations, la TRI doit formuler des hypothèses plus fortes et plus restrictives que la TCT. Elles sont au nombre de trois.

Première hypothèse

Ainsi, l’hypothèse la plus importante de la TRI nous informe que tout instrument de mesure doit être conforme à une idée. Cela signifie qu’il existe une relation fonctionnelle entre les valeurs de la variable mesurée par les items et la probabilité d’obtenir les items justes.

Cette fonction s’appelle la Courbe caractéristique de l’item (CCI). Il semble que la théorie des réponses aux items propose une idée nouvelle en ce qui concerne la TCT.

Elle repose sur l’idée que, par exemple, les questions les plus complexes d’un test d’intelligence ne seraient répondues que par les personnes les plus intelligentes.  D’autre part, une question à laquelle toutes les personnes évaluées répondent de la même manière n’aurait pas le pouvoir de discriminer entre plus ou moins d’intelligence chez un sujet.

Deuxième hypothèse

Une autre hypothèse de la TRI est que la plupart de ses modèles supposent que les items constituent une seule dimension. C’est-à-dire qu’ils sont unidimensionnels.

Ainsi, avant d’utiliser les modèles de la TRI, il est nécessaire de s’assurer que les données respectent cette unidimensionnalité. Il s’agit d’une restriction importante pour leur utilisation : de nombreux instruments utilisés par les psychologues ne recueillent pas de données uniquement sur une seule dimension.

Une femme qui passe un test.

Troisième hypothèse

Une troisième hypothèse des modèles de la théorie des réponses aux items est l’indépendance locale. Cela signifie que pour utiliser ces modèles, les éléments doivent être indépendants les uns des autres. En d’autres termes, la réponse à un élément ne peut pas être conditionnée par la réponse à d’autres éléments.

Cependant, si l’unidimensionnalité est satisfaite, l’indépendance locale l’est également (il n’y a pas d’interdépendance entre les items ou une variance partagée qui n’est pas liée à la dimension mesurée). Ainsi, les deux hypothèses sont parfois traitées ensemble.

Muñiz (2010) souligne l’importance des avancées dans le domaine de la psychométrie et de l’interprétation des tests. Il est donc logique que nous commencions à faire un pas de plus dans cette direction, puisque les tests analysés dans le cadre du paradigme TRI donnent, pour le moins, des résultats inquiétants sur la façon dont ils sont actuellement mesurés.

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  • Cuesta, M. y Muñiz, J. (1999). Robustness of item response logistic models to violations of the unidimensionality assumption. Psicothema, Vol. 11, 175-182
  • Muñiz, J. (1997) Introducción a la teoría de respuesta a los ítems. Madrid: Pirámide.
  • Muñiz, J. (2000). Teoría Clásica de los Tests. Madrid: Pirámide.
  • Muñiz Fernández, J. (2010). Las teorías de los tests: teoría clásica y teoría de respuesta a los ítems. Papeles del Psicólogo: Revista del Colegio Oficial de Psicólogos.