Logo image
Logo image

La peur d'être heureux

4 minutes
La peur d'être heureux est un obstacle au bien-être, un auto-sabotage fruit d'un cumul d'expériences négatives.
La peur d'être heureux
Sergio De Dios González

Relu et approuvé par le psychologue Sergio De Dios González

Écrit par María Hoyos
Dernière mise à jour : 21 décembre, 2022

Les phobies déterminées, comme celles générées par les araignées ou les hauteurs, sont assez habituelles. En revanche, ce qui n’est pas très fréquent, et semble moins logique, c’est de rencontrer quelqu’un qui a peur d’être heureux. Cette “répulsion” du bonheur, à entendre au sens de joie et de profit, peut supposer un obstacle au bien-être, et par conséquent, à la santé.

Cette phobie du bonheur peut puiser des origines très diverses, pouvant aller d’une éducation trop stricte à l’accumulation de beaucoup de responsabilités en passant par une solitude non désirée qui nous étouffe. Dans la suite de cet article, nous vous donnons des stratégies pour prendre votre revanche sur cette situation.

Comment cesser de nous auto-saboter ?

1. Identifier les habitudes autodestructrices

En premier lieu, la meilleure des choses à faire sera d’identifier toutes ces habitudes qui ont un caractère autodestructeur, que ce soit parce qu’elles font partie de notre routine ou parce que nous les avons adoptées exceptionnellement et qu’elles ont laissé une profonde trace en nous.

Une bonne idée, lorsque nous ressentons de la culpabilité ou une autre sensation qui nous accable, consiste à prendre note de la situation qui l’a stimulée. Ainsi, nous pourrons revenir à ce moment une fois que la brume sera passée et le reformuler. Ceci étant fait, il sera moins à même de venir gâcher nos moments agréables.

Some figure

2. Se battre contre soi-même alimente la peur

Certaines personnes fuient le calme, comme s’il s’agissait d’une tourmente. Elles ne conçoivent pas une vie sans inquiétudes, si bien que si elles ne voient rien, elles s’achètent des jumelles pour voir plus loin. Elles ne connaissent pas la paix, la tranquillité, le repos au-delà des heures de sommeil. 

Généralement, nous parlons de personnes qui poussent à l’extrême ce slogan disant : “mieux vaut prévenir que guérir”. Ainsi, elles foncent vers tous les dangers, en générant d’autres, puisque leur manière de procéder consiste, dans le fond, en une attaque sans trêve contre la santé.

3. Eviter et rejeter les limites

Parfois, nous nous imposons des limites qui ne sont qu’un simple artifice. L’un d’eux serait celui de “ne pas exprimer ce que l’on ressent ou ce que l’on pense”. Ainsi, lorsque l’on suit cette loi que nous nous sommes auto-imposée, nous empêchons les autres de nous connaître ou d’être ne mesure de nous aider.

De plus, ce manque d’expression émotionnelle ne fait pas référence aux émotions de valence négative, telles que la tristesse ou la colère. Aussi, souvent, et pour beaucoup, les émotions de valence positive doivent respirer dans une camisole de force. Ils pensent que lâcher du lest au bonheur est presque un pêché… Cela les inquiète, et les dévaste. Il s’agit précisément là de l’idée centrale de l’oeuvre la plus connue d’Umberto Eco, Au nom de la rose.

4. Faire confiance au bonheur en lui-même

Some figure

Un autre aspect important dont il faut tenir compte, c’est que le bonheur est peu lié à la justice. Il y aura des situations à l’occasion desquelles nous n’aurons pas accumulé de mérites et qui ne nous favoriseront pas, face à d’autres qui nous tourneront le dos. L’important en ce sens est donc de profiter de ce qui nous arrive.

Comment analyser la peur d’être heureux ?

Une fois que vous prenez conscience du fait que la peur d’être heureux n’est pas un problème réel et que vous pouvez y apporter une solution, essayez de trouver l’origine de la situation et des éléments qui, d’une certaine manière, alimentent votre état émotionnel. Ils seront votre objectif.

1. La thérapie est une grande aide face à la peur

Si vous sentez que le problème est un trou duquel vous ne parvenez pas à sortir ou que vous vous sentez de moins en moins bien quand vous vivez un moment de bonheur, vous pouvez consulter un thérapeute, qui vous aidera à analyser plus objectivement l’origine du problème ainsi que ses possibles solutions. Ne vous sentez pas honteux de prendre cette voie. Vous sentez-vous honteux lorsque vous allez chez le médecin ?

Si la peur d’être heureux se présente dans la majorité des domaines de la vie de la personne ou bien qu’on l’expérimente avec beaucoup de souffrance et d’angoisse, la meilleure des choses à faire consiste à consulter un professionnel.

2. Compter sur les gens que l’on aime

La famille et les amis seront un bon soutien pour solutionner les problèmes, ainsi que pour se libérer, voir les choses depuis un autre point de vue et compter sur l’opinion et le soutien sincère des gens qui nous apprécient. Par conséquent, partager vos sentiments avec vos amis ou les membres de votre famille peut vous être d’une grande aide pour voir la situation à laquelle vous faites face d’un point de vue différent.

De plus, le soutien et la compréhension des autres empêchera que puisse vous inonder un sentiment de solitude non désirée, et par conséquent cette peur d’être heureux. Finalement, ce soutien aura tendance à se rétro-alimenter. Si vous demandez de l’aide, il est probable que les autres aussi vous la demandent également, donnant alors lieu à des accords qui peuvent être bénéfiques pour tous.

 


Toutes les sources citées ont été examinées en profondeur par notre équipe pour garantir leur qualité, leur fiabilité, leur actualité et leur validité. La bibliographie de cet article a été considérée comme fiable et précise sur le plan académique ou scientifique


Schopenhauer, Arthur (2018). El arte de ser feliz. Disponible en: https://books.google.es/books?hl=es&lr=&id=7H1JDwAAQBAJ&oi=fnd&pg=PT3&dq=miedo+a+ser+feliz&ots=wAUXF6GqKh&sig=gbENCQlJZP7yagkR26RPwR4Nbc8&redir_esc=y#v=onepage&q=miedo%20a%20ser%20feliz&f=false


Ce texte est fourni à des fins d'information uniquement et ne remplace pas la consultation d'un professionnel. En cas de doute, consultez votre spécialiste.