La peur de souffrir est pire que la souffrance elle-même

· 17 août 2016

Emilio Duró , dans l’une de ses conférences les plus célèbres, appelée « Optimisme et illusion », nous dit que 99% de tout ce qui nous préoccupe n’est pas constitué de choses qui se sont passées ou qui sont à venir.

En effet, une grande partie de notre souffrance et de ses causes vient de l’intérieur de notre cerveau.

La plupart du temps, nous avons juste peur de souffrir.

La peur est une réaction très humaine, qui fait partie de notre instinct de survie naturel, mais à certaines occasions elle nous trahit et s’active face à des situations qui ne représentent pas un véritable danger.

Dans ces situations précises, nous devons apprendre à contrôler nos peurs.

“Tout ce que vous avez toujours aimé est de l’autre côté de la peur. »
-George Adair-

Nous avons tendance à souffrir davantage de la simple idée de la souffrance que face à un événement qui peut nous causer une souffrance réelle.

De nombreuses personnes ont peur d’aimer ou de tomber amoureuses par peur de souffrir ensuite, et se cachent derrière une carapace pour se protéger, sans se rendre compte qu’elles s’interdisent ainsi d’être elles-mêmes et de connaître l’amour véritable.

Le fonctionnement de la peur dans notre cerveau

Pour savoir comment fonctionne la peur dans notre cerveau, des chercheurs du Centre de Santé Mentale de l’Université du Texas, à Dallas aux États-Unis, ont décidé de mener une étude.

Ils ont pu compter sur la participation de 26 adultes (19 femmes et 7 hommes), âgés de 19 à 30 ans.

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L’expérience menée a été relativement simple : les scientifiques ont montré 224 images au hasard aux participants, parmi lesquelles se trouvaient des images réelles (divisées en images dangereuses et en images agréables) et des images fictives, totalement abstraites, qui ne représentaient ni la peur, ni la quiétude.

Ils ont demandé aux participants d’appuyer sur un bouton avec leur index droit lorsqu’ils voyaient une photo réelle et de faire la même chose avec leur majeur droit lorsqu’ils voyaient des images non-réelles.

L’expérience s’est déroulée sous le contrôle d’électro-encéphalogrammes.

“La couardise nous vieillit plus que le temps, les années ne rident que la peau, mais la peur ride l’âme. »
-Facundo Cabral-

Les résultats des électro-encéphalogrammes ont révélé que les images menaçantes provoquaient une augmentation précoce de l’activité des ondes thêta du lobe occipital (la zone du cerveau qui traite l’information visuelle).

Puis, une augmentation de l’activité thêta du lobe frontal (qui est en charge des fonctions mentales supérieures, comme la prise de décision et la planification) a été également observée.

De la même manière, il a été prouvé qu’une augmentation des ondes bêta se produisait dans le cerveau des personnes testées, ce qui montre une relation claire avec le comportement moteur.

Les scientifiques sont arrivés à la conclusion que le cerveau donne la priorité aux informations menaçantes sur la totalité des autres processus cognitifs.

L’expérience nous montre ensuite comment ces informations sont traitées par notre encéphale.

N’ayez plus peur de souffrir

Pour cesser d’avoir peur de souffrir, il n’existe pas de formules magiques.

Il n’y a pas de manière d’y parvenir et d’oublier tout ce qui pourrait se passer dans notre existence, mais certaines réflexions peuvent nous aider à laisser de côté ces peurs, qui sont bien souvent totalement irrationnelles.

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Choisir de ne plus avoir peur signifie gérer nos émotions et parvenir à empêcher qu’elles nous dominent.

Pour cela, nous devons mieux nous connaître et être en paix avec nous-mêmes. Il est important de mener à bien un processus qui nous permet de réfléchir à nos sentiments et aux raisons qui les provoquent.

Identifiez votre souffrance

Pour lutter contre la peur de souffrir, il est essentiel de ne pas tomber dans le déni et d’être conscients que nous souffrons.

Dans ce sens, pour atteindre une vision objective des choses, nous pouvons nous observer en prenant du recul, pour nous rendre compte de ce que nous pensons, du moment où nous le pensons et de notre façon de réagir face à cela.

De la même manière que cette introspection est nécessaire, nous devons également mener à bien une observation externe, en regardant notre corps et en essayant de comprendre ce que nous essayons de transmettre.

A ce moment, demandez-vous : qu’est-ce que mon corps essaye d’exprimer ? Écoutez votre corps et identifiez les raisons de votre souffrance.

Choisissez de ne plus souffrir

Une fois que vous avez réalisé cette double analyse interne et externe, il est grand temps de décider de ne plus souffrir.

Pour cela, vous pouvez commencer par laisser de côté les pensées négatives qui envahissent régulièrement votre esprit, comme : « Je ne pourrais jamais surmonter cela », « Je ne le mérite pas », « Je n’ai pas assez de temps », « Cela n’en vaut pas la peine ».

“Une goutte de pur courage vaut plus qu’un océan de lâcheté. »
-Miguel Hernández-
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Au-delà de ces pensées négatives, il est également important de surmonter toutes ces pensées limitantes qui peuvent nourrir votre vision négative de l’existence.

En voici un exemple : « Souffrir par amour est la meilleure façon de prouver que je ressens un amour véritable ».

Laissez de côté toutes ces croyances négatives et vous vous débarrasserez petit à petit de toute la souffrance qui vous envahit pour poursuivre votre chemin vers le bonheur.

Exprimez ce que vous ressentez

Il est tout à fait normal d’avoir peur de souffrir et d’être également angoissé à l’idée de devoir l’exprimer devant d’autres personnes.

Mais ne pas exprimer nos émotions les plus profondes, comme nos peurs, n’est pas une bonne chose.

Nous devons être courageux et honnêtes avec les autres, ainsi qu’avec nous-mêmes.

Dire ce que nous ressentons, mettre des mots sur nos peurs, sont des actes qui demandent un grand courage car ils nous permettent de briser les barrières qui nous limitent et de décharger le poids qui nous fait souffrir.

En agissant ainsi, vous pourrez enfin profiter de toutes les bonnes choses de la vie.