La manie d’être toujours occupé

· 19 juin 2016

Nous nous trouvons à une étape de l’évolution humaine où nous comprenons et on nous apprend que pour “faire partie du monde”, il faut être “constamment occupé”.

C’est quelque chose qui ne doit pas nous étonner puisque, si on lançait le défi à quelqu’un de demander à une autre personne comment va sa famille, il ne saurait certainement pas répondre.

Il ne saurait même pas vous dire comment il se sent sur le plan émotionnel. Pourquoi ? Parce qu’il manque de temps et qu’il est constamment occupé.

On pense habituellement : “Plus on en fait, plus on est important”, et cela vient du fait que l’on vit dans une société matérialiste qui donne la priorité à “plus on a de choses, plus on est grand”.

Peu d’entre nous ont cette prise de conscience intérieure, celle qui nous montre véritablement qui nous sommes et pour quoi nous sommes là.

Faisons-nous face à à une maladie de type social ? Selon plusieurs études sociales réalisées, la réponse est oui.

“Cueille dès maintenant les fleurs de la vie

car la mort est si pressée

que le frêle bouton qui s’ouvre aujourd’hui
aura bientôt trépassé…”

-Walt Whitman-

Les enfants souffrent aussi de cette maladie

Vous questionnez les gens sur leur état émotionnel et ils vous répondent, fatigués : “Je suis très occupé et j’ai mille choses à faire… ou je n’ai pas le temps de penser à ça.”

Il est déjà compliqué pour nous de nous en rendre compte, mais il est vrai aussi que nos enfants et adolescents prennent très tôt des manies qui détruisent une qualité de vie où mettre la priorité sur le développement personnel au niveau du temps devrait être une tâche quotidienne.

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Nous vivons selon des normes et des espaces temporels réduits qui nous poussent à rechercher la perfection organisatrice et mentale, ce qui nous fait perdre en même temps une partie de nous.

Le défi que je vous lance ici est d’abord de vous poser les questions suivantes : Comment en sommes-nous arrivés à vivre ainsi ? Quand avons-nous oublié que nous sommes des “êtres” humains et non des “faire” humains ?

Cette manie d’“être toujours occupé” est intrinsèquement destructrice pour notre santé et notre bien-être.

Elle affaiblit notre capacité à nous concentrer complètement sur ceux que nous aimons le plus et on devient alors ce type de société qui en demande tant, paradoxalement.

Le fait d’être constamment actif et de réaliser des tâches que nous nous imposons à nous-mêmes ne nous permet pas de réfléchir, d’être et de devenir des humains complets.

La technologie, notre alliée pour “être toujours occupé”

À partir des années 50, la nouvelle ère des innovations technologiques s’est imposée, celle des produits qui ont promis de rendre notre quotidien plus facile ou plus simple.

Même ainsi, actuellement, nous avons toujours autant de temps disponible et encore moins qu’il y a quelques décennies. 

Pour certains d’entre nous, “les privilégiés”, les frontières entre le travail et la vie personnelle disparaissent.

Nous sommes toujours avec un smartphone ou une tablette, sans déconnecter et sans nous permettre d’être présents.

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Pour quelques personnes, la réalité est différente car nous avons besoin de deux métiers différents pour nourrir notre famille. 20 % des enfants aux États-Unis vivent dans la pauvreté et leurs parents travaillent souvent pour des salaires très bas pour leur permettre de vivre dignement et pouvoir subvenir à leurs besoins.

Nous pourrions considérer que ces personnes sont véritablement occupées.

Dans certaines cultures musulmanes, pour demander à une personne comme elle va, on dit en arabe : ¿Kayf haal-ik?, ou, en perse, ¿Haal-e shomaa chetoreh? Haal est un mot pour demander dans quel état spirituel se trouve le cœur de quelqu’un. La traduction dans notre langue serait alors : “Comment va ton cœur, en ce moment ?”.

Voilà pourquoi notre “comment vas-tu ?” signifie exactement ce que nous voulons savoir de l’autre personne.

Quand nous demandons comment va le cœur de quelqu’un, ça ne nous intéresse pas de savoir combien d’e-mails il lui reste à traiter ou le temps qu’il met à faire cela dans son travail.

On demande sincèrement comment va votre âme, si elle se sent bien, s’il est en bonne santé. Si vous vous souvenez encore que vous êtes un être humain ici et maintenant.

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Nous vous invitons, comme remède à cette manie d’“être toujours occupé”, de mettre votre main sur l’épaule de la personne que vous aimez, de la regarder dans les yeux et d’entrer en connexion avec elle quelques instants. 

Racontez-lui ce que vous demande votre cœur et connectez avec le sien. Nous avons tous besoin, à un moment donné, de nous souvenir que nous sommes des êtres humains qui avons besoin de l’essence des autres pour nous sentir plus vivants et comblés.

“Certains sont prêts à faire n’importe quoi, sauf à vivre ici et maintenant.”
-John Lennon-