La colère et la haine sont des émotions que l’on vainc soi-même

· 29 mai 2016

Un enfant était toujours de mauvaise humeur, il ressentait de la haine et se battait avec ses camarades d’école.

Un jour, son père lui demanda d’enfoncer un clou dans la porte de sa chambre chaque fois qu’il se disputait avec un camarade.

L’enfant planta plein de clous dans la porte, mais comme c’était très difficile, il arrêta de se disputer avec ses camarades.

Son père lui demanda d’enlever un clou chaque jour où il ne se mettait pas en colère, et l’enfant le fit.

Mais son père lui montra ensuite les trous laissés par les clous dans la porte et lui dit : “N’oublie jamais que la colère et la haine laissent des traces dans notre cœur.” 

“La colère est un acide qui fait bien plus de ravages au récipient qui le contient qu’à tout ce sur quoi vous pourriez le verser.”
-Mark Twain-

La colère et la haine comme problème

Une personne peut ressentir de la colère et de la haine en réaction à l’irritation ou à la rage causée par l’indignation de sentir qu’on enfreint ses droits. 

Nous nous sommes tous déjà indignés parce que quelque chose d’injuste s’était produit dans notre entourage (un politique qui a agi frauduleusement, une femme qui a été maltraitée), et cette indignation face à une injustice est respectable.

Mais on parle de problème quand la colère et la haine surviennent pour camoufler notre peur, ou quelque chose que nous avons mal fait.

Dans ces cas-là, quand l’indignation n’est plus destinée à réagir face à une injustice, elle devient une simple manifestation d’ego, qui se montre incapable de contrôler et de gérer correctement ses émotions.

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La colère et ses causes

Selon Raymond Novaco, psychologue expert en gestion de la colère,  la colère est une émotion qui possède une importante fonction communicative parce qu’elle nous permet d’exprimer nos émotions négatives, mais on la confond souvent avec l’agression.

La limite entre l’une et l’autre est parfois ténue.

Novaco soutient qu’il existe quatre types essentiels de provocation qui peuvent causer notre indignation :

  • La frustration ou l’impossibilité à satisfaire un besoin ou un désir peut générer chez nous des sentiments de colère, comme par exemple quand après avoir obtenu une mauvaise note à un examen, une personne manque un rendez-vous.
  • Les contrariétés, comme un bruit à l’étage du dessus qui nous empêche de dormir, ou une clé que nous avons perdue et que nous ne retrouvons pas, peuvent générer de la colère.
  • Les provocations verbales ou non verbales, si nous les prenons personnellement, peuvent nous mettre en colère.
    Par exemple, un commentaire sarcastique d’un ami ou une voiture qui nous double très vite et qui nous klaxonne.
  • Le manque de correction et l’injustice, comme une critique déplacée de quelqu’un envers nous, ou un événement injuste comme la mort de quelqu’un de façon violente, peuvent également être sources de colère.

Symptômes et conséquences de la colère et de la haine

Derrière la colère et la haine, se cachent la faible estime de soi, l’insécurité, l’immaturité émotionnelle, l’égocentrisme, l’impatience, la manque de tolérance ou la frustration.

Derrière la colère démesurée et incontrôlée, il y a toujours un enfant (un être immature et irréfléchi), frustré et peureux qui, selon le psychologue Bernabé Tierno, pour se libérer de sa propre peur, se donner du courage et faire peur à son tour, a recours à l’indignation, la fureur et la violence destructrice.

Qu’il s’agisse d’un adolescent de 16 ans ou d’un adulte de 50 ou 70 ans, ses peurs l’amènent à se comporter comme un enfant de 3 ans, capricieux et craintif, qui se met en colère parce qu’on lui a pris son jouet.

La colère est la carapace derrière laquelle une personne peut se protéger quand ses désirs ne se réalisent pas.

“La colère est un poison que l’on boit en espérant que quelqu’un d’autre meure.”
-William Shakespeare-

La colère et la haine qu’une personne développe peut avoir des conséquences néfastes comme des relations superficielles avec les autres ou basées sur la domination, le besoin d’obéissance, la culpabilité et le remords, la solitude, le manque d’empathie avec les autres, le fait de croire qu’on détient toujours la vérité.

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Comment agir face à une personne colérique

Quand nous sommes la proie de la colère et de la haine de quelqu’un, mieux vaut s’éloigner. 

Mais parfois, ce n’est pas possible, alors il faut prendre des mesures simples pour ne pas se laisser atteindre par la colère et la haine de cette personne :

  • Ne la laissez pas vous attaquez quand elle le veut.
  • Ne perdez pas de votre temps à la contredire.
  • Souvenez-vous que vous êtes fort et que celui qui crie est faible.
  • Si la situation vous fait perdre le contrôle, c’est le moment de vous en extirper. Réfléchissez-y ensemble que quand elle se sera apaisée.
“N’importe qui peut se mettre en colère, c’est facile. Ce qui est difficile, c’est de se mettre en colère face à la bonne personne, dans la bonne mesure, au bon moment, pour un bon motif et de la bonne façon.”
-Aristote-