L'histoire des deux souris, un conte sur la fierté

09 octobre, 2020
Ce conte sur la fierté nous parle du vrai chemin du bonheur. Chercher à posséder plus de biens ne sert parfois qu'à attirer plus de problèmes ou simplement à créer l'illusion d'être au-dessus des autres, alors que ce n'est pas le cas.

Ce conte sur la fierté nous parle de deux souris qui étaient de grandes amies, même si elles avaient un caractère très différent. L’une d’elles était sereine, très agréable et amusante. L’autre, en revanche, était assez ambitieuse et aimait se montrer aux autres. Malgré cela, les deux s’aimaient et appréciaient le temps qu’elles partageaient.

Un matin comme les autres, la souris la plus prétentieuse arriva chez son amie. Elle portait un petit sac avec ses affaires et avait une expression différente. Elle était venue lui dire au revoir. Elle en avait marre de cet endroit où personne ne progressait. Elle voulait aller en ville pour chercher fortune. Elle n’était “pas faite pour une vie si misérable”.

L’histoire nous raconte que l’humble souris ressentit une grande tristesse quand elle vit son amie partir. Cependant, elle lui dit au revoir en lui souhaitant de nombreux succès dans la ville. Elle lui dit également de ne pas l’oublier et qu’elle espérait la voir bientôt.

“La nature des hommes orgueilleux et vils est d’être insolente dans la prospérité et abjecte et humble dans l’adversité .”

Nicolas Machiavel

Découvrez l'histoire des deux souries.

Une rencontre heureuse entre deux souris

Quelques mois passèrent et chacune des souris continua sa vie. Quand elle s’y attendait le moins, la souris de la ville revint. La première chose qu’elle fit fut d’aller chez son amie. Les deux s’embrassèrent, mais très vite la fière souris commença à monopoliser la conversation avec ses plaintes.

Elle dit à son amie que la maison de l’humble souris était trop étroite. Elle souligna également la gamme limitée de possibilités offertes par le lieu. Dans la ville où elle vivait, une telle pauvreté n’existait pas.

C’était même tout le contraire. Les équipements abondaient et la nourriture n’était pas rare. L’humble souris la regarda bouche bée. Le paysage dessiné par son amie lui semblait extraordinaire.

Selon ce conte sur la fierté, la souris de la ville était vêtue d’un beau manteau. Elle avait également mis un monocle sur son œil, sentant que cela affinait son apparence.

L’humble souris avait un peu honte de ne pas avoir quelque chose de mieux à offrir à son amie. Cependant, elle sentait que quelque chose n’allait pas : pourquoi, si elle était si heureuse, était-elle si mécontente de tout ?

Un conte sur la fierté

L’histoire de la fierté prit une tournure inattendue lorsque l’humble souris demanda à son amie de lui permettre de lui rendre visite pendant quelques jours. Elle était très curieuse de connaître ces grandes merveilles que l’autre avait déposées dans son imagination. D’un air désobligeant, la souris de la ville accepta. Il lui faudrait quelques jours en ville pour voir ces merveilles.

Les deux amis partirent très tôt. Une fois arrivées chez la souris de la ville, l’autre souris ne pouvait pas en croire ses yeux. C’était en effet un gigantesque manoir, tout était élégant. Il y avait de magnifiques tapis et de superbes meubles.

La souris de la ville lui dit qu’elle n’avait pas encore vu le meilleur : la cuisine. Son amie était bouche bée. Les deux arrivèrent à la cuisine et immédiatement l’humble souris sentit l’odeur parfumée d’un morceau de jambon.

Sans réfléchir, elle se rendit à l’endroit d’où émanait l’arôme, mais son amie la prévint. “Stop !”, lui dit-elle. “Toute souris de la ville sait qu’un morceau de jambon sur le sol ne signifie qu’une chose : du poison. Ne le mange pas.”, ajouta-t-elle.

L'histoire des deux souris, un conte sur la fierté.

Une fin qui invite à la réflexion

L’histoire raconte que l’humble souris remercia son amie de lui avoir sauvé la vie. Peu de temps après, elle vit que près du réfrigérateur se trouvait un fabuleux morceau de fromage. Elle s’approcha pour le goûter, mais encore une fois, son amie de la ville l’arrêta net. Ce morceau de fromage était l’appât d’un piège. Il ne fallait pas aller le chercher.

Aaffamée, l’humble souris choisit de rester immobile.  Son amie était sur le point de lui dire quelque chose lorsqu’un chat bondit sur elles ; les deux amies n’eurent pas d’autre choix que de courir. La poursuite dura longtemps, jusqu’à ce qu’elles trouvèrent un petit trou dans lequel elles purent se cacher. Elles y restèrent toute la nuit, presque sans respirer.

Le lendemain, elles sortirent de la cachette et la souris de la ville dit à son amie de retourner à la cuisine. L’humble souris refusa. Maintenant, elle comprenait pourquoi son amie n’était pas heureuse malgré une telle abondance. Elle comprit que tout avait un prix et que le prix de tant de luxe était le malaise et le danger.

Elle décida donc de rentrer chez elle. L’histoire dit que l’humble souris ratifia quelque chose qu’elle savait déjà : le vrai bonheur se trouve dans une vie simple.

  • Quevedo, F. D. (1985). Virtud militante contra las quatro pestes del mundo, invidia, ingratitud soberbia, avarizia, ed. A. Rey, Santiago de Compostela, Universidad.