Une mère avant d’être une amie

11 juillet 2017 dans Psychologie 107 Partagés

Être mère est l’une des plus belles expériences qui existe. Cela ressemble à une phrase toute faite, mais ce n’est pas le cas. Le fait de concevoir un petit être et de le voir naître dépasse largement le champ de la biologie. Ressentir cette chaleur, cet instinct de protection et de tendresse est une chose difficile à esquiver. Le chemin qui commence est un chemin menant tout droit à l’inconnu. On sait que l’on n’y vivra pas que des moments agréables… et que l’incertitude, le changement de routine et la pression du chemin “jugé correct” seront bien présents. Par ailleurs, en fonction de la décennie où nous naissons, les conseils et règles pour élever un enfant peuvent être complètement différents.


“Le cœur de la mère est le seul abri d’un sentiment qui ne se brise jamais ; on peut toujours compter dessus, en toute circonstance et en toute sécurité.”

-Paolo Mantegazza-


Nous nous retrouvons actuellement dans une montagne russe d’opinions par rapport aux normes de comportement des mères, des qualités qu’elles doivent avoir et des résultats qu’elles doivent atteindre. Chaque semaine ou presque, nous pouvons lire dans des articles ou des livres qu’il existe plusieurs chemins que nous devrions emprunter pour élever notre enfant. Être plus ou moins laxistes, lui donner le sein ou non, le faire dormir dans notre chambre ou dans une chambre à part, voici des débats qui font s’affronter des défenseurs de chaque point de vue.

Différents types de mères

Au sein du conflit à propos de la définition de “mère”, nous retrouvons différents modèles d’éducation. Dans le livre Mamans parfaitement imparfaites, on nous présente cinq types de mères :

  • Celle qui contrôle : c’est celle qui essaye de s’occuper de tout dans la vie de ses enfants, que ce soit au niveau scolaire, familial ou social. Elle prend les décisions à leur place et ne comprend pas le concept de vie privée.
  • La perfectionniste : celle qui se concentre sur les résultats. L’essentiel est que l’image des enfants soit parfaite et qu’ils comblent les attentes de leur mère. Celle-ci ne respecte pas leurs mauvais moments, leurs difficultés, leurs peurs ou leurs doutes.
  • La mère complice : la mère qui finit par s’approprier les horaires, les habitudes, le vocabulaire et même les ami-e-s de ses enfants.
  • Celle qui aime la compétition : cette mère n’accepte pas que ses enfants soient meilleurs qu’elle dans certains domaines de la vie. Elles les corrigent d’une façon condescendante et ne les guident pas : elles entrent en compétition avec.
  • Celle qui s’approprie tout : elle ne prend pas de distance par rapport à ce qui arrive à ses enfants et par rapport à ce qu’elle ressent. Tout devient une affaire personnelle.

Ce ne sont que quelques exemples. Même si nous pouvons cataloguer et étiqueter les types de relation, la vérité est qu’il existe autant de types de mères que de femmes. Elles peuvent traverser des moments de doutes et, selon l’âge de leurs enfants, devenir perfectionnistes après avoir eu une période où elles contrôlaient tout.


“Il n’existe pas de mère parfaite, mais il y a un million de façons d’être une bonne mère”.

-Jill Churchill-


Une mère avant d’être une amie

On entend de plus en plus de commentaires à propos de mères qui manifestent le désir d’être les amies de leurs filles. L’amitié, selon le Larousse, est un “sentiment d’affection entre deux personnes ; attachement, sympathie qu’une personne témoigne à une autre”. La fonction d’un-e ami-e est d’écouter, de divertir, de soutenir, d’être complice, de sanctionner, de conseiller ou d’accompagner. Tout cela, à première vue, pourrait coïncider avec une mère.

Cependant, il existe une chose qui les distingue. La figure maternelle doit être un exemple, un modèle. La mère doit être une guide. Elle est la principale figure de référence (aux côtés du père) et, sauf exceptions, tisse toujours le lien le plus puissant qui existe chez les humains : l’amour. La relation entre parents et enfants se construit sur la base de l’attention reçue, du sentiment de protection et de soutien au cours des premières étapes de la vie – quand nous sommes les plus vulnérables -. La structure émotionnelle des petits se développera grâce à cette base.

La valeur d’une mère

Normalement, la volonté d’être amie avec vos enfants apparaît au moment de l’adolescence ou après cette étape. Il s’agit du moment où notre enfant commence à acquérir une plus grande autonomie et à revendiquer sa place dans le monde.

La peur de ne pas savoir, de perdre le contrôle ou le besoin de leur faire sentir qu’ils peuvent faire confiance aux adultes poussent beaucoup de mères à vouloir être les amies de leurs enfants. Mais, en réalité, il y a des moments dans la vie où avoir confiance en quelqu’un ne signifie pas devoir tout lui raconter. Il faut savoir accepter le fait que les enfants font leurs propres erreurs et que nous ne pourrons pas toujours contrôler tout ce qu’ils font.


“Ma mère avait beaucoup d’imagination et une vision particulière du monde. Elle n’était pas très cultivée mais extrêmement romantique ; elle m’a initiée aux récits de voyages. […] Ma mère ne lisait pas de la bonne littérature, elle n’était pas cultivée, mais son imagination m’a ouvert d’autres portes. Nous avions un jeu : “Regarder le ciel, chercher une forme dans les nuages et inventer de grandes histoires”. Cela se passait à Banfield. Mes amis n’avaient pas cette chance. Leurs mères ne regardaient pas les nuages.”

-Julio Cortázar-


Les enfants ont besoin d’avoir des secrets, de se faire disputer, d’entendre un “non”, de recevoir des ordres et de respecter des limitesUn-e ami-e ne se charge pas de tout cela. Un-e ami-e est choisi-e, abandonné-e ou oublié-e. C’est pour cela qu’on retrouve souvent le terme “d’affection désintéressée” dans la définition de l’amitié.

Une mère, elle, fait preuve d’intérêt. Un intérêt personnel et pur, celui de transmettre des valeurs, d’enseigner et de guider. Mais elle doit aussi laisser un espace personnel à ses enfants quand ceux-ci en ont besoin. Vous devez savoir laisser la porte ouverte pour qu’ils sachent qu’ils peuvent compter sur vous si l’option qu’ils avaient choisie ne les aide pas à avancer ; vous devez aussi savoir attendre au lieu de foncer pour les interroger. Personne n’a dit que c’était facile, et c’est bien pour cela que l’éducation représente un véritable défi.

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