Irena Sendler, biographie d’un ange polonais

· 5 mars 2019
Découvrez une part de l'histoire de cette femme épatante !

Irena Sendler travaillait en tant qu’infirmière dans le département de Bien-être Social de Varsovie, le plus grand organe qui gérait les cantines communautaires de la ville, lorsque l’Allemagne a envahi la Pologne en 1939. Discrète et courageuse, Sendler a sauvé la vie de plus de 2500 enfants au cours du conflit armé mais ses actes n’ont été connus que des années plus tard. C’est un groupe d’étudiants des Etats-Unis qui a découvert cette héroïne alors qu’ils réalisaient un travail sur l’Holocauste.

L’histoire d’Irena Sendler est tombée dans l’oubli pendant presque un demi-siècle. Notre protagoniste a toujours été une femme courageuse mais on ne la connaissait pas en-dehors de son pays. Elle n’était pas non plus trop mentionnée par les médias et les historiens polonais. Cela est en grande partie dû aux années d’obscurantisme communiste qui, selon les études réalisées, avaient effacé son geste des livres d’histoire.

Premières années

On ne sait que peu de choses sur son enfance. Son père était un médecin de campagne qui est décédé quand elle avait 7 ans. C’est lui qui lui a inculqué les valeurs qui lui ont permis de sauver des milliers de vies humaines. Le grand courage d’Irena vient de son père. Elle s’est toujours souvenue de deux règles qu’il lui avait apprises et qu’elle a respectées tout au long de son existence: toujours aider ceux qui en ont besoin et travailler pour le bien de la communauté. Cette femme se caractérisait par sa discrétion. Elle se limitait à faire son travail et à aider ses semblables.

Irena est née à Varsovie en 1910. Elle a toujours ressenti une profonde sympathie pour la population juive qui, juste avant l’éclatement de la Seconde Guerre Mondiale, était opprimée par le gouvernement polonais. Lorsqu’elle a commencé sa carrière d’infirmière, elle a décidé de lutter contre les discriminations envers les Juifs. Cela l’a menée à être expulsée de l’Université de Varsovie pendant trois ans; elle a malgré tout réintégré la faculté et réussi à terminer ses études après ce laps de temps.

Irene Sendler

 

Le travail humanitaire d’Irena Sendler

En 1939, alors que la Pologne était envahie par les Allemands, Irena travaillait en tant qu’infirmière à Varsovie. Elle s’occupait des cantines communautaires. Elle s’efforçait inlassablement de soulager la souffrance de milliers de personnes. Grâce à elle, ces cantines fournissaient de la nourriture aux orphelins, aux personnes âgées et aux pauvres. On leur remettait aussi des vêtements, des médicaments et de l’argent.

En 1942, en réponse à la création d’un ghetto à Varsovie de la part des nazis, Sendler s’est engagée au Conseil pour l’aide aux Juifs, connu sous le nom de Zegota.

Effarée par les atrocités auxquelles elle faisait face au quotidien, elle n’a pas tardé à proposer aux familles juives de sortir leurs enfants du ghetto. Son objectif était de les voir survivre au génocide. De nombreuses mères acceptaient l’aide d’Irena avec résignation, même en sachant qu’elles ne reverraient plus leurs enfants. Et c’est ainsi que le travail humanitaire de Sendler a commencé.

Pour l’évacuation des enfants, elle utilisait tous les subterfuges possibles. En fait, elle a réussi à sortir des petits dans des sacs poubelle, des cercueils, des ambulances ou en les faisant passer pour des malades du typhus.

Pendant un an et demi, plus de 2500 enfants ont disparu du ghetto. Irena s’est pour cela servi d’une accréditation du bureau sanitaire de Pologne, car les Allemands n’osaient pas surveiller les infirmières par peur d’être infectés.

Les archives Sendler

Son héroïsme a continué après avoir réussi à sortir de nombreux enfants du ghetto. Le désir de les voir un jour retrouver leurs proches, son histoire personnelle et, en définitive, ses racines, étaient ses principales sources de motivation. C’est pour cela qu’elle a créé des archives afin d’enregistrer chaque enfant et l’identité des familles qui les recueillaient. Pour plus de sécurité, elle introduisait toutes les données dans des pots en verre et les enterrait dans son jardin.

Les nazis ne mirent pas longtemps à découvrir ses activités altruistes. En 1943, Gestapo l’arrêta. Malgré la torture subie, elle ne révéla à aucun moment les données des enfants et les noms de ses collaborateurs. Elle fut finalement condamnée à mort mais, grâce à l’aide d’un soldat nazi, put s’échapper de prison. Son nom était noté dans la liste des personnes exécutées mais ce ne fut pas un obstacle pour la suite de son travail: elle avait en effet pris une nouvelle identité.

Une fois le conflit terminé, Irena Sendler remit la liste des noms qu’elle avait enterrée dans le jardin au Comité de secours des Juifs survivants. Cependant, au moment de réintégrer les enfants dans leur famille, on se rendit compte que beaucoup de ces dernières avaient été tuées dans les camps de concentration. Certains enfants allèrent donc dans des familles d’adoption et d’autres dans des orphelinats. Ces derniers finirent par être déplacés en Palestine.

Irene Sendler

 

Irena Sendler: reconnaissance et décorations

Après des décennies de vie anonyme, les journaux ont publié sa photographie. Beaucoup de personnes reconnurent alors l’infirmière qui leur avait sauvé la vie. Irena Sendler reçu la décoration la plus importante de Pologne: celle de l’Ordre de l’Aigle Blanc. En 2007, elle fut candidate au Prix Nobel de la Paix mais ne le remporta pas. Elle décéda le 12 mai 2008 à l’âge de 98 ans.

Sendler n’avait jamais pensé recevoir un hommage pour son altruisme ou pour avoir supporté les tortures des nazis. Et encore moins pour avoir passé des décennies poursuivie par le régime communiste. Cela lui importait peu. L’aide qu’elle avait apportée aux autres était plus importante que n’importe quelle reconnaissance.

« Ces actes ont été la justification de mon existence sur Terre, pas un titre pour recevoir de la gloire. »

-Irena Sendler-

 

  • Bilvao, P., & Paola, L. (2012). Irena Sendler. Una enfermera ejemplo de amor a la libertad. Investigación y Educación en Enfermería30(2).
  • Del Valle, M. (2008). Irena sendler. La enfermera heroína del ghetto de varsovia. Revista Científica de la Sociedad Española de Enfermería Neurológica27(1), 31-33.
  • Orozco, L. A. (2011). Irena Sendler,“el ángel del Gueto de Varsovia”. Ecclesia25(1), 117-119.