Intervention psychosociale en santé mentale

14 septembre 2019
En dépit de la croissante normalisation de la maladie mentale, l'intervention psychosociale dans ce domaine demeure une grande inconnue. Nous souhaitons ainsi évoquer le rôle qu'elle peut jouer dans le cadre d'une intervention, en définissant ses objectifs et ses possibilités.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), « La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Ainsi, pour atteindre ou conserver cet état, on peut utiliser différentes stratégies encadrées par différents domaines. L’un de ces espaces de connaissance et d’application est précisément l’intervention psychosociale.

Avant d’aller plus loin,  nous devons comprendre ce qu’est l’intervention psychosociale. Selon Alvis (2009), l’intervention psychosociale est un processus qui vise à augmenter la capacité de développement de l’être humain, de la famille et de la communauté.

Elle permet aux sujets d’exercer un contrôle et un pouvoir sur leur environnement individuel et social. Par conséquent, elle augmente le bien-être des individus et leur qualité de vie. Elle permet ainsi de les former en leur donnant les outils qui leur permettent d’affronter et de résoudre des problèmes et d’obtenir des changements dans l’environnement social.

Un homme fermant les yeux

Qu’entendons-nous par santé mentale ?

Selon Oramas, Santana et Vergara (2013), la santé mentale consiste en l’apprentissage de la réalité pour la transformer grâce à l’affrontement, à la gestion et à la solution globale de conflitsqu’ils soient internes à l’individu ou qu’ils concernent ceux avec son entourage. Lorsque ledit apprentissage est perturbé ou échoue dans la tentative de sa résolution, on peut commencer à parler d’une maladie.

Des autres comme Rivière, dans le même ordre d’idées, disent que « la santé mentale se conçoit comme la capacité de maintenir avec le monde des relations dialectiques et transformatrices qui permettent de résoudre les contradictions internes de l’individu et celles de celui-ci avec le contexte social » (cité dans Oramas, Santana et Vergara, 2013).

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la santé mentale se définit comme « un état de bien-être dans lequel l’individu est conscient de ses propres capacités, qui peut affronter les tensions normales de la vie. Il peut travailler de forme productive et fructifère et il est capable d’apporter une contribution à sa communauté ». Bien que la capacité de la personne à gérer les conflits au quotidien et à transformer sa réalité soit importante, il existe d’autres facteurs qui sont déterminants pour la santé mentale :

  • Contexte social : situations de pauvreté, maltraitance, appartenance à des groupes minoritaires, etc
  • Antécédents familiaux
  • Comorbidité avec d’autres maladies chroniques

Comment prévenir la maladie mentale ?

L’adoption d’habitudes saines et la prévention sont indispensables pour enrayer la maladie mentale. Cette dernière est une altération de type émotionnel, cognitif et/ou comportemental dans le cadre de laquelle les processus psychologiques de base sont touchés.

Certains de ces processus de base sont l’émotion, la motivation, les fonctions cognitives, la conscience, le comportement, etc. Cela entrave ainsi l’adaptation du sujet à l’environnement culturel et social dans lequel il vit et crée une forme de mal-être subjectif.

Intervention psychosociale dans la santé mentale

Certes, la maladie mentale dans quelques secteurs est encore un sujet tabou. Néanmoins, la normalisation prédomine sur la base d’une idée partagée : quiconque est susceptible de développer une maladie mentale. Il ne faut pas oublier que, tel que l’indique l’OMS, une personne sur quatre présente un trouble mental au cours de sa vie.

Quelques types de maladie mentale sont :

  • Troubles de l’humeur
  • Troubles anxieux
  • Maladie mentale associée à la consommation et l’abus de substances toxiques
  • Troubles psychotiques
  • Troubles de la personnalité
  • Autres troubles : dissociatifs, du développement, etc

L’intervention psychosociale se réalise au travers de 2 contenus interconnectés : la psychologie et le social. On part de l’individu en prenant en compte la globalité de l’entourage social avec lequel il interagit. Lors de l’intervention, il faut prendre en compte le fait que le rôle des professionnels des soins de santé primaire est essentiel. Ce service est le plus proche et le plus accessible à toute personne. Le professionnel de référence peut alors évaluer et rediriger le patient si nécessaire.

Certes, la coordination des différents professionnels est indispensable pour atteindre un objectif de ce type. Bien que le traitement médicamenteux puisse être important -toujours prescrit par un professionnel- nous devons garder à l’esprit que l’intervention psychosociale joue également un rôle pertinent.

Une intervention psychosociale en groupe

Cette intervention doit inclure un soutien social, un suivi, un accompagnement et une réhabilitation sociale. L’objectif principal de cette pratique est de contribuer à l’autonomie de la personne souffrant de maladie mentale.

L’attention prêtée aux patients doit être individualisée et personnalisée. Il faut ainsi prendre en compte :

  • Les besoins propres à l’individu
  • Le soutien et les besoins de la famille ou de l’entourage le plus proche

Ce qu’inclut l’intervention psychosociale

L’intervention psychosociale chez les personnes atteintes de maladie mentale comprend, entre autres :

  • Activités liées au logement : surveillance, aide à la recherche, etc
  • Activités quotidiennes
  • Soutien pour les activités instrumentales de la vie quotidienne
  • Surveillance et formation dans l’administration des médicaments
  • Entraînement pour l’organisation et la gestion du temps
  • Entraînement pour la vie sociale et familiale
  • Assistance socio-juridique

Conclusion

En définitive, même si l’on a fait beaucoup de chemin, on ne peut pas encore parler d’une société compréhensive, tolérante et intégrante en ce qui concerne la maladie ou le trouble mental.

Pour cette raison et d’autres, il est important « d’encourager » d’autres personnes qui puissent en avoir besoin à solliciter un groupe de professionnels. Ainsi, on pourra savoir tout ce que peut apporter une bonne intervention psychosociale.

 

  • Alvis. A. (2009). Aproximación teórica a la intervención psicosocial. Poiésis, 9(17).
  • Bernal, P., Diana, J. J., Carroza, E., Fábregas, D., Fernández, C., González, C., Jímenez, A., Jurado, P., López, P., Luque, S., Pareja, N., Rosa, J.J., Ruíz, F., Sánchez, N., Torres, A. y Torres, S. (2016). Guía de Buenas prácticas en intervención por personas con enfermedad mental. Feades Andalucia Salud Mental.
  • Hernández, B. (2013). El Trabajo Social en la intervención psicosocial con personas con trastorno mental severo: una reflexión sobre el papel de las familias. Documentos de trabajo social: Revista de trabajo y acción social, (52), 314-325.
  • López, M., & Laviana, M. (2007). Rehabilitación, apoyo social y atención comunitaria a personas con trastorno mental grave: propuestas desde Andalucía. Revista de la Asociación Española de Neuropsiquiatría27(1), 187-223.
  • Oramas, A., Santana, S, & Vergara, A. (2013). El bienestar psicológico, un indicador positivo de la salud mental.