Hyper-enfants, enfants de la protection excessive et du stress

· 17 septembre 2018

Les hyper-enfants sont le produit de l’hyper-parentalité. C’est une dynamique nouvelle de plus en plus présente. Elle est associée à la négligence des aspects importants de l’enfance tels que le jeu, la relation avec la nature, l’ennui et la confrontation aux problèmes. C’est un style éducatif basé sur la surprotection et sur l’excès d’attention et de compliments.

Un hyper-enfant répond aux besoins d’autrui avant ses propres nécessités. Il s’agit d’enfants appartenant à une génération qui dispose de peu de temps pour réaliser des découvertes personnelles et favoriser le développement interpersonnel ainsi que celui des traits de personnalité au cours de l’enfance.

Que signifie le terme « hyper-enfant » ?

Les termes « hyper-enfant » ou « hyper-parentalité » font référence à des mécaniques familiales qui centrent leurs efforts sur le contrôle des enfants et par conséquent, sur le détachement de ces derniers aux activités associées à leur âge. Ils se convertissent ainsi en individus peu indépendants de ceux qui attendent d’eux qu’ils soient parfaits.

Le terme est apparu aux Etats-Unis et il est lié au concept traditionnel « d’enfant gâté« . Néanmoins, la journaliste Eva Millet autrice des Livres Hyper-parentalité et Hyper-enfants : enfants parfaits ou sous-enfants ? nous indiqua que les parents des hyper-enfants développent un stress spécial dont ne souffrent pas les parents d’enfants gâtés.

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Quelle est la vie d’un hyper-enfant ?

Les hyper-enfants occupent leur vie avec des activités extra-scolaires qui ne les passionnent pas. Ils sont très conscients de leurs défauts et sont traités par leurs parents comme un investissement : après avec dépensé beaucoup d’argent dans l’éducation de leurs enfants, ils pensent (souvent de manière inconsciente) que cette valeur doit se transformer en succès de leurs enfants.

Cependant, les enfants sont conscients de bien plus de choses que ce que nous pouvons imaginer et cette pression les affecte à tous les niveaux. C’est comme si leur vie se convertissait en stress constant afin de respecter les attentes des autres.

Cependant, il existe une autre facette à cette situation : les hyper-enfants sont chaque fois plus le centre d’attention des familles. Comme l’indique Millet, « Vous allez dans les maisons et les photos ne sont plus celles des grands-parents mais celles des enfants qui sont plus jamais devenus les rois de la maison. C’est lié au fait que désormais nous n’ayons qu’un à trois enfants par couple alors qu’avant ils étaient plus nombreux et on ne leur prêtait donc pas autant d’attention. Avant ils étaient des meubles et maintenant, ils sont des autels. »

Cette sur-stimulation génère chez les enfants un sentiment d’autorité qui n’est en rien positif pour leur développement personnel. Par conséquent, ils ne sont pas capables de gérer correctement leurs émotions, se frustrent facilement et souffrent de l’anxiété de leurs parents… En clair, ils se convertissent en ce que Millet appelle les « sous-enfants » ; enfants dépendants qui ne peuvent rien faire sans l’aide de leurs parents.

Mais, de quoi a besoin un enfant ?

Il est difficile de déterminer les besoins de tous les enfants car en tant qu’individus, ils ont chacun des aspirations, des désirs et des expectatives propres. Cependant, une chose est sûre : ils sont encore en train de se former pour être capables d’affronter le monde réel et nous ne pouvons par conséquent pas leur demander autant qu’à un adulte.

C’est pour cette raison que les aspirations d’un géniteur ne doivent jamais se refléter chez les enfants : le fait de penser à leur carrière universitaire alors qu’ils n’ont pas encore 10 ans est tout à fait hors-sujet. Nous devons laisser les enfants développer leur personnalité et leurs goûts. Il faut également les laisser échouer, découvrir les limites et apprendre le fait qu’ils peuvent apprendre de leurs erreurs s’ils souhaitent aller au-delà de ces limites.

Comme l’indique l’autrice, l’offre des activités et expériences s’est étendue exponentiellement ces dernières années en raison du développement des compétitions inter-familiales. Les parents ou éducateurs s’interrogent sur la meilleure école, sur le conservatoire de musique le plus prestigieux…

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Moins d’argent et plus d’amour

Toutes ces expériences, classes et campements supposent de grosses dépenses. Malgré cela, nous ne pouvons pas demander à des enfants de se rendre compte de cela lorsqu’il ne sont pas encore capables de comprendre le principe et la valeur de l’argent. Pour cette raison, au lieu de nous préoccuper d’un professeur d’anglais car il a les meilleures références pour enseigner à un enfant de 10 ans, il est préférable de laisser l’enfant développer sa relation de manière beaucoup plus naturelle.

En fin de compte, les enfants doivent grandir en jouant avec d’autres enfants, en mettant en pratique leurs compétences de manière autonome. Les parents quant à eux ne doivent pas se positionner comme un pilier principal dans les relation, mais être de côté pour être présents lorsque l’enfant en aura besoin.

Il est important de leur apprendre à surmonter les situations qui ne se déroulent pas comme prévu. Le rôle d’un père ou d’une mère n’est pas seulement de conseiller, c’est aussi de soutenir et surtout d’aimer.