Hommes et femmes machistes : un problème à régler ensemble

· 16 juin 2018

Les hommes et les femmes machistes donnent forme à une société rétrograde et injuste, en plus de la perpétuer. Ces attitudes, qui sont souvent flagrantes ou camouflées derrière des micro-machismes classiques, se basent sur un autoritarisme aussi rouillé que nocif. Chasser ce schéma des institutions et des mentalités fait, sans aucun doute, partie de nos responsabilités.

Victor Hugo disait que la première égalité est l’équité. Cette idée a déjà plus de deux siècles. Mary Wollstonecraft, Virginia Woolf, Simone de Beauvoir ou Emilia Pardo Bazán nous ont aussi livré leurs témoignages pour nous « réveiller » et nous permettre d’avancer. Sur les plans de l’égalité et de la liberté. Cependant, il semblerait que, malgré les petites victoires que nous avons atteintes, nous ayons à peine franchi la ligne de départ.

Les Etats-Unis, par exemple, sont dirigés par un homme (librement élu) ayant une opinion très claire et tranchante sur le sexe féminin: « les femmes sont, par essence, des objets esthétiques agréables ». Nous habitons dans une société où n’importe quelle occasion est bonne pour sexualiser et mettre la femme dans une situation d’infériorité. Et nous vivons dans un monde où les lois dégoulinent encore d’une essence machiste, autoritaire et patriarcale qui perdure génération après génération. Législature après législature.

Notre système présente de grandes carences et des biais évidents, nous le savons. Rénover ce substrat psychologique, social et politique ne peut pas se produire d’un jour à l’autre. Pour y parvenir, les mentalités doivent changer. Or, cela ne peut se faire que d’une façon: avec la détermination et la collaboration de tous. Ou, du moins, avec celles d’une grande majorité.

« Le premier qui compara la femme à une rose était un poète; le second, un imbécile. »

-Voltaire-

image machiste

Hommes et femmes machistes, un problème qui nous concerne tous

Les hommes et les femmes machistes se meuvent tous les jours dans nos contextes quotidiens. Ils/elles font partie de nos familles, de notre travail, de nos amis. Il se peut même que nous soyons l’un-e des leurs. L’une de ces personnes qui pratiquent et perpétuent le machisme sans même s’en rendre compte.

Nos actes, commentaires ou façons de répondre peuvent contenir, dans leur « ADN », des manifestations clairement micro-machistes. Ce sont des séquelles de notre éducation. Ils reflètent aussi l’influence d’une culture qui nous modèle silencieusement, d’une façon persistante et étudiée. Qui plus est, nous pouvons être des personnes qui dénonçons ouvertement l’inégalité et la violence faite aux femmes ; malgré cela, nous pouvons tous tomber dans les filets du machisme quand nous nous y attendons le moins.

Par conséquent, nous devons bien prendre en compte un aspect. Les hommes et les femmes machistes ne naissent pas avec ces attitudes. Ce n’est ni une chose innée, ni le résultat d’une connexion cérébrale qui, à un moment donné, nous pousse à être et à agir de cette façon. Non. De la même façon que nous apprenons à lire, à faire du vélo ou à retenir les verbes irréguliers en anglais, nous apprenons aussi à être machistes. Nous nous limitons à suivre un modèle et à l’intérioriser.

dispute de parents

Le machisme qui ne se voit pas mais s’absorbe

Hommes et femmes machistes sont le résultat de ce schéma de suprématie masculine qu’ils ont respiré, absorbé et intégré en eux tout au long de leur enfance et de leur adolescence. On sait, par exemple, que les stéréotypes liés au genre se construisent très tôt. La revue Science a démontré il y a peu que les petites filles commencent, à 6 ans, à se sentir « moins brillantes » que les petits garçons.

Le fait de se sentir moins intelligentes est dû au contexte dans lequel nous élevons nos enfants. Il s’agit du résultat de ce qu’elles voient au quotidien. De ce que nous leur transmettons. Les garçons, de leur côté, sont souvent éduqués sur la base de l’affirmation de l’individualité. Nous sommes face à ce trait enveloppant du machisme qui met en avant le sens de la force et de la supériorité. C’est une carapace qui doit être maintenue à tout prix. Les seules émotions légitimes et permises dans le club de la masculinité sont l’autorité et la libido sexuelle.

Se défaire du corset du machisme

Se défaire du corset de la masculinité régnante et dominante n’est pas facile. Cependant, avec des mouvements comme #MeTooune visibilité est donnée à des choses qui ne faisaient que rester dans l’ombre du temps qui passe. D’un côté, ces phénomènes viraux obéissent à un besoin. Ils fournissent un soutien social à la femme, la poussent à dénoncer des actes, à avoir la force de parler, à gagner en pouvoir, à savoir qu’elle n’est pas seule.

De l’autre côté, une chose intéressante est réalisée. On éveille des consciences. Des injustices sont dénoncées pour mettre en avant une réalité qui a toujours existé. La discrimination, la violence contre les femmes, la sexualisation ou le manque de sensibilité de nos codes légaux sont des faits qui sont petit à petit révélés. Les personnes machistes, hommes ou femmes, sont bien là. Cela n’en fait pas l’ombre d’un doute. Cependant, les voix qui soulignent leurs attitudes et leurs comportements se font de plus en plus entendre.

Si nous nous libérons de ce corset machiste, nous gagnerons tous. Nous respirerons mieux et nous aurons une plus grande liberté. Ainsi, et même si beaucoup de gens pensent qu’il y a suffisamment d’égalité dans notre quotidien, il suffit de regarder autour de nous avec une plus grande empathie pour voir que ce n’est pas le cas. Les attitudes machistes sont partout. Dans les mots qu’un homme dit à sa compagne. Dans la façon dont une mère éduque son fils. Dans les publicités. Et dans cette chanson sur laquelle nous dansons mais dont nous ignorons les paroles…

femme attachée à son symbole

Pour conclure, souvenons-nous que le changement ne sera possible que si nous prenons tous conscience de ce substrat patriarcal périmé. Il ne suffit pas de le sentir ou de le voir. La conscience ne sert à rien si elle n’est pas accompagnée d’actions. Si nous ne sommes pas capables de créer une société basée sur l’équité, le respect, la liberté et sur une justice réelle.