Pour Sigmund Freud, la libido va au-delà du domaine sexuel

13 novembre 2017 dans Psychologie 3 Partagés

La conception que la majorité des gens ont de la libido est très réductrice, limitant le terme à son interprétation la plus sexuelle. Cependant, Sigmund Freud, le père de la psychanalyse, a traité ce terme d’une manière très différente. Pour lui, la libido est un concept bien plus large qui va au-delà de ce que l’on connaît aujourd’hui.

Freud a défini la libido comme cette énergie qui procède des pulsions ou des instincts et qui se répercute dans notre conduite, en la dirigeant. Face à cela, il a fait la différence entre deux types de pulsions : la pulsion de vie et la pulsion de mort.

La pulsion de vie faisait référence à toutes ces impulsions qui sont liées à l’affection ou aux émotions. Celles qui nous invitent à tomber amoureux-ses et à nous reproduire, à nous connecter avec les autres. Freud disait que cela pouvait être associé à ce qu’il définissait comme le “Ça” ou le “Moi”, deux termes sur lesquels nous reviendrons plus loin dans cet article.

D’un autre côté, on a la pulsion de mort, comprise comme quelque chose qui s’oppose à la vie. Il s’agit de ces schémas de répétition qui nous invitent à nous heurter toujours à la même pierre : par exemple, lorsque l’on tombe amoureux-ses du même type de personnes qui finissent par nous faire du mal.

“Les deux types de pulsion qu’a établis Freud sont connus sous le nom de “pulsion de vie” ou “Eros”, et “pulsion de mort” ou “Thanatos”.
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La libido et le plaisir

Même si la libido et le plaisir sexuel sont deux choses que nous associons facilement, ce qui est sûr, c’est que pour Freud, le plaisir va plus loin. Par exemple, on peut ressentir du plaisir en buvant de l’eau après avoir eu soif ; personne ne pourrait dire le contraire, n’est-ce pas ? D’autre part, ne ressent-on pas de plaisir en dégustant un délicieux dessert ? Ou en se réchauffant près d’un feu en hiver ?

A ce sujet, Freud a affirmé que la libido était présente dans ce qu’il définissait comme le Moi, le Surmoi et le Ça. Dans le Ça se trouve le début du plaisir, ou ce que l’on peut considérer comme un plaisir immédiat. C’est une part de nous qui dirige notre comportement de manière inconsciente à la recherche de ce plaisir. Par exemple, si j’ai soif, je vais me servir une bière fraîche.

couple et horloge

D’un autre côté, le Moi contient l’énergie de la libido du Ça. Cependant, il se charge d’atteindre le plaisir en tenant toujours compte de la réalité. Sur ce point entrent en jeu l’entourage, de même que les normes et les règles qui prévalent. Pour reprendre l’exemple précédent, il est possible qu’une bière me fasse envie, mais peut-être en choisirais-je plutôt une sans alcool car c’est plus sain.

Enfin, le Surmoi est similaire au Moi, même s’il accorde une grande importance à la moralité. Ainsi, il a bien intériorisé toutes les normes et les valeurs qui règnent dans la société et qui s’apprennent grâce au contact et à l’interaction avec d’autres personnes. Dans le cas de notre exemple, je pourrais en arriver à me sentir coupable car boire de l’alcool hors du contexte social et festif n’est pas très bien vu par la société. Je peux avoir intériorisé cette vision et me sentir coupable.

Sigmund Freud a établi une structure particulière de l’esprit pour expliquer le fonctionnement psychique humain. Cette structure se compose de trois éléments : le Ça, le Moi et le Surmoi.
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Les étapes du développement psycho-sexuel

Pour Freud, la libido est présente dans les différentes étapes du développement de l’être humain, mais d’une manière différente. Autrement dit, la libido s’exprime d’une manière différente selon l’état de développement dans lequel nous nous trouvons.

  • Phase orale : le plaisir s’obtient via la bouche.
  • Phase anale : on contrôle le sphincter et la défécation, activité liée au plaisir et à la sexualité.
  • Phase phallique : le plaisir s’obtient en urinant, grâce à la sensation plaisante que cela produit.
  • Phase de latence : apparaissent la pudeur et la honte, liées à la sexualité.
  • Phase génitale : l’arrivée de la puberté et de la maturité sexuelle.

Cependant, selon Freud, la libido peut parfois stagner, ou autrement dit, ne pas suivre son flux naturel. Cela arrive lorsqu’il existe un type d’obsession qui empêche les choses de continuer à progresser comme elles devraient le faire. Par exemple, si on s’obstine à obtenir du plaisir au travers de la bouche en phase orale, il nous sera très difficile de laisser cela de côté pour nous submerger complètement dans la phase suivante.

“La transposition ainsi exécutée de la libido comme objet en libido narcissique implique manifestement une résignation de buts sexuels, une désexualisation et, par conséquent, une chance de sublimation.”

-Sigmund Freud-

couple et libido

Comme nous avons pu le voir, le père de la psychanalyse ne concevait pas la libido de la même manière qu’on le fait aujourd’hui. Pour lui, ce n’était pas seulement un désir d’obtenir du plaisir sexuel, mais un plaisir qui se trouvait implicite dans d’autres domaines de notre vie et qui, de plus, d’une manière normative, progresse à mesure que l’on transite par les différentes étapes de notre développement psycho-sexuel.

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