Le « ghosting » : disparaître au lieu de terminer dignement une relation

2 juillet 2017 dans Curiosités 0 Partagés
Mais quel mal peut bien pousser des adultes bien sous tous rapports à s’y adonner ?
Nous allons tout vous expliquer dans la suite de cet article.

Disparaître : une manière de partir ou de demeurer ?

Entre deux adultes, on peut légitimement présumer que ce genre de comportements est impossible. Lorsque deux personnes s’engagent dans une relation de couple, elles savent que cette relation se poursuivra tant qu’une des deux personnes ne ressent pas l’envie d’y mettre fin. Lorsque survient ce moment tant redouté, le partenaire insatisfait explique son choix et demande à sa désormais ex-moitié de le respecter, de préserver son indépendance.

Nous savons tou-te-s que terminer une relation n’est pas quelque chose de facile. Les deux membres du couple n’en sortent pas indemnes, mais c’est souvent celui/celle qui subit la décision, ou tout du moins qui ne la prend pas, qui souffre le plus. Pour autant, aussi désagréable que soit cette étape, il est de coutume de penser que la moindre des choses à faire est de communiquer le plus clairement possible sur la fin de la relation entre les deux partenaires.

Ce comportement n’est pourtant pas une évidence pour tout le monde. Certains adultes choisissent tout simplement de partir, de s’éloigner, en attendant de leur moitié qu’elle comprenne que c’est une manière de mettre un point final à leur relation. Cela semble surtout très confortable pour elleux, qui évitent les explications souvent tumultueuses qui ponctuent généralement la fin d’une histoire.

Mais cette situation renferme un paradoxe que les pratiquants du « ghosting » ne semble pas remarquer. En ne terminant pas clairement la relation, en choisissant de disparaître, l’intensité de leur présence dans l’esprit de leur partenaire amoureux ne fait que se renforcer. Elle devient inversement proportionnelle à la douleur ressentie du fait de leur absence physique.

La personne quittée se retrouve avec tant d’incertitudes quant à l’issue de sa relation qu’elle ne peut pas clore le dossier une bonne fois pour toutes. Si les « disparu-e-s » prétendent souvent ne pas avoir pu anticiper cet état de fait, on peut légitimement remettre leur parole en doute. Mais iels préfèrent fermer une porte et ouvrir une fenêtre : manipuler  l’autre pour être mieux à même de gérer leur propre deuil.

Ne pas terminer une relation empêche de pouvoir en faire le deuil

Aussi difficile que cela puisse être, il est toujours plus sain de terminer directement une relation de couple, que de la laisser en suspens, et donc sujette à des interprétations et à des suppositions. Lorsque l’on sait que l’on a perdu quelqu’un définitivement, même si cela peut être dévastateur, il devient possible de commencer un processus de deuil. Cela implique de souffrir, de pleurer, mais aussi de trouver une manière de réorganiser notre monde émotionnel.

Si la relation est insignifiante, le fait de disparaître peut être une solution envisageable, voire acceptable. Mais si le couple a été fondé sur des sentiments profonds, des projets à deux, des attentes élevées et des souvenirs partagés, il ne devrait pas être possible de pouvoir tout quitter du jour au lendemain sans même un mot. Le fait de disparaître est assimilé à la pire forme d’abandon qui soit. Un abandon ne permet de réaliser un deuil classique, car il demeure encore trop d’inconnues qui empêchent d’accepter la situation.

Les personnes qui disparaissent le font car elles n’ont pas la force psychologique nécessaire pour mettre un terme à leur relation et qu’elles n’ont pas envie de faire du mal à leur partenaire. Mais elles font bien pire, laissant une plaie béante dans le cœur de cette personne qui ne mérite absolument pas ce qui lui arrive. Elles essayent avant tout de se protéger d’un deuil qu’elles n’ont pas envie de faire. Elles pensent pouvoir ignorer leurs sentiments si elles ignorent également la personne qui en est à l’origine.

Le « ghosting » est une pratique mise en œuvre par des personnes égoïstes et immatures, qui souffrent d’un complexe d’infériorité. Elles n’ont pas confiance en leurs propres capacités et ont certainement souffert d’un abandon par le passé. Mais cela ne leur donne en aucun cas le droit de se comporter de cette manière. Dans tous les cas, en refoulant ainsi leurs sentiments les plus profonds et en étant tout sauf honnêtes avec elles-mêmes, elles s’exposent à souffrir davantage que les autres dans leurs relations futures.

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