Les frères et sœurs aîné-e-s : entre super héro-ïne-s et ami-e-s intimes

· 31 juillet 2017

Les grands frères et sœurs sont toujours des super héro-ïne-s, même si on dit parfois, à raison, qu’iels peuvent aussi être très mauvais-es. Cette position spéciale de l’enfant aîné amène avec elle une série de privilèges, mais aussi une bonne quantité de poids ou de difficultés. Les parents apprennent avec eux, via les essais et les erreurs, la tâche ardue de l’éducation et les petit-e-s frères et sœurs apprennent avec eux à « être grand-e-s ».

Les grand-e-s frères et sœurs ouvrent le chemin à celleux qui les suivent en âge. Ce sont elleux qui doivent aller, pour la première fois, seul-e-s à l’école. Ainsi, iels expliquent aux autres comment affronter le premier jour ou iels sont attentif-ve-s à elleux pour les sauver de n’importe quel risque s’iels sont dans la même école. Ce sont elleux qui dirigent les petit-e-s vers la meilleure manière de jouer ou de concevoir une jolie tresse sur les cheveux. Iels marquent le chemin.

« Le premier qui naît dans la famille rêve toujours d’un frère ou d’une sœur imaginaire qui prendrait soin de lui. »

-Bill Cosby-

Il est fréquent que ces frères et sœurs aîné-e-s deviennent une sorte de prolongation de la figure maternelle et paternelle, tout à la fois. Cela signifie qu’iels les surveillent de près et qu’iels seront moins tolérant-e-s envers leurs actes. C’est lui/elle qui doit affronter les risques, avant les autres. C’est aussi lui/elle qui est obligé-e d’accompagner les petit-e-s pour s’en occuper et répondre plus ou moins à leur place.

Maintenant, les règles sont devenues plus strictes, mais il y a à peine quelques décennies, il n’était pas rare qu’un enfant de 8 ans se charge d’un petit de 5 ans. Cela variait de famille en famille, mais dans presque toutes, les parents considéraient que le/la plus grand-e devait prendre en charge une partie de l’éducation. Cela donne une autorité spéciale aux grands frères et sœurs, mais également de la pression, voire de l’angoisse.

Un-e grand-e frère ou sœur qui se sent investi-e de responsabilités ou injustement traité-e vis à vis des autres, peut développer différents problèmes de caractère. Iel peut porter, à cause des plus petit-e-s, une charge excessive sur ses épaules ou s’iel craint beaucoup ses parents, iel luttera pour s’effacer plutôt que de nuire au soin de ses petit-e-s frères et sœurs.

Il est fréquent que les grand-e-s développent une grande peur envers la transgression des normes. Surtout quand les parents insistent continuellement sur les tâches qu’iels doivent accomplir. C’est pour cela qu’iels ont tendance à être, artificiellement, plus conservateur-trice-s et à mûrir plus rapidement. D’autre part, ne pas porter une responsabilité qu’iels doivent assumer ou que quelqu’un leur a demandé peut provoquer chez elleux une forte dose de culpabilité. Tout comme les parents leur donnent plus de responsabilités, iels devraient les récompenser plus quand iels les accomplissent.

Ce que seul-e-s savent les grand-e-s frères et sœurs

Il n’y a que les grand-e-s frères et sœurs qui peuvent vivre et comprendre ce que l’on ressent dans certaines situations. Pour les autres frères et sœurs, en vérité, iels seront toujours un peu super héro-ïne-s. Il est évident que parfois, iels profitent de leur position, mais ce sont aussi les sauveur-se-s qui apparaissent de temps en temps pour sauver le/la petit-e d’une mauvaise passe. Les autres frères et sœurs les adorent et les détestent en même temps. Mais quelle que soit les circonstances, iels deviennent forcément un-e référent-e.

Voici les réalités qui les rendent uniques :

  • Même à un âge avancé, les autres frères et sœurs attendent qu’iels se comportent comme des tuteur-trice-s ou des protecteur-trice-s avec elleux.
  • Iels doivent apprendre à renoncer aux jouets, aux libertés et aux caprices, en fonction de leurs petit-e-s frères et sœurs.
  • Iels ont du mal à comprendre que les plus petit-e-s gagnent à un jeu ou réussissent quelque chose avant elleux.
  • Iels savent, au fond, qu’iels ont été le/la cobaye de leurs parents dans leurs expérimentations d’éducation.
  • Iels s’octroient le droit de martyriser leurs petit-e-s frères et sœurs, mais iels ne permettront jamais à un-e étranger-ère de leur faire du mal.
  • Iels se vantent des droits qu’iels acquièrent tout au long de l’adolescence.

Les grand-e-s frères et sœurs mériteraient qu’on leur dise « Merci » du fond du cœur. Iels ont réduit le danger des petit-e-s et leur ont offert une porte de sortie et de sauvetage à de nombreux de moments de l’enfance. C’est à elleux que l’on peut confier une faute grave et iels servent de ponts pour accéder aux parents. Iels défendent les petit-e-s, en prennent soin et les encouragent. Iels sont, sans aucun doute, l’un des piliers sur lesquels les petit-e-s peuvent grandir.

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