Dans mon cœur, c’est moi qui décide : du matin au soir

6 juillet 2017 dans Psychologie 500 Partagés

Notre cœur ne doit pas avoir de propriétaire, ni de parcelles louées ou de recoins prêtés. C’est le nôtre, il n’a qu’un unique propriétaire et c’est nous-même, car grâce à lui, nous impulsons notre autonomie, l’amour propre et l’estime de soi sont oxygénés pour nous donner la possibilité d’aimer de manière pleine, pour être maître-sse de nos chemins et artisan-e d’une vie digne.

Atteindre cette autonomie personnelle où se trouve le sentiment d’intimité avec les personnes significatives que l’on aime n’est pas chose facile. De fait, si nous posons le regard sur ce schéma le plus classique et traditionnel des relations de couple, nous nous rendons compte qu’autonomie et intimité ont été déclarées, d’une certaine manière, comme incompatibles.

« Aucune ingratitude ferme un grand cœur, aucune indifférence le fatigue. »

-Léon Tolstoï-

D’autre part, il y a aussi de nombreux courants philosophiques qui nous rappellent que personne n’est libéré des influences lorsqu’il s’agit de marquer le destin et de tracer son chemin. Nous sommes tou-te-s conditionné-e-s par des normes sociales, culturelles et même idéologiques. À présent, au lieu de s’approprier totalement ce type d’approches aux visées déterministes et légèrement pessimistes, il est toujours intéressant de savoir ce que disent les études de psychologie individuelle.

Nous devons tou-te-s faire un effort pour intégrer à nos piliers un engagement authentique vis à vis de nous-même. L’autonomie personnelle et la capacité à décider ce que nous voulons et ce que nous ne voulons pas à chaque moment est un principe de base du bien-être psychologique, qui mérite une partie de nos efforts quotidiens. Notre cœur, compris comme cette dimension métaphorique où se trouve notre monde émotionnel et même jusqu’à notre identité, est un univers en croissance constante.

Permettons-lui, donc, de s’étendre, de se sentir maître de lui-même : mais en même temps, de savoir rester humble et sensible pour se connecter aux personnes qui l’enveloppent authentiquement. Car dans l’équilibre se trouve la magie.

Nous perdons l’autonomie dans les petites décisions du quotidien

Laisser de côté un projet professionnel car c’est ce que nous demande notre conjoint. Renoncer à l’amour de notre vie car il n’est pas au goût de nos parents. Changer de loisirs car nos amis ont toujours d’autres plans. Se rendre avant l’heure car personne ne soutient nos objectifs…

Voici des exemples génériques un peu caricaturaux de ce qu’implique le fait de porter atteinte de sa propre dignité, à son estime de soi et à son identité. Un tel sabotage, et il est important d’en tenir compte, ne part pas exclusivement des personnes qui nous entourent. Il vient aussi, dans de nombreux cas, de nous-même.

Nous ne devons pas culpabiliser ceux qui nous attachent des brides de contrôle ou dressent des barrières face à nous. Nous devons assumer la responsabilité de comprendre que qui cède et abandonne face à l’emprisonnement et à la violation, c’est nous-même.

D’autre part, nous nous souvenons que qui laisse le gouvernail de sa propre vie dans les mains des autres ne le fait pas de manière ponctuelle ou spontanée. En réalité, c’est un exercice quotidien que nous négligeons volontairement, comme qui un beau jour, décide de cesser de se laver, de se brosser les cheveux ou de se couper les ongles. C’est de l’hygiène psychologique et un principe de santé émotionnelle que nous reportons et que nous cédons même aux autres. Ce n’est pas sain.

La dignité de chacun-e ne doit pas être touchée par des mains étrangères. Personne ne peut (ni ne doit) semer les graines de ses désirs égoïstes dans notre cœur ni nous vendre des objectifs qui ne s’emboîtent pas avec nos valeurs. Et quelle que soit la nature de ces mains qui boycottent notre identité : ce peuvent être celles de notre conjoint, nos parents ou notre meilleure-e ami-e. Elles n’ont aucun droit sur nous.

Il y a des territoires qui sont privés et que personne ne peut outrepasser. Écouter les propriétés relatives à son être est quelque chose qui nous incombe, c’est une tâche d’hygiène quotidienne qu’il ne faut jamais négliger.

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Respirez, comptez jusqu’à 10 et retrouvez l’autonomie

La docteure Carol D. Ryff, de l’Université de Pennsylvanie, est l’une des expertes en psychologie positive. Entre 1989 et 1998, elle a développé le modèle intéressant de « bien-être psychologique » qui reste aujourd’hui l’un des apports les plus enrichissants dans le secteur de la croissance personnelle. Il a un fort lien avec le principe de santé dont nous venons de parler.

« On ne voit bien qu’avec le cœur. L’essentiel est invisible pour les yeux. »

-Antoine de Saint-Exupéry, dans Le Petit Prince-

Nous vous proposons de réfléchir à ces principaux points pour commencer à travailler sur votre propre autonomie personnelle et psychologique dès aujourd’hui.

Le modèle de bien-être psychologique que nous devrions tous pratiquer

L’un des points les plus intéressants de l’approche de la docteure Ryff est celui qui a un lien avec la neuroscience. Selon elle, quand quelque chose qui va à l’encontre de nos valeurs arrive dans notre entourage, ou quand quelqu’un nous impose son opinion de force ou nous oblige à faire quelque chose qui ne nous plaît pas, c’est le système limbique qui réagit immédiatement.

Cette structure cérébrale liée aux émotions est comme un signal d’alarme. C’est une sirène intérieure qui nous susurre « Attention, quelque chose va mal ! » Immédiatement, surgissent le stress et le cortisol, qui navigue dans le sang. L’idéal dans ce cas est d’être capable d’écouter cette sensation, et simplement, de compter jusqu’à 10. Ensuite, réagir en accord avec nos besoins réels.

Ce n’est pas facile mais nous pouvons y arriver petit à petit si nous apprenons à intégrer dans notre vie ces principes de bien-être psychologique.

  • Pratiquez chaque jour l’auto-acceptation.
  • Ayez comme priorité les relations positives et enrichissantes avec les autres. Si une relation, qu’elle soit d’amitié ou de couple, ne rentre pas dans ces principes, envisagez un changement.
  • Ayez un but de vie clair et objectif. Luttez pour cela.
  • Investissez dans votre croissance personnelle. Tout moment est idéal pour cela.
  • Maintenez un bon contrôle sur votre réalité. Vous dirigez, vous orientez, vous décidez, vous débutez, vous terminez, vous délimitez. Et surtout vous êtes responsable de vos décisions.

Pour conclure, nous sommes conscient-e-s que ces stratégies ne sont pas applicables du jour au lendemain. On a besoin de volonté, de courage et de persévérance. Souvenez-vous que, si à un moment donné, vous vous sentez bloqué-e ou que vous remarquez que vous perdez de l’autonomie, appliquez le remède le plus classique de tous : respirez, comptez jusqu’à 10 et RÉAGISSEZ, car dans votre cœur, il n’y a que vous qui décidez.

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Images de Orestes Bouzon

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