Comment fonctionne le cerveau d’un addict au sexe ?

· 25 novembre 2015
“L’instinct érotique fait partie de la nature humaine. C’est la forme la plus élevée de l’esprit.”

– Carl G. Jung –

 

Une personne dépendante au sexe est capable de tout pour assouvir son obsession, peu importe les conséquences que cela peut avoir.

Cependant, cela ne signifie pas que cette personne soit satisfaite de sa situation. Au contraire, elle voudrait freiner cette obsession, mais cela lui est impossible.

Ses conduites sexuelles sont compulsives, très obsessionnelles, et donc difficilement contrôlables. Le fait de ne pas pouvoir se contrôler représente un problème bien plus important que le fait d’avoir un désir sexuel plus fort que les autres.

Le cerveau d’un addict au sexe

Le cerveau d’un addict au sexe est très similaire à celui d’un addict aux drogues ou à l’alcool. Cependant, il n’y a pas d’addiction chimique ou physiologique semblable.

La direction que prennent ses pensées et son comportement, est directement liée à un trouble obsessionnel compulsif, qui le pousse à centrer tous ses efforts dans la quête de stimulations sexuelles.

L’activité cérébrale d’une personne dépendante au sexe
est la même que celle des dépendants aux drogues.

Le Docteur Valerie Moon, membre de l’équipe de chercheurs du Département de Psychiatrie de l’Université de Cambridge, affirme que l’on ne peut pas clairement parler d’addiction, même si l’étude réalisée avec 19 hommes adultes a révélé une plus grande activité cérébrale dans trois régions spécifiques du cerveau, qui sont les mêmes que dans le cas de l’addiction aux drogues et à l’alcool.

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On peut parler d’accro au sexe lorsque ce phénomène affecte le système émotionnel de la personne, comme par exemple sa capacité à mener un style de vie tout à fait normal.

Lorsque cela ne se produit pas, les doutes se portent alors sur la biologie du cerveau. Chez un addict au sexe, le neurotransmetteur dominant est la dopamine, une hormone liée à la motivation et à la rétro-alimentation des récompenses.

D’autres études récentes ont révélé qu’il existait des différences entre le cerveau d’un alcoolique et celui d’une personne qui consomme de l’alcool, sans souffrir de dépendance pour autant.

Les processus chimiques, le fonctionnement neurologique et la structure cérébrale sont qualitativement et quantitativement différents en comparant la personne alcoolique et le consommateur occasionnel.

Se produirait-il la même chose entre les addicts au sexe et les personnes ayant une vie sexuelle saine, plus ou moins active?

Le dépendant cherche à satisfaire son appétit sexuel
par obligation, non pas par plaisir.

Comment savoir si notre cerveau est dépendant ?

Dans la Grèce antique, on différenciait l’acte psycho-sexuel plaisant (éros), du plaisir charnel (aphrodisia) et des relations amicales (agapé).

Cependant, l’hypersexualité est uniquement liée au désir sexuel matériel, c’est à dire le sexe physique ou l’activité simplement aphrodisiaque.

En dépit de cela, les personnes qui profitent des expériences les plus corporelles de leur sexualité n’ont pas de raison de se cacher.

Nous savons que notre cerveau est dépendant au sexe et que nous avons besoin d’une aide extérieure, lorsque tous ces critères sont réunis :

  • Votre quotidien est rempli de pensées, de préoccupations et de fantasmes sexuels impossibles à oublier, qui entrainent des pulsions irrépressibles. Le désir sexuel est excessif et le manque de contrôle est l’axe central de l’addiction.
  • La pulsion sexuelle est incontrolable. Elle ne peut pas être interrompue ou empêchée et peut même avoir des conséquences graves voire dangereuses (exténuation physique).
  • La matérialisation du fantasme agit comme renfort de la conduite. Ce n’est pas par plaisir mais par nécessité physiologique que la pulsion doit être assouvie, pour faire disparaitre le mal-être dû à l’incapacité de contrôler cette addiction.
  • Cette répétition de conduites et de comportements d’hypersexualité dure depuis plus de 6 mois consécutifs et n’est pas simplement due à une situation de stress aigu.
  • L’effet négatif s’intensifie avec l’évolution de l’addiction, en renforçant le sentiment de culpabilité ou de honte, en détruisant l’estime de soi et en poussant à la dépression, à l’auto-rejet et à des ruptures sentimentales, familiales et professionnelles.
L’addiction au sexe n’est que la soupape de sécurité des personnes qui n’ont pas su gérer autrement leurs défis existentiels.

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Il reste encore beaucoup de recherches à faire…

Rory Reid, psychologue à l’UCLA, confirme que les recherches seront encore longues pour établir un diagnostic, une classification et un traitement de l’hypersexualité.

Il affirme que « les cerveaux confirment un fort désir sexuel dans les régions cérébrales auxquelles nous pensions, mais l’étude ne nous dit pas si ces personnes ont une addiction au sexe« .