La fidélité est propre aux personnes les plus intelligentes

9 juin 2017 dans Emotions 0 Partagés

Rodolfo Llinás est un neuro-scientifique colombien qui a consacré la majeure partie de sa vie à l’étude du cerveau. Il a dirigé le programme NEUROLAB de la NASA et est aujourd’hui directeur du Département de Psychologie et de Neurosciences de l’Université de New-York. Il a un jour donné une interview dans laquelle il a surpris par la carte qu’il a proposée des concepts de fidélité, d’amour et de bonheur.

Ses déclarations prouvent, d’un point de vue neurologique, ce que beaucoup ressentaient par sens commun, expérience ou observation du comportement. Il affirme que le cerveau est un système fermé, qui est uniquement « perforé » par les sentiments. Il indique que son fonctionnement est similaire à celui d’un ordinateur, à la différence près qu’il a une plasticité et une créativité : il se modifie, se nourrit et change.

« La fidélité est l’effort d’une âme noble de se mettre au niveau d’une autre plus grande qu’elle. »

-Goethe-

Selon ses études profondes et nombreuses sur le cerveau, il conclut que la structure intellectuelle est basée sur la structure émotionnelle. Tout d’abord, c’est l’émotion et ensuite la raison. Nous formons les idées du monde pas uniquement à partir de raisonnements, mais aussi à partir de ce que nous ressentons. L’amour a un endroit propre et la fidélité est propre aux plus intelligent-e-s, selon ses dires.

La fidélité et l’intelligence

Rodolfo Llinás indique que l’aire émotionnelle du cerveau est l’une des plus anciennes. Elle a été l’une des premières à se développer. Selon ses mots, « C’est le cerveau truand, celui des reptiles, où il n’existe rien d’autre que des modèles d’action fixes. Ils se rapprochent ou s’en vont s’ils veulent manger ; ils attaquent s’ils veulent se défendre, et ils ont des relations sexuelles s’ils veulent se reproduire. »

L’amour provient de la même aire, mais implique des fonctions physiologiques différentes. L’amour, dit Llinás, est comme un bonbon. Et quiconque est amoureux-se devient gourmand-e. Iel souhaite avoir toujours plus d’amour de la part de la personne qu’iel aime. Iel ajoute, de plus, que « personne ne meurt par excès d’amour. »

L’amour, affirme le scientifique, ne signifie pas faire de la gymnastique, mais danser, d’un point de vue physiologique. Face au fameux « amour éternel », il dit : « Il est pour les intelligents, qui structurent et modulent leurs modèles d’action fixes avec pour base le fait de voir l’autre comme sa propre main. En prendre soin est de sa responsabilité, et vice versa. Savoir qu’il n’y aura pas de coup de poignard est la norme. »

La fidélité contribue à ne pas user d’énergie émotionnelle ou intellectuelle inutilement. L’être humain, plus il est intelligent, orienté vers les grandes préoccupations de l’humanité, laisse de côté les situations qui déstabilisent sa vie et emploie de l’énergie dans des actions plus complexes. Ainsi, Llinás conclut en disant que l’amour éternel est une danse infinie de neurones entre deux personnes intelligentes.

Études sur l’intelligence et la fidélité

Rodolfo Llinás n’est pas le seul à avoir parlé de la relation entre intelligence et fidélité. Une étude dirigée par le docteur Satoshi Kanawaza, spécialiste en psychologie évolutive, est arrivée à une conclusion similaire. Dans sa recherche, il a montré que les hommes aux coefficients intellectuels les plus élevés (supérieurs à 106) valorisent plus la fidélité dans le couple. Chez les femmes, c’est différent : toutes la valorisent, mais cela n’a pas de lien avec leur niveau d’intelligence.

L’étude indique que la monogamie est une phase supérieure de l’évolution humaine. Au début, l’humain est étroitement lié au comportement instinctif du mammifère. Cela le fait pencher vers la polygamie. Mais que ce soit dans l’histoire de l’humanité ou dans l’histoire individuelle de chaque personne, la monogamie semble impliquer un niveau supérieur d’évolution.

L’infidélité a vraiment pour condition d’avoir beaucoup de temps libre et beaucoup de dispositions émotionnelles pour le conflit. Quand une bonne partie de notre temps est occupé, il est plus compliqué de le dépenser dans les intrigues et les stratégies liées à l’infidélité. On n’a pas non plus d’énergie émotionnelle pour payer le prix d’agir caché-e, pour éviter d’être découvert-e et pour garder le cap du mensonge.

Il est beaucoup plus intelligent d’établir une relation et de la peaufiner plutôt que de sauter de relation en relation. La monogamie amène de grandes satisfactions, et ce n’est pas un sacrifice. Comme toute situation humaine courageuse, elle implique des efforts mais elle apporte beaucoup plus. Si la vie individuelle se concentre sur de grands objectifs, un compagnon ou une compagne permanent-e de voyage est un grand trésor. Au contraire, si la vie se concentre sur le banal, une relation stable entrave cette futilité et cette non transcendance.

Lisez aussi : Pourquoi ne devrions-nous pas faire tout un monde d’une infidélité ?

Images de Leonid Afremov

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