Étudier en lisant à haute voix ou en silence, qu’est-ce qui fonctionne le mieux ?

· 13 avril 2018

De quelle manière vous semble-t-il plus efficace d’étudier ? De nombreuses personnes étudient en lisant en silence, tandis que d’autres étudient en lisant à haute voix. Si vous êtes dans ce dernier cas, il est probable que vous marchiez dans le lieu où vous étudiez tout en récitant ce que vous avez lu ou appris. Vous pouvez même parfois engager une conversation avec vous-même. Mais qu’est-ce qui est le plus efficace : étudier en lisant à voix haute ou en silence ?

Ce que nous suggérons est d’utiliser les deux options, car comme nous le découvrirons plus loin, qu’il s’agisse de lire à haute voix ou silencieusement, différents aspects seront renforcés. Bien que nous priorisons et donnions davantage d’importance à l’une d’entre elles, nous verrons ce que chacune apporte et soustrait.

Étudier en lisant en silence et la mémoire visuelle

Lorsque nous étudions en lisant en silence, l’idéal est de faire une première lecture dans laquelle nous percevons clairement le sujet du texte que nous lisons. Nous ne pouvons néanmoins pas en rester là. Après cette première lecture, il est important de souligner les idées importantes, passer du temps sur ce qui n’est pas clair et réfléchir ou rechercher des informations qui dissiperont les questions.

Il est important de souligner et de prendre des notes, en utilisant même des surligneurs de couleur car cela favorise notre mémoire visuelle (nous souvenir de l’emplacement d’une information facilite le processus de rappel de notre mémoire : récupération). En outre, l’utilisation de couleurs fait que nous accordons davantage d’attention, que nous faisons attention à ce que nous avons déjà jugé comme important.

« Pour fixer davantage les connaissances, il faudrait compléter la lecture silencieuse avec des résumés et des schémas. »
Étudier en lisant

L’importance d’étudier en lisant silencieusement se trouve dans le fait que nous pouvons nous concentrer sur ce que nous lisons, mais si nous ne faisons que lire, cette action ne nous servira que peu. La raison en est que nous devons travailler activement avec le sujet d’étude, le faire nôtre. Pas seulement lire, mais également écrire, prendre des notes, recourir à nos propres mots pour décrire ce que nous assimilons. C’est là que réside le nœud du problème et où étudier à haute voix peut nous offrir énormément.

Étudier en lisant à haute voix renforce les connaissances

Lorsque nous étudions en lisant à haute voix, quelque chose se produit et l’ouïe commence à faire partie de cette expérience, de sorte que se réveillent les capacités cognitives liées à la mémoire, l’attention, la compréhension … Cet acte active la capacité de retenir et de stocker l’information dont notre cerveau dispose.

Néanmoins, comme nous l’avons mentionné à propos de la lecture silencieuse, il existe autre chose… N’est- il pas exact qu’il est beaucoup plus facile pour nous d’écouter une explication de la bouche des autres que de lire nos propres notes ? Il en est ainsi parce que ce qui a été lu reçoit une valeur personnelle, est expliqué avec des termes différents, que nous pouvons poser des questions, émettre des doutes, soulever des débats. Cela renforce l’étude et favorise notre processus de mémorisation.

femme étudiante

Lorsque nous étudions en lisant à haute voix, nous établissons des connexions. Nous lions soudain ce que nous disons à quelque chose que nous avons déjà lu ou qui se trouve sur une autre page. Nous réalisons un schéma mental qui peut aider le schéma établi en silence ou cette lecture que nous avions faite sans parler à voix haute. Il s’agit d’un complément idéal qui renforce la connaissance et l’inscrit dans nos esprits.

Les bénéfices de l’écoute de soi

Colin MacLeod et Noah Farrin sont de grands chercheurs qui se sont consacrés à l’étude de l’effet de la production à voix haute et de sa relation avec l’apprentissage. Il s’agit de la raison pour laquelle ils s’y sont consacrés à partir de 2010, et que l’une de leurs recherches, intitulée « Les bénéfices de l’écoute de soi », fut publiée dans la revue Memory.

Dans cette recherche, ils décrivirent qu’ils bénéficièrent de la collaboration de 100 étudiants de l’Université de Waterloo, au Canada, auxquels il fut donné 80 mots qu’ils devaient reproduire à haute voix. La grande majorité d’entre eux écrivirent sur un bout de papier les mots dont ils se souvenaient, au cas où.

Puis ils passèrent à un autre test. Mais avant de le réaliser, les étudiants durent choisir entre 4 façons différentes de se souvenir des mots. L’une consistait à les lire en silence, une autre à entendre les mots enregistrés par quelqu’un sur une cassette, une autre à entendre les mots enregistrés avec leur propre voix et, la dernière, à les lire à haute voix.

Les résultats furent très révélateurs, et les auteurs l’appelèrent « effet production ». Deux semaines après le test, les participants ont reçu une série de mots qu’ils devaient identifier comme faisant partie ou non de ceux qu’ils avaient lus ou mémorisés. Ceux qui avaient lu les mots à voix haute répondirent mieux.

« Etudier en lisant à voix haute nous permet de donner un caractère personnel à ce que nous lisons, de sorte que nous parvenons mieux nous en souvenir. »

Cependant, il a également été découvert que l’écoute de nos propres enregistrements nous aide. En revanche, les enregistrements effectués par une autre personne avaient une efficacité qui était placée en troisième position. Ainsi, plus l’enregistrement est personnel, mieux nous nous en souviendrons.

femme qui étudie

Bien qu’étudier en lisant à voix haute soit une très bonne option, nous ne pouvons pas exclure les autres – nous essayons généralement de mémoriser le matériel à travers sa signification et non par des mots isolés. Une combinaison de toutes ces méthodes peut offrir des résultats très satisfaisants.

Certaines personnes préféreront étudier en lisant en silence, en s’enregistrant elles-mêmes lisant le texte et en l’écoutant ensuite. D’autres choisiront de lire à haute voix dès le début et, par la suite, d’étudier en silence en écrivant ou en établssant des schémas de ce qu’elles ont appris. Chaque personne se doit d’adopter la méthodologie avec laquelle elle obtient un meilleur rendement.