Dysanie : la raison pour laquelle nous avons du mal à nous lever

· 19 mai 2019
Qu'est-ce que la dysanie ?

Il y a des jours où le son du réveil est une véritable torture. Nous avons tellement de mal à nous lever que nous nous disons « encore dix minutes… », nous nous retournons une, deux, trois fois dans notre lit… Jusqu’à ce que l’alarme suivante retentisse et nous fasse l’effet d’un énorme vacarme que nous ne voudrions plus jamais entendre. Ce phénomène est lié à la dysanie. 

La dysanie pourrait expliquer pourquoi nous aimerions rester au lit toute la journée. Car oui, certains jours, même si le réveil sonne et nous rappelle que nous devons nous lever pour remplir nos tâches quotidiennes, nous ne nous sentons absolument pas motivés.

Nous avons tous probablement ressenti cette difficulté à nous réveiller et nous lever, et plus d’une fois. Il ne s’agit pas toujours d’un cas de dysanie. Continuez votre lecture et vous saurez ce qu’est vraiment ce trouble, comment l’identifier et, surtout, comment le combattre.

« Nous avons parfois l’impression que la fatigue et le sommeil s’emparent de nous, à tel point que nous sommes incapables de nous lever pour commencer notre journée. »

Qu’est-ce que la dysanie ?

La dysanie est un terme peu connu qui fait référence au moment où les personnes ont du mal à se lever. En général, la dysanie n’est pas la seule indicatrice d’un trouble : elle s’accompagne d’autres symptômes.

On attribue donc ce terme à des personnes qui se sentent incapables de se lever alors qu’elles doivent le faire. Cependant, il s’agit d’un symptôme qui dérive d’une autre affection, communément liée à des problèmes de nature physique ou émotionnelle.

dysanie

À quels troubles associe-t-on la dysanie ?

La dysanie peut être liée à des troubles du sommeil. Elle peut être due à une insomnie ou à des altérations du cycle veille-sommeil. Par conséquent, elle peut toucher des personnes qui travaillent de nuit ou sont très préoccupées, ce qui altérerait et compliquerait les moments de repos.

On associe aussi la dysanie à des troubles affectifs. Elle peut naître de l’anxiété, c’est-à-dire de préoccupations excessives à propos du futur. Et, comme le suggère le psychiatre Mark Salter, du Royal College of Psychiatry, «il s’agit d’un comportement que l’on retrouve parfois chez ceux qui souffrent d’un trouble dépressif majeur». En fait, c’est même l’un des troubles les plus communs liés à la dépression, avec ceux du sommeil.

Comment identifier la dysanie ?

Pour commencer, la dysanie se distingue d’un simple manque de motivation qui a lieu ponctuellement au moment de se lever. Cette affection -pour être considérée comme telle- doit être constante et peut par ailleurs s’accompagner des symptômes suivants :

  • Besoin de retourner au lit dès qu’on en sort
  • Forte préoccupation de la personne lorsqu’elle se dit qu’elle doit se lever
  • Sensation de fatigue constante
  • Mauvaise humeur
  • Irritabilité
  • Absence de désir sexuel
  • Abulie, ou incapacité de faire quelque chose
  • La personne se sent sous pression

La dysanie implique aussi un mal-être significatif chez la personne qui en souffre. Elle affecte tous les domaines de son quotidien, c’est-à-dire le domaine familial, social, professionnel, affectif. Cependant, il faut savoir que la dysanie n’est pas cataloguée comme un trouble. Nous pourrions plutôt dire qu’il s’agit d’un symptôme. Elle peut donc être associée à d’autres troubles mais n’en constitue pas un en soi.

Comment la combattre ?

La première étape pour combattre la dysanie consiste à identifier si l’on en souffre véritablement ou non. Il est donc très important de prêter attention au facteur temps. Si vous pensez en souffrir, vous pourriez vous poser la question suivante : mon manque de motivation au moment de me lever est-il sporadique ou est-ce une situation qui se maintient dans le temps ? Nous devons aussi être attentifs aux symptômes qui l’accompagnent pour être sûrs que nous en souffrons.

homme avec dysanie

La dysanie est un symptôme qui, lorsqu’il est accompagné d’autres, peut constituer un trouble. Comme nous l’avons mentionné un peu plus tôt, les troubles les plus communs sont les troubles de l’humeur ou les troubles du sommeil. Ainsi, pour les combattre, nous pouvons :

  • Consulter un spécialiste. Il nous aidera à comprendre ce qui nous arrive et nous orientera pour trouver une solution. Le psychologue, le psychiatre ou le médecin peuvent être des professionnels adéquats car ils sont experts en la matière.
  • Nous connaître nous-mêmes. Il nous sera ainsi plus facile d’évaluer d’où vient le problème. Ceci implique d’être attentifs à nos changements émotionnels et physiques.
  • Revoir nos habitudes pour améliorer notre hygiène de sommeil. Que faisons-nous avant de dormir ? Maintenons-nous une routine au cours de la journée ? Faisons-nous de l’exercice pour éviter la sédentarité ?
  • Réguler notre temps de sommeil. Vous, mieux que quiconque, savez combien de temps vous devez dormir. Dépassez-vous ce temps ?
  • Vivre dans l’ici et maintenant. Pourquoi nous préoccuper par rapport au passé alors que nous ne pouvons plus le changer ? Pourquoi penser à tout ce qui peut arriver alors que ce n’est pas le moment ? Vivre le moment présent aide à diminuer l’anxiété et la dépression.
  • Faire de l’exercice physique. Réaliser une activité permet de faire grimper nos niveaux d’endorphine, ces merveilleuses hormones qui augmentent notre sensation de bien-être.
  • Ne pas se mettre la pression. Il est important de laisser couler les choses. Vous ne pouvez pas porter le poids du monde sur vos épaules : laissez partir tout ce qui vous fait du mal.

Se lever n’est pas une tâche aisée quand le stress décide de s’emparer de nous. Nous pouvons malgré tout lui faire face et donner le meilleur de nous-mêmes pour aller mieux. Mais il ne faut pas exagérer! Nous avons parfois le droit de nous sentir épuisés et angoissés et de vouloir dormir plus longtemps. Nous le faisons juste pour déconnecter de tout.

Quand ce désir de déconnexion devient constant et s’accompagne d’un mal-être significatif, il est nécessaire de faire une pause et d’essayer de comprendre ce qui nous arrive. Pour cela, nous pouvons chercher de l’aide ou établir nos propres stratégies pour aller mieux.