Ce dont on a vraiment profité ne s’oublie jamais

· 24 novembre 2016

Ce dont on a vraiment profité, même si c’était bref, ne s’oublie jamais. Car il y a des amours dont le souvenir nous délecte, grâce à leurs baisers qui étourdissent, leurs caresses pleines d’envie et leurs regards qui disaient tout sans avoir besoin de mots.

Ce sont des souvenirs auxquels ils faut revenir en secret. Et même si l’amour était éphémère, s’il nous a rendu heureux, c’est que ce n’était pas une erreur.

Il y a des gens qui disent que la mémoire agit parfois comme un petit chiot maladroit. Nous lui envoyons une balle et il nous rend n’importe quoi, ce qu’il a trouvé sur le chemin.

Le cerveau fonctionne avec des associations : ce que nous rend le coffre de la mémoire n’est jamais exact et il a tendance à écarter de nombreux détails pour ne garder que l’essence même.

Pourtant, il est agréable de savoir que s’il y a bien quelque chose qui lui plaît, ce sont les moments heureux.

Il y a des souvenirs qui soupirent, des poèmes inscrits dans des regards nostalgiques et des amours qui, mêmes brefs, sont comme un parfum éthéré qui perdure encore. Car ce dont on a vraiment profité ne s’oublie jamais, et ne compte pas comme une erreur.

Il est important de tenir compte d’un détail important sur les bons souvenirs. Ce dont on a profité à un moment ponctuel de nos vies, s’intégrera dans notre mémoire émotionnelle de manière significative uniquement si nous interprétons cette expérience comme transcendante et positive.

Que nous le croyons ou non, cela n’est pas toujours facile, surtout si nous parlons de relations affectives. Car parfois, ce qui a été bref apporte avec lui de longues périodes de larmes.

Comment, alors, ne garder que le positif de ces moments de vie ?

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Ce dont on a profité mérite d’être apprécié

Sonja Lyubomirsky est  une psychologue connue de l’Université de Californie, spécialisée dans l’étude du bonheur.

Avec des livres comme “The myths of happiness” (les mythes du bonheur), elle nous apporte une approche différente de l’approche habituelle dans le champ propre de la psychologie positive.

Selon elle, pour atteindre le bien-être et notre potentiel maximum, nous devons laisser de côté le passé car il n’est pas important pour le présent. Pour l’ici et le maintenant.

S’il est évident que tout le monde peut comprendre cette approche, la mettre en pratique demande bien plus d’efforts.

Nous sommes des souvenirs, nous sommes le goût du premier baiser, l’odeur du gâteau que nous préparait notre grand-mère et nous sommes aussi toutes ces larmes qui ont coulé en cachette à chacune de nos déceptions.

Ainsi, avant de chercher ce « bonbon magique » qui permet d’effacer tous les mauvais souvenir, le mieux est de les « réinterpréter ».

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Ce dont on a profité mérite d’être apprécié et ce qui nous a fait du mal mérite d’être vu d’une autre perspective, plus intégrante, plus harmonieuse.

Si un amour a été bref et qu’il vous a donné des illusions, gardez uniquement ce qui a été vécu. Si une personne vous a trahi, ne gardez que ce que vous avez appris. Si vous vous êtes trompé, n’alimentez pas l’échec.

Prenez une grande bouffée d’air et utilisez les erreurs comme meilleure source de votre apprentissage.

L’importance des souvenirs positifs

Nous savons déjà que la mémoire est sélective, qu’elle n’est pas exacte et qu’elle aime interpréter les choses à sa manière.

À présent, comme nous le signalions au début de cet article, s’il y a bien quelque chose qui plaît à notre cerveau, c’est que nous lui offrions des expériences agréables mais également que nous fassions l’effort d’interpréter ce qui a été vécu comme quelque chose de positif et d’enrichissant.

Il est curieux, par exemple, comment parfois une même expérience peut être vue différemment à travers deux regards.

Pour mieux comprendre, prenons un exemple : admettons que vous partiez en vacances avec votre conjoint. Lorsque vous arrivez à destination, il fait mauvais temps et il fera mauvais temps tous les jours de vos vacances.

Longtemps après, votre conjoint s’en souvient comme un fait de malchance authentique : ça a été une perte d’argent.

Vous, de votre côté, vous l’interprétez différemment et vous le gardez même dans votre mémoire comme quelque chose de très significatif et de spécial, car malgré la pluie, vous avez pu passer plus de temps en toute intimité dans la chambre de l’hôtel.

Comme nous pouvons en déduire, il serait merveilleux pour notre bien-être d’avoir cette prédisposition naturelle, pour voir les choses avec d’autres lunettes, avec d’autres verres avec lesquels réajuster ce qui a été vécu d’une manière plus positive et enrichissante.

Martin Seligman, père de la psychologie positive, nous suggère quelque chose qui peut nous aider.

Dans son livre « L’authentique bonheur », il explique que l’un des meilleurs exercices pour inciter aux souvenirs positifs est d’essayer de remercier la vie de quelque chose chaque jour.

Peut-être que cela paraîtra un peu bête à certains voire même trop « spirituel », mais c’est pourtant un exercice très efficace.

Remercier, c’est comme passer chaque expérience par un filtre. Il reste toujours quelque chose, le marc de café, le retour de bâton, à peine perceptibles mais qui reluit comme de la poudre de diamant.

C’est ici que se trouvent les véritables apprentissages, où se retrouve ce dont on a profité et qui mérite d’être souligné.

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Peut-être qu’au fond, ce petit chien de la mémoire dont nous parlions au début n’était pas si maladroit. Même s’il ne nous ramène pas la balle que nous lui avions lancée, il est possible qu’il revienne avec quelque chose que nous souhaitions récupérer : un souvenir significatif de notre mémoire que nous considérons aujourd’hui comme positif.

Car qui est capable de se souvenir du passé sans douleur a l’opportunité de profiter du présent avec passion.