Derrière toute personne heureuse, il y a quelqu’un qui se bat

· 29 juin 2017

Derrière toute femme heureuse, il y a une femme qui lutte contre tout pour le rester. Derrière tout homme qui sourit à la vie, il y a un homme qui bataille contre vents et marées pour vaincre les difficultés, les défis et les peurs… Parce que le bonheur n’est pas une clé que l’on trouve : c’est au contraire une attitude de combat, de persévérance, de vitalité et, surtout, de résilience.

Nous savons que cela paraît stoïque mais dire à voix haute que « la vie n’est pas facile » renferme une évidence avec laquelle beaucoup seront d’accord. C’est peut-être pour cela que l’un des représentants les plus classiques de cette école, le philosophe grec Épictète, nous a laissé un enseignement autour de l’an 130 qui ne nous laisse pas indifférent-e-s et qui s’ajuste à la perfection à la réalité sociale et psychologique dans laquelle nous vivons actuellement.


« Le bonheur est interne, pas externe ; par conséquent, il ne dépend pas de ce que nous avons mais de ce que nous sommes. »

-Henry Van Dyke-


Quand nous n’avons aucun contrôle sur les choses qui nous entourent – selon le philosophe grec -, nous sommes obligé-e-s de nous concentrer sur des aspects que nous pouvons bien contrôler et que nous pouvons nous approprier : les pensées qui habitent dans notre esprit. Ce n’est qu’en prenant les rênes de ces pensées négatives que nous pouvons trouver la lucidité, le calme intérieur, la paix et même la liberté.
Cette idée doit nous aider à comprendre quelque chose de très simple, de très élémentaire : chaque fois que nous rencontrons quelqu’un qui, à première vue, semble posséder entre ses mains et l’éclat de ses yeux le secret du bonheur, nous ne devons pas nous tromper. Parce que ce n’est pas de la magie, il n’y a pas de sortilèges et ces personnes n’ont pas non plus ces choses que nous n’avons pas, elles n’ont rien que nous puissions envier.
Derrière une personne heureuse, il y a quelqu’un qui lutte, quelqu’un qui réalise quotidiennement un profond travail interne pour éliminer les attitudes réductrices et bâtir ses propres forteresses. Ce sont des profils qui essayent tous les jours de sortir de leur zone de confort, qui ont tiré un enseignement de chaque difficulté et qui, malgré toutes les épreuves, continuent de voir la vie comme étant pleine d’espoirs…

Pour être heureux-se, on a besoin de « beaucoup » (oui, beaucoup !)

Si vous avez déjà entendu la phrase classique selon laquelle, pour être heureux-se dans la vie, on n’a pas besoin de beaucoup de choses, vous devez savoir que c’est faux. Parce que nous avons besoin de beaucoup, oui, beaucoup de ce dénommé « travail intérieur ». Une telle architecture psychologique, motivationnelle et émotionnelle ne s’acquiert pas en un jour.

Si, tout au long de notre vie, nous avons été éduqué-e-s à travers ce schéma où l’on associe le bonheur à l’accumulation de choses, de biens et de relations sociales, il est probable que, dès que nous échouons à atteindre cet objectif et ne pouvons vivre qu’avec le strict minimum, nous ressentions de la désolation, de la vulnérabilité et de l’insatisfaction.

Oliver Bukerman est l’un des auteurs actuels les plus connus qui nous aide à être heureux-ses. Son point de vue est sans aucun doute l’un des plus novateurs sur le marché éditorial. Avec son livre L’antidote : le bonheur pour les personnes qui ne peuvent pas supporter la pensée positive, il nous invite à mettre de côté le point de vue classique de Martin Seligman. Cela est justifié par une idée avec laquelle nous serons majoritairement d’accord.

Une grande partie des livres d’aide personnelle nous rappellent la nécessité de cultiver notre côté positif, de toujours nous efforcer de chercher le bon côté de la vie pour l’attirer vers nous, de toujours penser au meilleur pour que ce chemin aux dalles jaunes apparaisse sous nos pieds.

Oliver Bukerman nous explique que ces idées finissent par épuiser et peuvent même être contre-productives. Le climat économique actuel, combiné à l’insécurité politique et environnementale, fait que, souvent, il ne suffit pas d’avoir de l’espoir, il ne suffit pas de cultiver une pensée positive.

Dans le livre L’antidote : le bonheur pour les personnes qui ne peuvent pas supporter la pensée positive, on met en évidence le besoin d’assumer, dans un premier temps, que la vie est difficile, qu’il arrive aussi des mauvaises choses aux bonnes personnes et que parfois, il ne suffit pas de faire beaucoup d’efforts pour que quelque chose fonctionne. L’adversité est là, comme un animal errant qui, presque sans qu’on sache comment, se jette sur nous quand nous nous y attendons le moins.

Être positif-ve-s est une bonne chose, mais être capable de gérer tous les moments négatifs est impératif. Nous devons être capables d’accepter l’échec – et d’en sortir -, d’assumer les pertes – et de les affronter – et de comprendre que la vie est un changement constant.

Les gens heureux et leurs stratégies quotidiennes

Nous savons déjà que pour atteindre ce bien-être adéquat, nous avons besoin de « beaucoup » : nous devons être responsables des émotions négatives, architectes de buts réalistes dans un monde complexe, contremaîtres du surpassement quand l’adversité frappe à nos portes et survivant-e-s quotidien-ne-s de tous les défis que le destin place sur notre chemin…


« Le bonheur humain n’est généralement pas atteint grâce à des grands coups de chance, qui peuvent n’arriver que très rarement, mais grâce à de petites choses qui peuvent se produire tous les jours. »

-Benjamin Franklin-


Il est évident que nous n’avons pas été entraîné-e-s pour cela et que ces méthodes de « surpassement de soi » ne s’apprennent pas d’un jour à l’autre. Ainsi, avant de tomber dans le désespoir de ne pas savoir quoi faire pour agir de la même façon que les gens heureux, nous allons réfléchir un peu à ce point. Voici quelques stratégies et points de vue simples que nous pouvons nous approprier :

  • Le monde est comme il est, changeant, capricieux et difficile. Nous devons accepter cette complexité et ne pas nous cacher derrière elle, ne pas nous réfugier dans les choses les plus simples, dans le « je reste ici et je ne tente rien » ou dans le « ça ne sert à rien puisqu’il n’y a aucun espoir ».
  • Ne vous imaginez pas comme un-e héros/héroïne fort-e, courageux-se et capable de tout avec son armure étincelante. Construisez une image qui montre quelqu’un de flexible, de léger et indestructible à la fois, comme un bambou qui, jour après jour, surmonte l’impact du vent et résiste face aux plus violents des orages.
  • Plutôt que de vouer un culte obstiné aux choses positives, créez une nouvelle idéologie qui vous permettra d’accepter le négatif pour pouvoir apprendre et survivre à ces moments.

Enfin, et il s’agit d’un fait curieux, il y a bien une chose qui peut vous aider quand les problèmes vous assaillent et quand vous ne trouvez pas de solution cognitive pour sortir de ce labyrinthe : sortir marcherL’exercice physique est très utile quand nous ne voyons que des murs à l’horizon : il s’agit en fin de compte d’un autre moyen simple, économique et accessible pour apprendre à être heureux-ses.