La cicatrice n°21 : la naissance de la résilience

8 mai 2017 dans Psychologie 152 Partagés

J’ai 21 ans. Ce n’est pas que je sois très maladroit-e, même si j’ai sûrement eu 21 accidents dans ma vie, et même plus. Ici, quand je parle de cicatrices, je parle de cicatrices psychologiques. Je parle des événements ou des moments de la vie dans lesquels on se sent perdu-e, où tout devient gris et qu’on entre dans un état d’anhédonie : un état où il y a une incapacité à ressentir du plaisir ou à profiter des choses qui nous comblaient précédemment.

Vous êtes-vous déjà senti ainsi ? Traversez-vous ce genre de moments aujourd’hui ? Si la réponse est oui, je vous dirai que moi aussi. C’est parfaitement normal et de fait, il a été démontré que nous avons tou-te-s besoin de passer par des moments de crise pour nous restructurer cognitivement et aller de l’avant. Beaucoup penseront que c’est facile à dire mais… Que faire si je n’ai pas la force pour m’extraire de mon lit ? C’est pour cela qu’aujourd’hui, je vais vous parler d’un terme très à la mode en psychologie contemporaine : la résilience.

Qu’est-ce que la résilience ?

Connaissez-vous Scrat, l’écureuil de l’Âge de Glace ? Sûrement. Scrat pourrait être un exemple de résilience. La résilience est définie comme la capacité à surmonter la douleur de manière constructive, c’est-à-dire en apprenant et en la voyant comme une opportunité de changement et un outil utile au lieu de la voir comme un handicap. Cette capacité peut s’apprendre si on acquiert un certain engagement et des efforts.

Les cas que nous voyons à la télévision et dans les dessins animés sont très nombreux pour les plus petit-e-s, les fameux « exemples de dépassement ». Lorsqu’on se confronte à ces personnes, on imagine que leur succès est dû à leur force et à leur envie de vivre. Comme si nous, nous n’avions pas ces « qualités magiques », alors que si. La résilience est une somme de compétences de communication, de stratégies d’affrontement et un style de vie sain.

Que faire pour attirer la résilience dans notre vie ?

Pour cela, selon l’APA (American Psychological Association), il faut suivre les étapes suivantes :

  • Maintenir des relations sociales gratifiantes : aidez et laissez-vous aider.
  • Conceptualisez les obstacles comme des choses surmontables : le classique « Si la vie te donne des citrons, fais de la limonade » ou « Si la vie te donne des bâtons, construis une cabane ». Valorisez tous les aspects positifs du bourbier dans lequel vous êtes immergé-e.
  • Le changement est nécessaire et inévitable : acceptez les circonstances et identifiez les choses que vous pouvez changer par vous-même et celles que vous ne pouvez pas changer pour le moment.
  • Visualisation. L’optimisme peut s’apprendre : nos attentes peuvent influencer notre vision de la réalité. Cela est lié à l’effet placebo et c’est là-dessus que la technique de visualisation se base. Elle consiste à construire un futur alternatif pour obtenir ces objectifs en se projetant mentalement avec une implication multi-sensorielle. Faire comme si vous sentiez vraiment l’odeur du pneu brûlé de votre voiture neuve qui dérape ou si vous entendiez votre enfant faire son discours de fin d’études. Cette technique s’appelle « pont vers le futur ».
  • Vous êtes l’acteur-trice principal-e de l’œuvre de votre vie : prenez-en les rênes, n’évitez pas les situations difficiles.
  • Re-découvrez-vous : qu’est-ce qui a changé chez vous ? Quels sont vos points forts grâce à ce problème ?
  • Foi : je ne parle pas forcément de foi religieuse. Ayez confiance en vous, en vos ami-e-s, en vos enfants… Et en vos possibilités d’avenir.
  • La direction est plus importante que la vitesse : définissez des objectifs simples à court terme pour de grandes réussites à long terme.
  • Un esprit sain dans un corps sain : aimez-vous, personne ne vous connaît mieux que vous. Identifiez vos désirs et vos intérêts, et comblez-les. Respirez, sortez marcher, prenez un bain de mousse, préparez-vous un thé ou regardez votre film préféré.
  • Exprimez votre douleur : écrivez ce que vous ressentez, méditez, peignez ou parlez avec quelqu’un.

Les passions qui facilitent la résilience

Cependant, il y a d’autres manières de déboucher l’esprit et de trouver son chemin. Tout le monde sait que les nombreux bienfaits et effets thérapeutiques, aussi bien chez les personnes saines que malades. La musicothérapie est efficace en tant que moyen de communication des sentiments et des émotions.

Il existe de nombreuses études concernant la musique, où on montre son succès sur les enfants en difficultés scolaires, sur les personnes âgées atteinte d’Alzheimer, de TOC, d’autisme… Ses bienfaits sont particulièrement importants sur les troubles qui impliquent des déficits de la communication ou de l’enfance, à cause de la difficulté à transmettre le mal-être psychologique ou émotionnel verbalement.

Il est aussi possible de lire ou de marcher dans la campagne. Il a été démontré que faire une demi-heure d’exercices chaque jour favorise un état mental sain. Pourquoi ? Lorsque nous faisons des exercices, nous libérons un neurotransmetteur appelé sérotonine dans le cerveau, qui fait que nous nous sentons heureux-ses et satisfait-e-s. La dépression, entre autres facteurs, est liée au déficit de sérotonine.

La résilience n’est pas une formule mathématique

De mon côté, ce qui fonctionne chez moi, c’est peindre, écrire, jouer de la guitare et être chez moi avec mes proches. Je suis capable d’exprimer et de ressentir dans l’art ce que je ne sais pas dire avec les mots. Mais chacun-e a son propre monde… La seule véritable clé consiste à avoir de petits moments à soi, avec celleux que l’on aime. Vous pouvez aussi vous déconnecter avec des activités plus « intensives » comme aller à un rallye ou faire de l’escalade.

Essayez de vous connaître à nouveau, prenez soin de vous, gâtez-vous. Dans votre vie, vous êtes l’acteur-trice principal-e. Vous pouvez décider de maquiller votre cicatrice ou d’en faire un trait significatif duquel vous êtes fier-ère, comme Harry Potter. Courage, chance et cultivez la résilience !

Comme exemple de résilience, je vous encourage à faire une recherche sur le cas de Pablo Raéz, un garçon de Malaga qui a surmonté l’adversité sans cesser d’être conscient de ce à quoi il se confrontait. Il a été capable de servir d’inspiration à des milliers de personnes qui se sont motivées pour donner leur moelle osseuse grâce à sa campagne « Reto un millón » (Défi un million), à laquelle on ajoute un Allez Raéz !

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