Dermatite atopique et stress : quelle est leur relation ?

· 9 mars 2018

Bien que nous n’associons généralement pas les problèmes physiques à ceux de type émotionnel, tel que le stress, la réalité est que la relation entre les deux est étroite (en effet, tous les problèmes émotionnels présentent un corrélat physiologique). Nous allons ici traiter la dermatite atopique, également connue comme « peau atopique », dont de nombreuses personnes souffrent en silence, par honte, les amenant même à connaitre des difficultés pour interagir avec les autres. Comment cela est-il possible ?

La dermatite atopique est une maladie qui affecte la peau et provoque des démangeaisons intenses et sévères. Les lésions qui se produisent sur la peau sont souvent appelées « eczéma« , et ressemblent à des plaques se propageant et provoquant de fortes démangeaisons. Elles peuvent apparaître sur tout le corps et également sur le visage.

Il est important de mentionner que la dermatite atopique n’a pas de remède. Ceux qui en souffrent peuvent l’éviter ou soulager les symptômes grâce à des traitements spécifiques, mais le risque qu’elle apparaisse sera toujours présent. En effet, certaines saisons, telles que l’automne ou l’hiver, peuvent aggraver les éruptions. Une bonne hydratation et un traitement adéquat peuvent la maintenir à distance.

La dermatite atopique et son impact sur les enfants

La dermatite atopique peut toucher les enfants dès leurs plus jeune âge. Ces derniers se montrent indisciplinés, agités, incapables de bien dormir la nuit et, s’il s’agit de bébés, peuvent pleurer longtemps sans raison apparente. Tous ces problèmes peuvent être assortis, pendant la scolarité, d’un manque de concentration dû au manque de sommeil.

Nous ne pouvons toutefois pas ignorer les conséquences émotionnelles que la dermatite atopique provoque chez les jeunes enfants. En raison des démangeaisons et de la gène insupportable, ces derniers peuvent être irritables, contrariés et en colère, créant par la même des situations très tendues. La raison de tout cela est le stress que provoque cette affection de la peau.

dermatite atopique sur un bébé

Mais ce n’est pas tout. La dermatite peut générer une forte insécurité et dépendance. Pour mieux illustrer cela, nous apportons un fragment du témoignage d’une mère, Delphine, dont le fils Hugo a commencé à souffrir de dermatite atopique à l’âge de 4 mois :

« Lorsqu’il était petit, cela ne le dérangeait pas. Cependant, en grandissant, il a développé un complexe terrible en raison de sa peau écailleuse. Ses camarades d’école ont même commencé à se moquer de lui et il ne pouvait pas dormir la nuit à cause des démangeaisons. Il se grattait parfois jusqu’à s’en faire saigner. »

Comme nous pouvons le constater, ce problème de peau peut provoquer un fort sentiment d’insécurité rendant difficiles les relations avec les autres enfants. Si nous n’aidons pas l’enfant à surmonter cela dès le début en mettant à sa disposition les outils nécessaires pour que son estime de soi ne soit pas affectée, les conséquences pourraient devenir chroniques à l’âge adulte.

L’adulte souffrant de dermatite atopique

Un adulte présentant une dermatite atopique souffre de manière différente. Le problème à l’âge adulte compromet et met à l’épreuve la gestion émotionnelle. Les personnes sont irritables et irascibles. Elles peuvent par ailleurs présenter des problèmes d’anxiété et même tomber dans la dépression. Voici quelques exemples de situations réelles.

Parler devant d’autres personnes peut s’avérer être une véritable calvaire pour un adulte souffrant de dermatite atopique. Les nerfs peuvent provoquer une éruption inattendue au moment inopportun. La honte que cela entraîne peut augmenter son anxiété, aggravant par la même le problème de dermatite. De sorte que se crée un cercle duquel il est difficile de sortir.

homme fatigué

Il existe d’autres situations où l’adulte peut ne pas se sentir à l’aise, comme aller à la plage ou même avoir des relations intimes avec d’autres personnes. Le problème principal, dans ce cas, sont les blessures que laissent parfois les éruptions de dermatite. Si la personne qui en souffre se gratte, le problème augmente et les marques peuvent mettre longtemps à disparaître.

Le fait de ne pas savoir à quel moment la dermatite apparaîtra, si elle le fera, de quelle manière, si elle affectera le visage … Tout cela déclenche un stress qui n’aide en rien. En effet, si la dermatite peut générer du stress, ce dernier aggrave la dermatite. Cette situation peut amener la personne souffrant de dermatite à voir son estime de soi réduite en raison de l’insécurité, de la peur et de la honte. Cela peut également conduire, dans certains cas, à la dépression.

« La DA (dermatite atopique) est un mauvais compagnon, l’un de ceux qui arrivent sans prévenir, qui vous blessent sans raison et savent ce que vous voulez faire et quand le gâcher. Vous ne savez pas comment vous vous lèverez demain, ou si vous pourrez dormir ce soir. Peut-être vous allongerez-vous et votre visage vous brûlera soudainement et votre peau se brisera, laissant apparaître votre chair. »

-Jesús María Torres García (souffre de dermatite depuis l’âge de 4 ans) –

dermatite atopique chez une femme

Comme nous avons pu le constater, notamment au travers de témoignages, la dermatite et le stress sont des circonstances qui s’associent généralement et forment un cercle dans lequel la personne souffre, et beaucoup. Ces personnes ne peuvent prédire à quel moment la dermatite fera son apparition, dans quelle fâcheuse situation elle apparaîtra et quand elle décidera de partir.

A la frustration que cette situation génère pour ces personnes vient souvent s’ajouter celle de la  recherche d’un traitement adéquat. En effet, chaque peau est différente et toutes ne réagissent pas bien au même type de solution. Par ailleurs, bien qu’il soit possible de disposer des outils pour prévenir ou contrôler une éruption de dermatite, la question suivante sera toujours latente : quand viendra la prochaine fois ?