Le défi consistant à revivre après un trauma

30 octobre 2017 dans Psychologie 2 Partagés
femme avec parapluie

Les accidents domestiques, de voiture ou d’avion, le fait d’être témoin d’événements qui menacent notre vie tels que des ouragans ou des tremblements de terre, des viols ou des séquestrations… Toutes ces situations ont quelque chose en commun : elles peuvent se transformer en traumas durables et incapacitants pour les personnes qui les vivent. Mais comment revivre après un trauma ?

Ces expériences peuvent être plus ou moins douloureuses en fonction de la personnalité et des circonstances de chacun-e. Tandis que, pour certain-e-s, un événement peut représenter un énorme choc, ce même événement ne sera qu’un fait superflu et vite oublié pour d’autres. Que peut-on faire pour éviter qu’ils nous paralysent et pour continuer à aller de l’avant ?

Les expériences traumatiques peuvent-elles changer notre personnalité ?

Les situations traumatiques peuvent produire des changements significatifs dans la personnalité et la vie des personnes et leurs effets pourraient durer très longtemps, même si un grand nombre d’années s’est écoulé depuis l’incident. D’un côté, elles requièrent de grands efforts d’adaptation de la part de la personne qui en souffre ; d’autre part, elles nécessitent un réajustement de leurs capacités, de leur potentiel et de leurs ressources pour que la personne puisse faire face à ses futurs défis.

Parfois, ces réajustements peuvent mener la personne à gagner en assertivité ou en capacité d’effort et de contrôle de soi. Mais, dans d’autres cas, ils peuvent pousser la personne à se sentir sans défense et vulnérable, ce qui rend difficile la manière de vivre après un trauma. Par ailleurs, ils peuvent aboutir à des stratégies d’affrontement qui, au lieu de l’aider, vont l’entraver.

femme qui essaye de revivre après un trauma

Un cas évident où le trauma influe sur la personnalité de la victime est celui des victimes de violence de genre. Ces femmes sont constamment soumises à des situations potentiellement traumatiques : quand le conjoint rentre à la maison, insulte sa compagne, la frappe, la rabaisse et l’humilie. La femme ne pourra retrouver un peu de paix que lorsque son époux sera hors de la maison.

Les agressions laisseront bien sûr des traces dans la personnalité de la personne. En plus des lésions physiques et en ne s’arrêtant qu’au niveau psychologique, ces attaques peuvent transformer une personne qui dominait ses peurs en une victime de ces dernières ; d’une personne qui était sûre de ses décisions à quelqu’un qui en doute et qui en craint chaque conséquence ; d’une personne extravertie à un être introverti, etc.

Prenons un autre exemple. Avoir vécu un accident d’avion requiert que chacun-e des passager-ère-s affronte une nouvelle réalité ou situation, en acceptant ou assumant le trauma sous-jacent à une possible perte d’êtres chers, à des blessures ou à des lésions graves et chroniques.

D’une certaine façon, cette personne aura plus tendance, dans les mois ou les années qui suivent, à développer de nouvelles peurs (de voler, claustrophobie, évitement d’événements sociaux) ou à être affectée par un trouble obsessionnel. Comme nous pouvons le voir, vivre après un trauma peut être très complexe.

Quand les expériences traumatiques se ventilent, leur impact diminue

Avant 6 ans, les expériences traumatiques sont presque ineffaçables si elles ne sont pas traitées car elles se fixent dans l’inconscient et dans le subconscient. Il est donc important d’avoir certaines notions de base sur ce qu’il est recommandable de faire et de ne pas faire dans ce genre de situations si extrêmes.

Dans le cas d’urgences ou de catastrophes, il est recommandé de ne pas dormir pendant les six premières heures postérieures à la crise. Les rêves jouent un rôle important dans la consolidation du souvenir et il vaut donc mieux rester éveillé-e ou occupé-e pour éviter de se souvenir d’images marquantes ou traumatiques.

Même si les personnes affectées veulent se reposer, il ne faut pas les laisser trouver le sommeil, au moins pendant ce laps de temps. Il ne faut pas non plus leur donner de somnifères mais laisser leur cycle de veille et de sommeil se dérouler naturellement.

Le développement personnel en cas de trauma

Comme nous l’avons dit, la réponse d’une personne face à un événement traumatique peut différer d’une autre. Il est donc crucial que les spécialistes comprennent que les symptômes sont multiples, acceptables à leur manière et qu’il faut traiter chaque cas de manière individuelle et particulière.

En premier lieu, pour revivre après un trauma, il est recommandable que la personne maintienne sa routine quotidienne, qu’elle ne change pas ses habitudes du jour au lendemain en essayant d’éviter la situation vécue. Elle ne doit pas s’échapper des lieux ou des personnes qui lui rappellent le trauma mais doit traiter son mal-être avec un professionnel.

Pour cela, le premier pas consiste à reconnaître que nous ne pouvons pas contrôler tout ce qui arrive autour de nous. Par ailleurs, il est recommandable de ne pas s’exposer à plus de moments ou de faits stressants et d’essayer de réduire le mal-être en participant à des activités ludiques, en se reposant ou en solutionnant les conflits avec calme.

femme dans un champ après un trauma

La révélation émotionnelle est une partie très importante du processus

Enfin, et il s’agit d’un aspect très important, il faut s’appuyer sur les êtres qu’on aime. Il sera toujours positif d’exprimer ses émotions, de laisser sortir ce qui nous fait du mal, de le verbaliser, d’y mettre un nom et un prénom. Dites-vous que faire face à quelque chose est plus simple quand nous savons de quoi il s’agit réellement. Il est aussi plus simple que les autres nous aident quand iels le savent elleux-mêmes. Nous ne parlons pas seulement des émotions ou de l’objet qui les cause, mais aussi du fil qui unit les deux entités.

Cela peut sembler trop simple mais, à travers un simple récit, une personne peut retrouver une bonne partie de la sécurité qu’elle a perdue. Surtout si ce récit est accepté et compris comme logique par les autres.

Un soulagement se produit quand nous disons un secret ou l’écrivons. Ce sont des outils d’auto-connaissance et d’auto-thérapie qui contribuent de manière positive à surmonter un trauma et à revivre. En fait, ne pas intégrer les événements traumatiques négatifs ou perturbateurs dans notre histoire personnelle peut entraîner de très sérieux problèmes sous forme de dissociations.

Le stress post-traumatique

Après un événement traumatique, il est possible que la personne l’ayant vécu se sente extrêmement conditionnée par ce dernier : la plus grande partie de son monde intérieur et une partie de son monde externe sont contaminés par ce fait. Par ailleurs, si les problèmes empirent, il est possible qu’il existe un trouble venant d’un stress post-traumatique, un cas massif de stress aigu dont les effets peuvent durer pendant des années, voire toute la vie.

Il est habituel que les personnes revivent la situation qui a causé le traumatisme sous forme de flashbacks. Il est aussi habituel qu’elles aient des problèmes de sommeil ou qu’elles aient la sensation d’être tombées dans une espèce d’insensibilité émotionnelle. Le fait que ces symptômes deviennent chroniques dépendra de l’intensité et/ou de la gravité du fait. N’oublions pas non plus que le stress fonctionne de manière addictive ; en d’autres termes, tout événement stressant se produisant après le trauma ajoutera encore plus d’anxiété à celle causée par ce dernier, par son souvenir ou par les limitations qu’il produit.

Dites-vous que personne n’est à l’abri d’une situation traumatique, inattendue et incontrôlable. Dans tous les cas, le plus recommandable sera de consulter un-e professionnel-le. Celui-ci nous donnera des indications pour aller mieux et placera entre nos mains les outils qui nous aideront le plus pour revivre après un trauma.

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