Décidons-nous d’abord et pensons-nous ensuite ?

30 juin 2018 dans Cerveau 0 Partagés
cerveau

L’une des études les plus intéressantes de John-Dylan Haynes a démontré que nous prenions des décisions sept secondes avant d’en être conscients et dix secondes avant de les exécuter. Par conséquent, nous décidons d’abord de ce que nous allons faire et ensuite, cette information arrive sous forme de pensée dans notre esprit. Incroyable, n’est-ce pas ?

Pour comprendre ce processus, il faut bien avoir à l’esprit que le cerveau peut se modifier lui-même. Ainsi, quand nous croyons que nous changeons quelque chose dans notre façon d’être (par exemple, arrêter de fumer ou faire plus de sport), le cerveau commence à se reprogrammer pour rendre cela possible. Il agit donc comme un tout, en s’appuyant sur des mécanismes aussi bien conscients qu’inconscients.

Quand la force de la conscience est limitée, les impulsions de l’inconscient deviennent plus puissantes. Par exemple, quand nous ne pouvons pas résister à la tentation de manger quelque chose alors que nous sommes en surpoids ou quand nous croyons que nous devrions faire plus de sport mais ne le faisons pas. La conscience n’est pas assez forte pour lutter contre les impulsions inconscientes. Ce sont elles, au final, qui finissent par décider.

La force illimitée de la conscience devient évidente dans ce genre de situations où nous devons combattre de fortes tendances à faire quelque chose de différent.
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visage dans le ciel étoilé

Décidons-nous de façon rationnelle ou de façon émotionnelle ?

Même si nous avons tous, en grande majorité, été éduqués à travers un mécanisme de raisonnement et de logique, nous savons que les émotions jouent un rôle important dans notre quotidien. Elles occupent une place essentielle dans les mécanismes inconscients du cerveau et influent sur notre façon de décider. On estime que 85% de nos décisions sont prises de manière inconsciente. Cela veut donc dire que 15% d’entre elles sont réellement prises de façon consciente.

Dans son livre L’Erreur de Descartes, le neurologue Antonio Damasio affirme que les décisions basées sur des jugements moraux révèlent très clairement le rôle des émotions dans un contexte social. Des phrases populaires comme « l’amour est aveugle » nous montrent le pouvoir que possèdent les émotions. Cependant, cela fait peu de temps qu’on les considère réellement comme des éléments déterminants dans les processus rationnels.

Face à la question « qu’est-ce qu’une décision juste? », la réponse semble simple. Il s’agirait d’une décision qui nous apporterait le plus grand nombre de bénéfices. Or, ce fait n’est pas toujours aussi clair. Nous sommes capables d’évaluer une décision comme inadéquate ou incorrecte alors qu’elle est parfaitement rationnelle. Nous sommes aussi capables de voir que des décisions sont inadéquates en raison des motifs exagérés qu’elles renferment (ne pas voyager parce qu’on a peur de l’avion par exemple). En définitive, nous nous appuyons sur un équilibre entre le rationnel et l’émotionnel pour décider de façon correcte et agir au quotidien.

« Le cerveau ressemble à un ordinateur. Vous pouvez avoir plusieurs fenêtres ouvertes sur l’écran mais vous ne pouvez penser qu’à l’une d’elles. »

-William Stixrud-

nuage dans les mains

Les décisions sont-elles inconscientes ?

Où se trouve la limite entre la pensée consciente et la pensée inconsciente quand nous décidons ? Nous le savons pas réellement à 100%. Cependant, les premières études qui ont abordé ce sujet avec des techniques de neuro-image ont découvert qu’avant d’atteindre la conscience, beaucoup de décisions avaient déjà traversé des circuits cérébraux complexes. Voici donc un autre processus mystérieux et intéressant qui est lié à notre esprit.

Par ailleurs, pour ne pas se surcharger, le cerveau réalise beaucoup de processus de façon automatique. Cela inclut les décisions. Comme nous le voyons, déchiffrer l’activité cérébrale qui se cache derrière nos états mentaux nous rapproche d’une précieuse source de connaissance de soi.

« Dans le futur, nous pourrons prédire le comportement et l’expérience d’une personne à partir de son activité cérébrale. »

-John Dylan Haynes-

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