Des contes bouddhistes qui raviront vos enfants

9 février 2017 dans Curiosités 0 Partagés

Les enfants ont en elleux cette spiritualité et ce bonheur inné auxquels nous aspirons quand nous sommes adultes. Nous perdons, au fil des ans, la capacité naturelle de développer une paix intérieure qui nous permet d’être bien avec nous-mêmes et avec le monde extérieur.

De plus, dans notre société, nous déconnectons nos enfants d’elleux-mêmes, nous leur disons de ne pas pleurer quand iels se font mal, de ne pas crier, de ne pas jouer, de ne pas écouter ce que leur instinct leur dit de faire, mais plutôt ce que leur entourage croit plus approprié.

On prend de plus en plus conscience de cette erreur, ce qui nous pousse à nous intéresser à une éducation qui pourrait leur permettre de grandir en toute conscience d’elleux-mêmes. Nous avons pour cela un outil puissant à notre disposition : les contes.

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Il est vrai que l’apogée du bouddhisme et la sagesse orientale dans notre monde aide à développer un style de pensée plus en accord avec l’objectif que nous nous fixons. Voilà pourquoi, dans cet article, nous allons étudier plusieurs contes bouddhistes qui raviront nos enfants et qui les rapprocheront des enseignements bouddhistes :

Siddhartha et le cygne

Il y a fort longtemps, en Inde, vivaient un roi et une reine. Un jour, la reine mit au monde un bébé. Ils l’appelèrent Prince Siddhartha. Le roi et la reine étaient très heureux-ses. Iels convièrent un vieux sage au royaume pour qu’il prédise le destin de l’enfant.

– S’il vous plaît, dites-le-nous, demanda la reine au vieux sage.
– Quel sera le destin de notre enfant ?

– Votre fils sera un enfant particulier, répondit-il. Il deviendra un jour un grand roi.

– Hourra ! dit le roi. Il sera roi comme moi.

– Mais, dit le sage, quand votre enfant sera grand, il voudra quitter le palais pour aider les autres.

– Il ne fera pas une telle chose ! s’exclama le roi en se fâchant contre l’enfant. Il sera un grand roi !

Le roi veilla sur lui tout le temps. Il s’assura que son enfant eut toujours le meilleur. Il voulait que Siddhartha ait la vie d’un prince. Il voulait qu’il devienne roi. Quand le prince eut sept ans, son père le fit venir et lui dit :

– Siddhartha, un jour, tu seras roi. Il est maintenant temps que tu commences à te préparer. Tu as beaucoup de choses à apprendre. Voici les meilleurs professeurs de la Terre. Ils t’enseigneront tout ce que tu as besoin de savoir.

– Je donnerai le meilleur de moi-même, mon père, répondit le prince.

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Siddhartha commença ses leçons. Il n’apprit pas à lire ou à écrire, mais à monter à cheval. Il apprit à se servir d’un arc et de flèches, ainsi qu’à se battre et à manier une épée. Voilà les qualités qu’un puissant roi devrait posséder. Siddhartha apprit ses leçons comme il fallait. Tout comme son cousin, Devadatta, car les deux garçons avaient le même âge. Le roi garda toujours un œil attentif sur son fils.

– Comme le prince est fort ! Comme il est intelligent ! Qu’est-ce qu’il apprend vite ! Il deviendra grand et célèbre !

Quand le prince Siddhartha finissait ses leçons, il aimait jouer dans les jardins du palais. Là, vivaient toutes sortes d’animaux : des écureuils, des lapins, des oiseaux et des moutons. Siddhartha aimait les observer. Il s’asseyait et les regardait en gardant un calme tel que ceux-ci n’avaient pas peur de s’approcher de lui. Siddhartha aimait jouer près du lac. Chaque année, un couple de beaux cygnes blancs venait nicher près de là. Il les regardait derrière les joncs. Il voulait savoir combien d’œufs il y avait dans le nid, car il aimait voir les petits apprendre à nager.

Un après-midi, Siddhartha était près du lac. Soudain, il entendit un son au-dessus de lui. Il leva les yeux. Trois beaux cygnes volaient au-dessus de sa tête. “D’autres cygnes,” se dit Siddhartha, “j’espère qu’ils vont se poser sur notre lac”. Mais à ce moment précis, un des cygnes tomba du ciel. “Oh, non !” cria Siddhartha, en courant vers l’endroit où le cygne était tombé.

“Que s’est-il passé ?” “Il y a une flèche qui transperce ton aile”, dit-il. “Quelqu’un t’a blessé.” Siddhartha lui parla très doucement, pour que le cygne n’ait pas peur. Il commença par le caresser délicatement. Il retira la flèche précautionneusement. Il enleva sa chemise et enveloppa le cygne en faisant très attention. “Tu vas vite te sentir mieux,” lui dit-il. “Je reviens vite te voir.”

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Juste à ce moment, son cousin Devadatta arriva en courant. “C’est mon cygne !” cria-t-il. “C’est moi qui l’ai touché, donne-le-moi.” “Il ne t’appartient pas,” dit Siddhartha, “c’est un cygne sauvage”. “Je l’ai touché avec ma flèche, alors il est à moi. Donne-le-moi maintenant.” “Non, dit Siddhartha. Il est blessé et il faut l’aider.”

Les deux garçons commencèrent à se disputer. “Arrête,” dit Siddhartha. “Dans notre royaume, si les gens n’arrivent pas à se mettre d’accord, ils demandent l’aide du roi. Allons maintenant le chercher.” Les deux enfants partirent chercher le roi. Quand ils arrivèrent, tout le monde était occupé. “Que faites-vous là, tous les deux ?” demanda un des ministres du roi. “Vous ne voyez pas qu’on est occupés ? Allez jouer ailleurs.” “Nous ne sommes pas venus là pour jouer, mais pour vous demander de l’aide”, dit Siddhartha.

“Attendez !” s’écria le roi en entendant cela. “Ne les grondez pas. Ils ont tout à fait le droit de nous consulter.” Il fut ravi que Siddhartha sache comment agir. “Laisse les garçons raconter leur histoire. Nous les écouterons et nous leur donnerons notre avis.”

Devadatta fut le premier à raconter sa version. “J’ai touché le cygne, il m’appartient”, dit-il. Les ministres hochèrent la tête en signe d’approbation. Telle était la loi du royaume. Un animal ou un oiseau appartenait à la personne qui l’avait touché. Puis, Siddhartha raconta sa version. “Le cygne n’est pas mort,” argumenta-t-il. “Il est blessé, mais il est toujours en vie.”

Les ministres étaient perplexes. À qui appartenait le cygne, alors ? “Je crois que je peux vous aider,” dit une voix. Un vieil homme s’approcha de l’entrée. “Si ce cygne pouvait parler,” dit le vieil homme, il nous dirait qu’il veut voler et nager avec les autres cygnes sauvages. Personne ne veut ressentir la douleur ou la mort. Le cygne éprouve la même chose. Il ne partirait pas avec celui qui a voulu le tuer. Il irait avec celui qui a voulu l’aider.

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Tout ce temps-là, Devadatta resta silencieux. Il n’avait jamais réfléchi au fait que les animaux aussi avaient des sentiments. Il regretta d’avoir blessé le cygne. “Devadatta, tu peux m’aider à t’occuper du cygne, si tu veux,” lui dit Siddhartha.

Siddhartha s’occupa du cygne jusqu’à ce qu’il aille mieux. Un beau jour, quand son aile eut guéri, il l’emmena à la rivière. “Il est temps de nous dire au revoir,” dit Siddhartha. Siddhartha et Devadatta regardèrent le cygne nager vers les eaux profondes. À ce moment-là, ils entendirent un bruit d’ailes au-dessus d’eux. “Regarde,” dit Devadatta, “les autres sont revenus pour lui.” Le cygne s’envola très haut dans le ciel et il rejoint ses amis. Ils volèrent alors au-dessus du lac pour une dernière fois. “Ils sont en train de nous remercier,” dit Siddhartha, tandis que le cygnes disparurent vers les montagnes du nord.

La sagesse des trois corbeaux

Dans la vie de tout un chacun, il arrive un jour où on mûrit et on commence à faire partie de la communauté des adultes. Les corbeaux ne font pas exception à cela. Un jour, trois jeunes corbeaux durent se soumettre à une épreuve organisée par les corbeaux adultes qui voulaient voir si les jeunes corbeaux étaient suffisamment mûrs pour voler avec les adultes. Le chef du clan demanda au premier corbeau : “Que crois-tu que les corbeaux devraient craindre le plus dans ce monde ?”

Le jeune corbeau réfléchit un instant et répondit : “La chose la plus horrible, c’est une flèche, parce qu’elle peut tuer un corbeau d’un seul coup.” Quand les anciens entendirent cela, ils trouvèrent que c’était une très bonne réponse. Ils levèrent les ailes et ils crièrent, tout contents. “Ce que tu dis est vrai”, dit le chef des corbeaux. “Bienvenue dans notre communauté.”
Puis, le chef demanda au deuxième jeune :

“Et toi, que crois-tu que nous devrions craindre le plus ?”

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“Je crois qu’un bon archer est plus dangereux qu’une flèche”, dit le jeune corbeau. “Parce que seul un archer peut diriger la flèche vers son objectif et tirer. Sans l’archer, la flèche n’est qu’un bout de bois, comme la branche sur laquelle je suis assis maintenant.” Les corbeaux estimèrent que c’était la réponse la plus intelligente qu’ils aient jamais entendue. Les parents du jeune corbeau crièrent de joie et regardèrent leur fils pleins de fierté. “Tu parles très intelligemment. Nous sommes très contents de pouvoir t’accueillir dans notre communauté.” Ensuite, le chef des corbeaux demanda au troisième jeune : “Et toi, que crois-tu que nous devrions craindre le plus ?

“Rien de ce qui a été dit jusqu’à présent”, dit le jeune oiseau. “Ce qu’on devrait craindre le plus, c’est un tireur débutant.” Quelle réponse étrange ! Les corbeaux étaient perplexes et ressentaient une légère gêne. La plupart pensait que ce corbeau n’était pas assez intelligent pour comprendre la question. Jusqu’à ce que le chef des corbeaux demande : “Que veux-tu dire par  là ?”

“Mon deuxième camarade avait raison; sans un tireur, il n’y a pas de raison de craindre une flèche. Mais la flèche d’un bon tireur ira là où elle doit aller. Donc si l’on écoute le bruit de la corde de l’arc, il n’y a qu’à voler à droite ou à gauche pour échapper à la flèche. Mais on ne saura jamais où va la flèche d’un tireur débutant. Même si on vole, la possibilité pour que la flèche atteigne un corbeau est tout aussi grande. Car l’on ne sait simplement pas ce qu’il vaut mieux faire : bouger ou rester immobile.”

Quand les autres corbeaux entendirent cela, ils comprirent que ce jeune corbeau possédait déjà une véritable sagesse, qu’il pouvait voir au-delà des choses. Ils parlèrent de lui avec respect et admiration, et peu de temps après, ils lui demandèrent de devenir le nouveau leader du groupe.

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