Si vous vous contentez de miettes, vous serez toujours faible et affamé-e

7 février 2017 dans Psychologie 1429 Partagés

Les miettes permettent de survivre, de sauter d’un lieu à un autre à travers le temps. Elle vous permettent de continuer à vivre, mais elles vous alimentent à peine, entraînant alors votre estime de vous-même ainsi que vos illusions à la dérive. Il y a trop de personnes qui se contentent de miettes et qui ont une grande sensibilité ainsi qu’un grand talent, et trop de personnes qui dégustent le gâteau entier sans le moindre soupçon de décence ou des sentiments.

Si les personnes qui se contentent de miettes n’existaient pas, les personnes chargées d’ego et d’auto-satisfaction n’existeraient pas non pus, ou en tout cas, elles seraient moins nombreuses. Il s’agit de personnes qui se complètent entre elles en tissant des relations toxiques : le-a sadique avec le-a masochiste, le-a travailleur-se dévoué-e avec le-a patron-ne exploitant-e, le mari/la femme fervent-e avec le mari/la femme harceleur-se, ou encore le père/la mère prudent-e avec l’enfant transformé-e en « petit tyran ».

Croyez-vous vraiment que ces continuums, devenus des dichotomies, ont surgi de nulle part ? Croyez-vous vraiment que certain-e-s naissent disposé-e-s à se contenter de miettes tandis que d’autres sont habilité-e-s à manger le gâteau de temps en temps ?

En toute logique, on ne peut soutenir une telle hypothèse. Pas même la phrénologie n’a démontré que les personnes noires avaient un cerveau présentant des failles qui les prédisposaient à la soumission, ni même que les personnes blanches avaient, elles, une structure cérébrale qui faisait d’elles des maître-sse-s, et par conséquent, de dignes chef-fe-s d’Etat.

La capacité à ne pas se rebeller vient de très loin, et le résultat, c’est cette estime de soi diminuée par des peurs qui en réalité sont de simples ombres, de simples pensées qui n’ont aucun type de récit parallèle dans la réalité, si ce n’est les chaînes qu’elles imposent aux personnes qui les ont.

Des miettes pour survivre aujourd’hui

Nos miettes pour survivre aujourd’hui sont notre faim et notre incertitude de demain. Cependant, il n’est pas toujours facile de comprendre que l’on ne reçoit que des miettes ; prenons l’exemple d’une femme qui cherche l’amour et qui tombe toujours sur des hommes qui lui mentent, qui l’ignorent, et qui lui octroient un rôle insignifiant dans leur vie.

Pour cette femme, il est important d’aimer et d’être aimée, de se sentir accompagnée, de profiter de l’intimité des câlins. Elle a besoin d’une dose de tout cela pour « avancer ». Cependant, elle donne tellement et se contente de si peu que finalement, elle ne trouve rien de tout cela. Tout ce qu’elle parvient à récolter, c’est un baiser au milieu de cent manques de respect, c’est une belle phrase après tellement de faits qui la contredisent. Au bout du compte, elle se retrouve à dormir à côté d’une de personne que, de jour en jour, elle connaît de moins en moins.

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Nombreuses sont les personnes à penser que donner de l’amour sans rien attendre en retour est quelque chose de beau. La part machiavélique de cette relation émotionnelle inégale consiste en le fait qu’à trop donner sans recevoir, parfois, on finit par y laisser son amour propre.


Sachez bien une chose, c’est qu’aimer sans rien attendre en retour, ce n’est pas la même chose que se donner sans limites, jusqu’à ce que vous vous retrouviez épuisé-e, sans rien de positif qui puisse compenser cela, jusqu’à ce que vous finissiez dans une situation où vous ne pouvez plus vous raccrocher à rien.

Vous n’avez pas à établir un contrat pour savoir à quel point vous êtes disposé-e à perdre. Il ne s’agit pas de prévoir de possibles dégâts et préjudices. Votre estime de vous-même nécessite que vous ayez les yeux bien ouverts, que vos oreilles écoutent intelligemment, et que votre mémoire sache lier ce que l’on vient de vivre avec ce qu’en réalité, on ne veut plus jamais voir se reproduire.

Votre estime de vous-même n’est pas faite de miettes

Votre estime de vous-même ne se contente pas de miettes, car ce n’est pas de miettes qu’elle est faite. Votre estime de vous-même a besoin d’empathie, d’assertivité et de la capacité à être indépendant-e. L’estime de soi blessée est semblable à un-e travailleur-se rémunéré-e de façon totalement médiocre, qui travaillerait des heures et des heures sans s’arrêter, ne disposant même pas de la possibilité de vivre une vie digne.

Personne ne pourra jamais tout donner, supporter le mépris, ou résister face à l’indifférence pour plaire. Cela fait de nous un élément subsidiaire de la part émotionnelle, une personne qui vive sa relation avec l’autre en supportant les sauts d’humeur de ce-tte dernier-ère 90% du temps et en profitant de ces bons côtés pendant les 10% de temps restant, pour finalement ne plus être qu’une personne qui étouffe à 100% et qui ne dispose plus des forces ou de l’estime de soi nécessaires pour trouver quelque chose qui puisse l’emplir de vérité plutôt que des miettes qu’on lui jette.

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Si vous voulez préserver votre estime de vous-même et maintenir vos projets de vie à vue plutôt que de les voir partir à la dérive, ne laissez pas les autres vous donner des miettes et voir que vous pouvez vous en contenter, voire même que vous pouvez vous en montrer reconnaissant-e, car peut-être que vous en seriez alors arrivé-e à penser qu’il s’agit là de la seule chose à laquelle vous puissiez aspirer.

Le résultat n’est autre qu’un cercle vicieux : le fait de mettre fin à une relation vous rendra toujours faible et affamé-e, vous menant à vous contenter des miettes tombées par ci par là, sans jamais pouvoir savourer le gâteau entier car vous vous êtes persuadé-e que vous ne le méritez pas, et les autres l’ont cru également, ce qui semble les enchanter. Face aux miettes, il n’y a qu’un seul comportement qui vaille : l’indifférence.

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